Une ville vieillissante
Avec ses 26 394 habitants, la ville de Saint-Bruno-de-Montarville est une ville vieillissante, qui n’a pratiquement pas grossi depuis les six dernières années, parce qu’il n’y a tout simplement pas de places pour l’arrivée de jeunes familles. Le parc immobilier vieillit plus rapidement qu’ailleurs au Québec.
Selon les derniers chiffres de Statistique Canada, Saint-Bruno-de-Montarville, qui est la 42e municipalité la plus populeuse du Québec, a vu le nombre de ses citoyens passer de 26 107 en 2011, à 26 394 en 2016, soit une faible augmentation de 1,123 %. En comparaison, Boucherville a augmenté de 2,3 % en 6 ans, alors que Longueuil, de 3,6 %. De plus, on remarque une croissance soutenue de la population vieillissante depuis quelques années. Ce groupe de la population représente actuellement 20 % et on estime que d’ici 15 ans, 32 % des gens de Saint-Bruno seront des personnes âgées. « En 2031, il y aura 8 500 citoyens de Saint-Bruno qui auront 65 ans et plus », affirme Jean-François Gilbert, consultant de la firme COGIR.
Inventaire immobilier
Pour le spécialiste de l’immobilier, l’inventaire immobilier de Saint-Bruno « vieillit plus vite qu’ailleurs au Québec ». Cinquante pour cent des résidences de Saint-Bruno-de-Montarville ont été construites entre les années 1960 et 1980, alors que la moyenne provinciale est de moins de 39 %. De plus, le parc immobilier montarvillois est si vieillissant que de ce 50 % des résidences construites entre 1960 et 1980, la moitié nécessite des investissements mineurs ou majeurs. Les experts estiment que l’absence de résidences pour personnes âgées, Saint-Bruno en compte une seule de 232 unités (Manoir Saint-Bruno), pourrait expliquer ce phénomène.
Jeunes familles
Une autre conséquence d’une population et d’un parc immobilier vieillissants est l’absence de jeunes familles. Saint-Bruno possède un nombre plus restreint de jeunes familles en comparaison avec les municipalités voisines. Actuellement, les personnes retraitées de Saint-Bruno, en âge de quitter leur résidence, tardent à passer à l’action parce qu’elles ne veulent pas être « déracinées » de leur ville et qu’il n’y a pas suffisamment d’options qui s’offrent à eux. Les personnes retraitées demeurent donc dans leur résidence plus longtemps. Leurs maisons ne se retrouvent pas sur le marché de la vente et les jeunes familles, désireuses de venir s’établir à Saint-Bruno, doivent se résigner à regarder vers d’autres municipalités de la Rive-Sud.
« En 2031, il y aura 8 500 citoyens de Saint-Bruno qui auront 65 ans et plus. » – Jean-François Gilbert
Demeurer à Saint-Bruno
Le choix est parfois déchirant actuellement pour les personnes âgées qui doivent choisir entre se trouver un logement à l’extérieur de leur municipalité ou conserver leur résidence, qu’ils ont bien souvent, étant donné leur âge avancé, de la difficulté à entretenir. Dans une résidence pour personnes âgées de Saint-Lambert, par exemple Les Jardins Intérieurs, 33 % des résidants proviennent de Saint-Bruno-de-Montarville. Au moment de quitter leur résidence, si elles en avaient eu le choix, la plupart de ces personnes âgées se seraient assurément installées à Saint-Bruno.
