Un sondage représentatif?
Saint-Basile-le-Grand
Un résidant du chemin Saint-Louis a pris la parole lors de la dernière séance régulière du conseil municipal de Saint-Basile-le-Grand. Il souhaitait des explications sur les résultats du sondage téléphonique relativement au partage des coûts des travaux des infrastructures.
Ce citoyen se demandait notamment si les 400 répondants du sondage représentaient bien l’ensemble de la population grandbasiloise, qui est de 17 000 habitants. « On parle ici d’un taux de 2 ou 3 % seulement. Est-ce vraiment représentatif? » questionnait-il lors de la séance du 16 janvier.
Le directeur général Jean-Marie Beaupré a précisé, lors d’une assemblée publique d’information tenue aussi la semaine dernière, qu’il s’agissait davantage de 400 répondants sur 6 500 résidences que sur 17 000 personnes.
Rappel
Rappelons que le conseil municipal de la Ville de Saint-Basile-le-Grand avait octroyé un mandat professionnel à la firme Ténor Marketing en mai 2015 afin de recueillir, par sondage téléphonique, des informations privilégiées lui permettant d’orienter ses prochaines décisions.
Une partie de la population grandbasiloise a été sondée, soit près de 400 personnes, sur une dizaine de questions concernant, entre autres, le niveau de taxation des prochaines années. D’autre part, comme la Ville investira 100 millions de dollars pour la réfection des infrastructures de rues d’ici les 20 prochaines années, le conseil voulait connaître le point de vue de ses résidants quant à la répartition du coût des travaux. En appliquant la politique actuelle d’imposition du fardeau fiscal aux riverains uniquement, c’est une augmentation annuelle des taxes d’améliorations locales de l’ordre de 4 000 à 5 000 $ pour eux.
« On parle ici d’un taux de 2 ou 3 % seulement. Est-ce vraiment représentatif? » – Un citoyen du chemin Saint-Louis
Par contre, en répartissant ces investissements à l’ensemble de la population, la Ville estime une progression de 75 $ annuellement pour les 20 prochaines années avec un maintien à ce rythme par la suite. « Nous voulons savoir : “Peut-on rattacher tout le monde autour d’un même plan”? Ce sondage a pour fonction d’essayer de trouver une alternative dans la planification et l’étalement du financement des infrastructures de Saint-Basile-le-Grand », mentionnait alors le maire Bernard Gagnon.
Résultats
Des 400 Grandbasilois propriétaires sondés alors par la firme Ténor Marketing, en mai 2015, 46,5 % s’étaient exprimés en faveur d’un maintien du taux de taxes avec coupe de services, 11 % acceptaient une augmentation au taux de l’inflation (1,9 % à 2 %) avec le maintien des services, alors que 35,5 % aimaient une formule mixte. Du nombre de personnes qui acceptaient certaines coupes, 62,8 % étaient favorables à une réduction des services en matière de loisirs, culture et vie communautaire afin de pallier le manque à gagner pour 2016, un manque estimé à 650 000 $.
L’objectif de la Ville était d’obtenir des réponses des citoyens concernant, entre autres, le niveau de taxation des prochaines années qui impliquera soit une coupure dans les services offerts pour le même niveau de taxation, soit le maintien des services priorisés jusqu’à ce jour en augmentant toutefois les taxes. Une question avait aussi été posée quant à la répartition des investissements de 100 millions de dollars pour la réfection des infrastructures (égout, aqueduc, rues), dont les coûts seraient maintenant imputés à l’ensemble de la population. À cela, la population, à l’époque, s’était dite en faveur à 67,8 % pour le partage des coûts par l’ensemble. Ce faisant, l’avis d’imposition des citoyens augmenterait de 75 $ par année pendant 20 ans.
À la séance du conseil municipal de janvier, le maire Bernard Gagnon a répondu à M. Bouchard que la Ville souhaitait « éviter un choc tarifaire important » aux citoyens.
Lors de ce sondage, plus de 1 900 numéros de téléphone ont été saisis sur un échantillon de citoyens représentatifs et 400 entrevues ont été complétées (taux de contact de 71 %, taux de refus de 23 % et taux de participation de 59 %). Les répondants étaient des propriétaires de résidences ou de condos, et pour 52,3 % d’entre eux, l’évaluation de leur propriété se situait de 251 000 à 400 000 $.
Les données recueillies avaient été analysées pour bien identifier les opinions à chacune des sept questions posées avec un taux d’erreur de 4,9 %.
En décembre 2015, le programme des dépenses en immobilisations fut adopté sur six ans, laissant voir les intentions d’investissements majeurs pour le renouvellement des infrastructures, soit une estimation annuelle de 5 millions de dollars pour les 20 prochaines années. Vu l’ampleur des travaux envisagés, il a été décidé que le financement sera dorénavant imputé à l’ensemble de la population sur tous les règlements d’emprunt relatifs aux travaux d’infrastructures (aqueduc, égouts, chaussée), sauf pour les nouvelles constructions de rues.
