« Une bonne affaire »
Saint-Bruno-de-Montarville
Le prix de vente du terrain d’Hydro-Québec, acquis par la Ville de Saint-Bruno, ne fait pas l’unanimité.
La Ville de Saint-Bruno a acheté le terrain appartenant à Hydro-Québec, dans l’optique du déménager le terrain de baseball, au coût de 5,73 $ le pied carré.
La conseillère municipale Marilou Alarie déplore la valeur à laquelle la Ville a accepté de payer le pied carré, qu’elle considère comme élevée par rapport à sa valeur indiquée au rôle d’évaluation foncière. « Le terrain est évalué au rôle foncier à 2,25 $ le pied carré. La Ville payera 5,73 $ le pied carré pour en faire l’acquisition », a-t-elle déclaré.
En contrepartie, le maire Martin Murray atteste que la Ville a acheté la propriété à un coût convenable : « On a payé exactement le prix de vente, on n’a pas offert plus que la valeur du marché actuel et quand un terrain est stratégiquement intéressant pour nous, on est prêts à débourser la valeur qui nous paraît raisonnable; dans le cas présent, la valeur est tout à fait raisonnable. »
Mais le fait que la différence entre les prix représente environ le double déconcerte la conseillère : « J’aimerais comprendre l’écart. On sait tous que les rôles d’évaluation foncière sont plus bas que les valeurs marchandes, mais je ne penserais pas vendre ma maison au double du prix qu’elle vaut, donc pour un terrain, c’est quelque chose. »
« Selon moi, on a fait une bonne affaire et on avait tous les éléments en main pour faire un choix éclairé. » – Martin Murray
Une évaluation aurait été faite par le Groupe Desnoyers et Associés inc. concernant la valeur de la partie du terrain que la Ville acquérait. « L’évaluation que j’ai de ces spécialistes en évaluation indique que le tarif moyen est entre 56,50 $ et 61,90 $ du mètre carré », soutient le maire. Cela représente entre 5,25 $ et 5,75 $ du pied carré, la Ville se trouve entre les deux à 5,73 $.
Un ensemble de raisons
Martin Murray, même si le prix d’achat lui semble adéquat, comprend les facteurs qui expliquent le prix de vente : « La proximité d’une grande artère routière fait en sorte que ça augmente un peu le prix, mais nous, on voulait surtout mettre la main dessus parce qu’il est à côté du parc Marie-Victorin. »
De plus, le fait que le terrain soit complètement « dédouané » lui conférait un avantage sur les autres terrains. « Dans notre cas, le terrain serait immédiatement constructible sans plus de formalités si on le voulait; donc, quand un terrain est exempt de toute contrainte, c’est sûr qu’il a une valeur plus élevée que celle de ses voisins. Compte tenu du prix où on vend nos terrains, qui sont éloignés et moins bien desservis, 5,73 $, ce n’est pas la fin du monde. »
Et puis, selon Martin Murray, les terrains sont tout simplement de plus en plus convoités dans le parc industriel, ce qui contribue à la hausse de prix. Il voit cela comme étant une bonne chose.
Place à la négociation?
La conseillère municipale mentionne qu’elle aurait été plus à l’aise avec l’achat du terrain, qu’elle n’a pas pu entériner étant absente lors du vote, s’il y avait eu plus de négociations : « Je me disais que vu que c’est Hydro-Québec qui a approché la Ville pour lui vendre le terrain, on aurait pu avoir avantage à négocier le prix. Sinon, est-ce dans l’intérêt supérieur des citoyens de ne pas négocier un prix, même juste un peu? »
Le magistrat affirme ne pas avoir mis d’accent sur la négociation, par peur de perdre le terrain aux mains des autres acheteurs potentiels. « On aurait toujours pu négocier, mais il n’y avait pas de raison. Selon moi, on a fait une bonne affaire et on avait tous les éléments en main pour faire un choix éclairé », de conclure Martin Murray


