Une vie passée sur les verts
Bruno Harvey
Si dame Nature peut passer en mode printemps au cours des prochains jours, Bruno Harvey soulignera plus tard cette année le 20e anniversaire du Golf Le Riviera.
« Cette période de 20 ans représente un grand pan de ma vie », répond Bruno Harvey. En entrevue avec le journal Les Versants, l’homme rappelle son arrivée à Saint-Bruno. « Nous sommes débarqués ici après la crise du verglas. Nous venions tout juste d’acquérir le terrain, mais nous partions de rien. Pas de pavillon, pas de machinerie, pas d’équipement, pas d’eau, pas d’employés, pas même d’électricité! »
En effet, en 1997, Bruno Harvey est avocat à Alma. Il entend parler d’une vente de terrain de golf sur la Rive-Sud (Montréal) et décide, en compagnie de sa femme Louisa et de leurs deux fils, Renaud et Benjamin, de quitter la région pour venir s’installer dans un condo en location à Saint-Basile. C’était tout juste après la crise du verglas. « Nous avions une roulotte Dickie Moore sur le terrain et étions en mode démarrage. À l’époque du verglas, quand nous venions ici, les arbres cassaient sous nos yeux. C’est finalement le 31 mai 1998 que nous avons ouvert la première fois », relate M. Harvey.
« Cette période de 20 ans représente un grand pan de ma vie. » – Bruno Harvey
Lors de cette saison estivale de l’année 1998, Le Riviera a comptabilisé un total de 18 000 rondes de golf. « Un été d’enfer!, dira M Harvey pendant l’entretien téléphonique. Mais nous avons travaillé fort pour y arriver, et la population était prête! »
Cependant, la vie n’a pas toujours été rose sur les verts. L’industrie du golf s’est affaiblie depuis 1998. « La plus grande erreur, c’est de ne pas avoir développé les jeunes golfeurs. L’autre erreur, c’est d’avoir cru que les baby-boomers à la retraite seraient une mine d’or pour le golf. En fait, ils préfèrent toucher à tout : voyages, golf, tourisme… L’offre est diversifiée. Les gens jouent encore au golf, mais beaucoup moins. »
Achat, vente, rachat
Le Riviera a rouvert ses portes le 22 mai 2014. C’est que l’ancien propriétaire, le Groupe Beaudet, qui avait pris possession du terrain de golf de la famille Harvey en 2003, avait choisi de le fermer pour un certain temps. Mais le 22 mai 2014, les Harvey l’ont racheté. « J’avais toujours un peu regretté d’avoir vendu la première fois », admet le propriétaire actuel.
Maniaque de golf, Bruno Harvey a développé une véritable passion pour ce sport. Plus jeune, il a grandi à Alma. Il se souvient d’un terrain de la région qui le fascinait : « Il y avait un beau terrain de neuf trous, le Club de golf Birchdale. Grâce à mon père, j’ai développé la passion du golf parce que je passais mes étés à cet endroit. » Le matin, sur son terrain de golf, il se dit sous le charme de la multitude de verts.
La vie politique
Celui qui s’est porté candidat à la mairie de Saint-Bruno lors des élections municipales l’automne dernier parle d’une expérience qu’il a appréciée. « J’ai adoré faire campagne, j’ai adoré faire du porte-à-porte. Pour cela, il a fallu que je casse cette barrière majeure dans ma vie, aller à la rencontre des autres, parler avec les gens. Je me suis découvert comme homme. »
Le soir du 5 novembre 2017, Bruno Harvey est arrivé au 3 rang sur 5 candidats avec 1 769 votes. Selon le principal intéressé, cinq personnes qui briguent l’hôtel de ville, cela a été une erreur. « La division des votes a été trop importante. »
Aujourd’hui, il déplore l’ambiance autour des élus qui sont en place. D’après lui, un conseil municipal doit être mené par un maire et des conseillers indépendants. « Ça prend un maire rassembleur sans ligne de parti. Un maire capable de convaincre tout le monde autour de la table n’aura pas de difficulté à convaincre ses citoyens aussi », soutient Bruno Harvey.
Quand on lui demande s’il recommencerait, il n’hésite pas à répondre : « Pas demain matin! Je le répète, j’ai adoré l’expérience, mais de là à recommencer, c’est une autre question. » Du même souffle, il ajoute : « Mais il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idées. Dans deux ans et demi… on verra. Ça dépend de ma santé, de mon entreprise. »
QUESTION AUX LECTEURS :
Avez-vous hâte que la saison de golf s’amorce?


