Un syndicat inquiet

La Ville de Saint-Bruno-de-Montarville est en phase d’optimisation de son service administratif. Une transformation qui inquiète un syndicat.

Il y avait 204 fonctionnaires en 2015 à la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville. Ils sont 200 aujourd’hui. « On a coupé 4 postes sur 200 en 2 ans. Ce n’est que 1 % par année, mais le service reste là, il est parfois même meilleur. La livraison des permis n’a jamais été aussi rapide. Avec les avancées technologiques, on peut mieux gérer la productivité des gens. La réalité d’il y a 10 ans n’est plus la même aujourd’hui. Je comprends que si rien n’était fait avant, ça doit en déranger certains, mais c’est mon travail d’optimiser le rendement de chacun », explique Guy Hébert, directeur général de Saint-Bruno.

En réponse à l’article des Versants, publié le 31 mai et intitulé « Vers une optimisation des services de la Ville », le président du Syndicat regroupé des employés municipaux (SREM) et du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), André Duval, a souhaité réagir aux affirmations de la Ville.

« Nous nous questionnons toutefois sur l’utilité de gérer la Ville de Saint-Bruno de la même façon qu’une grande ville comme Montréal. » – André Duval

M. Duval indique, dans un courrier adressé au journal Les Versants le 14 juin, que la ville n’a pas coupé seulement quatre postes, comme le disait Guy Hébert, en ne remplaçant pas les départs à la retraite. « Chez les cols blancs uniquement, trois postes ont été abolis, soit un poste de préposée à la bibliothèque (par attrition), un poste de surveillant de chalet (dont le titulaire a perdu son emploi) et un poste de contrôleur des équipements (dont le titulaire a été rétrogradé). Ceci est sans compter les abolitions de postes chez les cadres et les cols bleus », révèle-t-il.

Un syndicat inquiet

Le syndicaliste met en avant l’inquiétude qui semble régner auprès des salariés dans les couloirs de l’hôtel de ville.

« Nous savons que le directeur général, M. Guy Hébert, a une grande expérience dans le domaine municipal. Nous nous questionnons toutefois sur l’utilité de gérer la Ville de Saint-Bruno de la même façon qu’une grande ville comme Montréal. Il est peut-être pertinent d’utiliser un contrôle pointilleux lorsque les gestionnaires ont plusieurs employés à leur charge travaillant dans de nombreux bâtiments, mais ce n’est pas le cas à Saint-Bruno, où tous les employés se connaissent et font déjà leur travail honnêtement, sous supervision étroite. »

Guy Hébert, venu de Montréal, a pris les commandes de l’Administration de la ville de Saint-Bruno en avril 2016.

Le directeur général avait invité les employés (dans l’article du 31 mai) à utiliser les tribunes de la municipalité, prévues à cet effet, pour soumettre leurs insatisfactions. « Les employés qui ne sont pas satisfaits ont des tribunes à la ville pour dire ce qu’ils pensent. Il y a des gens qui sont venus me voir. Il ne leur est rien arrivé. Je n’ai jamais refusé une réunion qu’un employé m’a demandée et j’en ai eu plusieurs. Je suis sensible à la gestion des ressources humaines et je veux que le climat de travail soit le meilleur possible, mais il faut faire un travail d’optimisation des postes. Il faut que les gens soient plus polyvalents. Plutôt que d’avoir un contremaître à la neige, à l’horticulture, à l’écocentre et pour les mécaniciens, vu que les besoins sont différents d’une saison à l’autre, je souhaite qu’il y ait plus d’entraide », affirmait-il.

Cependant, la tension ne semble pas être tombée entre le syndicat et les dirigeants.

« Par le passé, les employés ont toujours ressenti que les élus se souciaient d’eux, et ce, depuis l’époque du maire Dulude. Mais à l’heure actuelle, les employés perçoivent surtout de la condescendance de la part des dirigeants », de conclure M. Duval.

Rappelons que le syndicat est en pleine négociation avec la Ville pour mettre en place leur convention collective, régissant leurs conditions salariales.