Une pétition pour faire bouger l’aéroport
Une citoyenne de Saint-Bruno a mis sur pied une pétition à la Chambre des communes dans l’espoir que soit réduit le trafic aérien à l’aéroport de Saint-Hubert.
Sonia Simard juge que le bruit émis par les avions nuit à la qualité de vie des citoyens du secteur, que la pollution émise par l’aviation est incompatible avec la préservation de l’environnement et que la sécurité des citoyens est compromise par l’éventualité d’une catastrophe aérienne. « Je reproche à l’aéroport une absence d’écoute, de consultations publiques, et d’étude d’impact. Je déplore aussi l’augmentation du trafic aérien, sans en avoir informé la population », a indiqué aux Versants Mme Simard. La pétition reproche en effet « une absence de collaboration de la part de l’aéroport et de la Ville de Longueuil ».
« Moi, je trouve que le trafic aérien, le bruit, la sécurité, et les changements climatiques, ce sont des aspects sérieux et réels. Un développement fait sans consultation publique et avec un impact si important, ça ne peut plus être fait aujourd’hui, en 2020 », a-t-elle ajouté.
Au moment de mettre sous presse, la pétition, parrainée par le député de Montarville Stéphane Bergeron, avait recueilli quelque 750 signatures, soit assez pour être présentée au Parlement canadien. Le parrainage d’une pétition ne signifie pas nécessairement un appui.
Mme Simard assure qu’elle et ses pétitionnaires ne sont « pas contre l’aéroport », mais qu’ils n’acceptent pas « la façon dont ça se fait actuellement ». « Le trafic aérien, de jour comme de nuit, la fréquence n’est pas acceptable ni viable. »
Accidents aériens
Elle croit notamment que la sécurité des citoyens est en jeu, puisque l’aéroport se situe en zone résidentielle. « Au-dessus des Promenades Saint-Bruno, on a évité une catastrophe de près », a-t-elle dit, en faisant référence aux deux petits avions qui étaient entrés en collision en mars 2017, faisant un mort et un blessé grave.
Pour sa part, Développement aéroport Saint-Hubert de Longueuil (DASH-L) affirme être bien au courant de la situation, notamment en ce qui a trait au bruit généré par les avions. « DASH-L a pris des mesures tangibles d’atténuation du bruit des aéronefs, comme l’installation de silencieux sur la quasi-totalité des avions utilisés par les écoles de pilotage, des règles très strictes régissant les posés-décollés durant la période estivale et la mise en place d’un système de pistes préférentielles qui favorise les départs et arrivées des avions au-dessus des champs plutôt que des quartiers résidentiels », expliquait notamment l’organisme propriétaire de l’aéroport, dans un communiqué diffusé en novembre dernier.
Comité consultatif
La directrice générale de DASH-L, Jane Foyle, a également précisé dans un courriel envoyé aux Versants qu’un comité consultatif du climat sonore poursuit ses travaux et donne suite aux demandes citoyennes qui lui sont adressées. La Ville de Saint-Bruno a récemment fait une demande à DASH-L pour intégrer ce comité.
DASH-L a également soutenu avoir soumis à Transports Canada de nouvelles mesures de réduction de bruit au décollage et à l’atterrissage, lesquelles doivent cependant recevoir l’aval de l’organisme fédéral. DASH-L attend toujours une réponse de Transports Canada à cet égard.
Trafic aérien
Quant au trafic aérien, le président du conseil d’administration de DASH-L, M. Charles Vaillancourt, avançait, en novembre dernier, qu’il était en baisse de 30 % depuis 2008.
De son côté, La Ville de Longueuil se montre « sensible à la problématique du bruit lié aux activités de l’aéroport Montréal Saint-Hubert de Longueuil » et déclare qu’elle « fera part des préoccupations des citoyens à DASH-L ». Elle rappelle cependant que l’aviation est une compétence sous la responsabilité du gouvernement fédéral.
