Une séance d’information en demi-teinte
Agrile du frêne
Une séance d’information sur l’agrile du frêne s’est tenue hier soir à Saint-Bruno-de-Montarville. La séance, très attendue, laisse beaucoup de questions en suspens.
Dans le cadre du plan d’action de Saint-Bruno-de-Montarville pour ralentir la progression de l’agrile du frêne sur son territoire, la Ville a convié les citoyens à une rencontre à l’hôtel de ville afin de leur présenter le bilan des actions entreprises en 2015 et des actions à venir en 2016. En 2014, la ville avait annoncé un plan d’action aux citoyens de Saint-Bruno. Dès février 2015, une taxe de 0,0043 $ sur chaque 100 $ d’évaluation municipale est prélevée sur le l’avis d’imposition des résidants. La municipalité réussit ainsi à constituer un fonds vert de 500 000 $.
« En 2015, un inventaire des arbres publics a été effectué, 30 arbres ont été traités au TreeAzin, 113 frênes ont été abattus et 425 arbres ont été plantés, de diverses essences », a commencé à expliquer Jean Larose, directeur de service au développement urbain à Saint-Bruno, à la cinquantaine de personnes qui s’étaient déplacées. En tout, ce sont près de 300 000 $ qui ont été dépensés, permettant de préserver un peu plus de 200 000 $ dans ce fonds vert.
Marie-Hélène Sauvé, ingénieure forestière pour Trame-Verte, l’entreprise qui a effectué l’inventaire des arbres, a présenté le bilan à l’assemblée. « Nous avons répertorié tous les arbres privés et publics par GPS. Nous avons déterminé pour chacun son essence, son diamètre, les défauts et les travaux à prescrire », a présenté Mme Sauvé.
En ce qui concerne les frênes, 1358 se trouvant sur le domaine public ont été répertoriés. Près de la moitié des frênes de rue étaient touchés par l’agrile, alors que 32 % des frênes de parc étaient affectés. Sur le domaine privé, 5053 frênes ont été identifiés.
« Depuis l’arrivée de l’agrile, il est interdit de planter des frênes. Pour abattre un arbre, il faut qu’il soit touché à 30 %. Il n’y a pas de frais de permis d’abattage. En 2015, 84 demandes d’abattage ont été faites et 47 demandes de traitement », a ajouté Sylviane Jincheraux, chargée de projet à la division de l’environnement à Saint-Bruno.
En 2016
La Ville prévoit en 2016 l’élaboration d’une politique de l’arbre, le maintien du comité de suivi du plan d’action; un assouplissement de la réglementation permettant aux citoyens le traitement TreeAzin autour d’une zone sensible et jusqu’à la bande riveraine d’un cours d’eau; doubler le nombre de pièges pour dépister plus précisément l’agrile; faire la même chose qu’en 2015 quant aux traitements des arbres publics; pour la plantation, il est prévu que la Ville fasse un achat regroupé avec l’agglomération de Longueuil; une autre période d’abattage sera mise en place cet automne.
Les questions n’ont pas tardé à se faire entendre sur l’aide aux citoyens qu’allait proposer la Ville. « La Ville paie 450 $ pour abattre un arbre, n’est-il pas possible de bénéficier de ce tarif préférentiel? » – « Dans notre copropriété, nous avons 209 frênes, n’est-il pas possible de couper les plus petits pour planter d’autres essences? » – « Pourquoi la Ville a-t-elle décidé de ne pas plus traiter ses arbres, alors que toutes les Villes avoisinantes le font? » – « Je suis venu ce soir pour que la Ville me propose des solutions pour mes frênes sur mon terrain, et rien. Je paie des taxes spécifiquement pour cette problématique à Saint-Bruno et on me dit d’appeler un expert pour évaluer mes arbres. Pourquoi la Ville ne l’a pas fait dans son inventaire? »
À la fin de la période de questions, Martin Murray, maire de Saint-Bruno, a expliqué au public que la Ville était « à l’écoute. Nous regarderons ce que nous pourrons faire. Toutes vos remarques, vos interrogations ont été notées. » Le public a quitté la séance dans un sentiment de statu quo.
