Une entreprise citoyenne
Ils viennent de partout, Madagascar, Maroc, France ou encore Syrie, et ils ont tous quelque chose en commun : Stelpro leur a donné la chance d’avoir leur premier emploi avec des perspectives d’évolution.
George est venu de Syrie à Saint-Bruno-de-Montarville avec toute sa famille l’an dernier. Lui, sa femme et ses deux enfants devenaient les premiers réfugiés syriens à être reçus dans la ville.
En janvier 2016, il a voyagé à bord d’un avion de réfugiés pour rejoindre le Québec, laissant derrière lui une guerre qui a débuté en 2012 et qui lui avait tout pris.
Accueilli à l’aéroport de Montréal par L’Action communautaire pour les réfugiés, une association mise en place par des citoyens largement aidés par la paroisse de Saint-Bruno, il a eu un an pour maîtriser le français et trouver un travail.
Après son programme de francisation d’environ sept mois, il apprenait que l’entreprise montarvilloise Stelpro lui donnerait un contrat de travail. « Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai sauté de joie. Avant, j’apprenais le français, mais je ne pouvais rien faire d’autre et parfois, je tournais en rond. J’étais tanné. J’ai fait le choix de venir au Québec et aujourd’hui, je ne regrette rien. Mes deux enfants, qui ont 11 ans et 7 ans, parlent beaucoup mieux le français que moi et sont parfaitement intégrées à Saint-Bruno. Durant toute cette première année, on m’a beaucoup aidé », explique George Barmaksez dans un très bon français.
Il est depuis quelques semaines assembleur chez Stelpro, qui s’était donné la mission de favoriser l’intégration des réfugiés syriens en leur offrant, dans la mesure du possible, un emploi, et paradoxalement, cela n’a pas été facile de trouver des candidats.
« Nous avons contacté le gouvernement, mais les démarches pour recruter des réfugiés étaient laborieuses. Alors, nous avons contacté la paroisse de Saint-Bruno, qui nous a tout de suite mis en lien avec George. Notre vice-président à l’exploitation souhaitait recruter 10 personnes comme George, mais ce sont les candidats que l’on n’a pas pu trouver », explique Véronique Côté, directrice ressources humaines à Stelpro.
Engagée socialement
Élaine Marcoux, agent ressources humaines à Stelpro, est à l’origine de cette initiative qu’elle a voulu mettre de l’avant pour montrer l’ouverture de l’entreprise. Cette dernière est très engagée socialement, non seulement ici avec les réfugiés syriens accueillis au pays, mais aussi dans la communauté montarvilloise. D’autre part, elle n’a pas peur de faire confiance aux nouveaux arrivants en recherche d’emploi.
« J’ai fait le choix de venir au Québec et aujourd’hui, je ne regrette rien. » – George Barmaksez
Mario, Jirard, Kevin, Eddy, Francky, Chaouki ou encore Jean-Pierre n’ont pas connu la guerre comme George, mais tout comme lui, ils viennent d’ailleurs et Stelpro a cru en eux en leur donnant leur premier emploi.
À peine quelques mois après leur arrivée, alors qu’il leur restait encore quelques démarches administratives à compléter, ils ont frappé à la porte de Stelpro, l’emploi étant une priorité à leur intégration. Deux, trois ou encore quatre mois plus tard, ils étaient embauchés.
« À Madagascar, il n’y avait pas d’avenir pour mes enfants. C’est pour cela que j’ai décidé d’immigrer au Canada. Même si les premiers jours, semaines, mois ont été difficiles, que la nostalgie était présente, aujourd’hui, je ne regrette rien », explique Jean-Pierre.
« J’étais boulanger-pâtissier dans mon pays. Rien à voir avec ce que je fais aujourd’hui, mais moi aussi, en venant au Québec, j’offrais à mes enfants de se construire un avenir en toute sécurité », d’indiquer Mario.
Hicham Lafhal est même devenu, ayant quitté son Maroc natal en 2001, directeur de production chez Stelpro après avoir gravi les échelons un à un. « J’ai été technicien assembleur, chef d’équipe, superviseur adjoint, superviseur, directeur adjoint et maintenant directeur de production. Stelpro a été mon premier emploi quand je suis arrivé. Ces gens m’ont permis d’apprendre et d’évoluer dans mon métier, ils ont investi en moi. » Cette intégration réussie permet à M. Lafhal d’être un des 17 directeurs de l’entreprise sur les 430 employés qui la composent.
L’entreprise avait invité ses salariés venus d’ailleurs ayant eu leur première expérience de travail chez Stelpro à rencontrer le journal , ce qu’ils ont accepté avec beaucoup de fierté. En racontant ses expériences de vie, chacun découvrait l’histoire de son collègue de travail sous un aspect différent.
Malgré les difficultés que tous ont connues en venant au Québec pour améliorer leur sort ou celui de leurs enfants, ils ont été très impressionnés par le courage de George, qui en un an, a su reconstruire sa vie au Québec malgré la barrière de la langue. « Vraiment, en termes d’intégration, bravo! » lui ont indiqué spontanément ses nouveaux collègues en entendant son histoire.
Ils sont 24 employés qui ont obtenu le premier emploi chez Stelpro. Parmi les 430 employés, 103 sont d’uneorigine autre que canadienne.


