Un Syrien comme à la maison à Saint-Bruno

Une famille syrienne qui a fui la guerre pour atterrir à Saint-Bruno il y a trois ans semble s’intégrer à merveille à son nouveau décor. Le journal Les Versants est allé à la rencontre de Michel Souud, le papa de cette famille de quatre, qui est coiffeur au salon Société Beauté, situé dans le cœur villageois.

« Moi, je suis très content ici. Cette année, je veux faire l’examen pour obtenir la citoyenneté canadienne », indique Michel, tout sourire, lorsque rencontré sur son lieu de travail.

Michel et sa femme Thérèse ont quitté leur pays en 2012 en raison de la guerre civile qui fait rage dans ce pays du Moyen-Orient. Le couple a d’abord trouvé refuge au Liban, avant se diriger vers le Québec. Les Souud ont été la deuxième famille syrienne à s’implanter à Saint-Bruno-de-Montarville, où ils avaient été accueillis par L’Action communautaire pour les réfugiés, un organisme encadré par l’Unité pastorale des paroisses de Saint-Bruno et de Saint-Basile.

Michel assure que sa famille est très heureuse à Saint-Bruno : « J’aime Saint-Bruno. La ville est petite. C’est très tranquille, ici », se réjouit celui qui habite à deux minutes à pied du salon.

Le couple, qui est arrivé au Québec avec leur garçon Salim, aujourd’hui âgé de 7 ans, a récemment donné naissance à une petite fille, Julie, « un nom très québécois », précise Michel, en rigolant.

Comme des éponges

« Mon fils parle très bien français. Il a appris très vite. Cette année, il a même commencé à apprendre l’anglais. Les enfants sont comme des éponges », soutient Michel, très heureux de l’évolution de son fils aîné.

Michel, lui, a dû redoubler d’efforts pour apprendre la langue de Molière, qu’il aime bien, malgré ses nombreux pièges. Il a suivi plusieurs cours pour perfectionner ses connaissances, si bien qu’à peine trois ans après son arrivée, il parvient à entretenir une conversation sans trop de problèmes. Celui qui a l’arabe comme langue maternelle s’en félicite : « Avant d’arriver ici, je ne parlais pas français. Rien. Au début, c’était très difficile, mais aujourd’hui, je comprends bien. »

Rencontrée par le journal, la copropriétaire du salon où travaille Michel depuis deux ans et demi ne tarit pas d’éloges envers son employé. « Nous sommes vraiment heureux de l’avoir. Il veut tellement! La détermination de Michel a été là dès le début, donc ç’a été facile pour nous de l’impliquer », raconte Nadia Bottari.

Langage international

« Je dirais que la coiffure est un langage international. Donc, quand tu aimes ce que tu fais, que la passion est là et que tu as une bonne base, ça va fonctionner », poursuit-elle.

Pour sa part, la femme de Michel, Thérèse, connaissait déjà bien le français, puisqu’elle l’enseignait dans une école près d’Alep, où le couple habitait. Après avoir travaillé temporairement dans un commerce de restauration rapide, elle est entrée au cégep afin d’obtenir une attestation d’éducation à l’enfance. La famille compte bien rester dans la région de façon permanente, même si elle espère pouvoir un jour retourner en Syrie. Mais cette fois, comme touristes.

– Avec les informations de Frédéric Khalkhal