Un souci de moins pour les Villes?
Les wagons-citernes DOT-111 ne devraient plus traverser Saint-Basile-le-Grand, Saint-Bruno-de-Montarville et Sainte-Julie.
Après avoir déposé une pétition sur la sécurité ferroviaire le long du corridor Saint-Lambert/Sorel-Tracy au printemps dernier, Michel Picard, député de Montarville et secrétaire parlementaire au ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, se dit encouragé par le ministre des Transports, « qui a tenu sa promesse d’accélérer le retrait des anciens wagons-citernes DOT-111 pour le transport du pétrole brut ».
« Depuis le 1 novembre, les anciens wagons-citernes DOT-111 ont été complètement retirés du service de transport de pétrole brut dès minuit une, conformément à l’ordre no 38 », explique le député dans un communiqué.
Programme de sécurité ferroviaire
Le 12 octobre, Marc Garneau, ministre des Transports à Ottawa, annonçait le financement de projets d’amélioration ferroviaire visant à réduire les incidents et accidents sur les voies ferrées.
Le Programme d’amélioration de la sécurité ferroviaire est assorti d’une enveloppe de financement de 55 millions de dollars, ce qui représente une hausse des fonds disponibles.
« On parle de 143 millions de dollars sur 3 ans de plus ‘’dans le but de maintenir les mesures existantes et d’appuyer de nouvelles activités destinées à renforcer la surveillance, ainsi que pour améliorer les capacités en matière de prévention et d’intervention liées à la sécurité ferroviaire et au transport de marchandises dangereuses‘’ », explique Thierry Fournier, attaché législatif au bureau de Michel Picard.
Le financement a l’objectif de faciliter l’amélioration de la sécurité sur la propriété ferroviaire, le long des voies ferrées et aux passages à niveau entre autres, par des feux clignotants, des sonneries ou des barrières; l’utilisation de technologies novatrices; le travail de proximité, la sensibilisation, l’éducation, les messages d’intérêt public, la recherche et les études sur le sujet; ainsi que la fermeture des passages à niveau qui soulèvent des préoccupations de sécurité.
Le ministre a également lancé un appel de propositions pour le volet Infrastructure, Technologie et Recherche, et le volet Éducation et Sensibilisation du programme de 2017-2018.
« Depuis le 1
Plusieurs demandeurs pourront présenter leurs projets, notamment les provinces, les territoires, les municipalités et les administrations locales; les autorités responsables d’un service de voirie ou du transport en commun et les sociétés d’État; les organismes à but lucratif ou non; les groupes, communautés et organismes autochtones; et les particuliers.
Les vieux wagons-citernes ont été remplacés par les TC-117, qui comportent plusieurs caractéristiques de sécurité supplémentaires comme de l’acier plus épais, des boucliers protecteurs, une protection thermique et un dispositif de protection des raccords supérieurs.
Pas d’obligation pour une liste de produits transportés
Cependant, l’ordre n’a pas été donné aux compagnies de chemin de fer de divulguer, à l’ensemble des municipalités qu’elles traversent, les produits dangereux qu’elles transportent dans leurs wagons, comme le demandent plusieurs municipalités.
« Le CN nous a expliqué que toutes les municipalités n’avaient pas les capacités de digérer toutes ces informations. Le CN est une entreprise privée, mais elle ne s’est pas dite opposée à donner ces listes », d’ajouter M. Fournier.
L’organisme Sécurité ferroviaire Rive-Sud est très sceptique par rapport à cette annonce.
« Ce que fait le gouvernement fédéral est un très petit pas en avant. Ce n’est pas vrai que depuis le 1 novembre, les wagons-citernes DOT-111 ne circulent plus. De plus, il a été montré que les
Pas convaincu
Pour Rémi Tremblay, les annonces ne sont pas convaincantes. « C’est un très petit pas vers la bonne direction, mais ce n’est pas vrai de dire qu’il n’y a plus de DOT-111 en circulation. Venez à Boucherville ou Saint-Bruno-de-Montarville pour voir », indique le porte-parole de Sécurité ferroviaire Rive-Sud.
L’organisme est contre tout transport de matière dangereuse en milieu urbain. « Il n’y a pas que du pétrole dans ces wagons, il y a toutes sortes de produits dangereux. Un déversement d’ammoniaque impliquerait la mort d’individu instantanément », précise M. Tremblay.
Malgré ces annonces, M. Tremblay ne voit pas de changement sur le terrain. « Le gouvernement ne joue pas son rôle », conclut-il.
