Vers une Politique d’habitation

Saint-Bruno-de-Montarville

Une Politique d’habitation est en développement à la Ville de Saint-Bruno. Une telle politique pourrait faire avancer le dossier du logement social dans la municipalité.
Louise Fleischmann, présidente du Conseil d’administration du Centre d’action bénévole Les p’tits bonheurs et présidente de la Commission des aînés du Parti libéral du Québec, attendait la venue d’une telle politique, connaissant l’étendue des besoins en logement social à Saint-Bruno.
D’après elle, c’est une préoccupation importante, notamment parce que les prix sont élevés : « Il y a beaucoup de propriétés, mais elles ne sont pas abordables pour les jeunes familles et les aînés. Normalement, une personne consacre environ 30 % de ses revenus à l’habitation et aux dépenses inhérentes, mais il y a des secteurs à Saint-Bruno où ça représente plus de 51 % du budget. »
Le maire Martin Murray abonde dans le même sens : « La marche est un peu haute pour les premiers acheteurs qui veulent s’installer à Saint-Bruno. La difficulté, c’est qu’il n’y a pratiquement que des propriétés, peu de logements, et ces propriétés sont chères à cause des vastes terrains, de la proximité de la montagne, etc. »
En 2016, la Table de solidarité de Saint-Bruno a publié un mémoire, évaluant les besoins en logements dans l’agglomération de Longueuil à 2000 unités. « Longueuil en a besoin de beaucoup, puisqu’il y a une concentration, mais à Saint-Bruno, je dirais qu’on a besoin de quelques centaines », estime-t-elle.
C’est pourquoi elle croit qu’il faut développer des unités de logements sociaux, dits coopératifs, et du locatif abordable. Louise Fleischmann espère aussi voir se développer un complexe mixte : « Ce serait mon rêve de voir ça à Saint-Bruno. On pourrait intégrer les personnes à mobilité réduite, les aînés, les jeunes familles, etc. Il y a de très beaux exemples à Montréal. »

« On s’ouvre les yeux et on se dit que Saint-Bruno doit voir plus loin pour le logement social. »                – Louise Fleischmann

Politique en cours

La Ville de Saint-Bruno travaille actuellement à l’élaboration d’une Politique de l’habitation, une décision qui arrive à point, selon Louise Fleischmann. Elle précise : « Jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup de choses qui ont été faites, je ne blâme personne, mais là, on s’ouvre les yeux et on se dit que Saint-Bruno doit voir plus loin pour le logement social. »
Le maire considère qu’une telle politique pourra rééquilibrer les choses : « Saint-Bruno n’a pas toujours été présente, on a été frileux. Cette politique va nous mettre au diapason avec les autres villes. »
Un comité rassemblant divers experts et organismes, tels que Louise Fleischmann, a été mis sur pied il y a quelques mois. « La politique regarde tout ce qui est accès à la propriété pour diverses clientèles, on va aborder la question du loyer abordable pour lever ou réduire l’obstacle que peut être la capacité de payer des citoyens », ajoute le magistrat.
Une telle politique permettrait de créer une référence pour les futurs ensembles résidentiels. « On aimerait avoir une politique qui dise que n’importe quel promoteur immobilier doit allouer une certaine partie de son projet à du logement social ou qu’il y ait une certaine compensation financière », de souhaiter Louise Fleischmann.
De plus, la Ville pourrait acheter des terrains, comme ça a été le cas il y a plusieurs années pour la construction de la coopérative de solidarité d’habitation Saint-Bruno-de-Montarville.

Travail de sensibilisation

Selon Mme Fleischmann, le travail de sensibilisation ne se fait pas qu’auprès des décideurs, mais aussi auprès de la population : « Ce qu’on essaie de faire comprendre depuis plusieurs années, c’est qu’il y a moyen de faire de belles unités d’habitation comme la coopérative de solidarité d’habitation à Saint-Bruno et qu’il y a une belle clientèle de qualité. »
Il s’agit de démontrer que ce type de projet n’est pas négatif pour la ville et Louise Fleischmann commence à voir les fruits de ses efforts : « Il y a une dizaine d’années, on voyait beaucoup le phénomène ‘’pas dans ma cour’’, mais il y a du changement. Je crois que les gens vont de plus en plus accepter ce type de projets et vont comprendre parce qu’on sait que la population vieillit et qu’il y a une pénurie de jeunes à Saint-Bruno. »
Au dire du maire, le projet de Politique d’habitation devrait voir le jour vers la fin du printemps et il vise son adoption pour l’automne prochain.