Un site de dernière minute

Marché public de Saint-Bruno

La fontaine de la place du Village sera le site où se tiendra le troisième marché public de Saint-Bruno, dans une troisième controverse.
Ce sera la troisième année d’existence du marché public cet été et pour une troisième année consécutive, tout le monde n’est pas d’accord sur le nouvel emplacement. Après avoir été organisé sur la rue Montarville, puis dans le stationnement de l’hôtel de ville, le marché dressera ses tentes, du 2 juillet au 1er octobre, autour de la fontaine de la place du Village.
Ce sont environ 30 kiosques, comme l’an dernier, qui présenteront des produits artisanaux. La rue Montarville restera ouverte, même si le marché empiétera sur l’espace de stationnement et sur « un petit bout de la rue Rabastalière qui sera fermé », mentionne Martin Murray, maire de Saint-Bruno-de-Montarville. Les exposants seront à peu près les mêmes que lors des éditions passées, mais l’organisation sera entièrement du ressort de la Ville. « C’était plus facile de nous en occuper », signalait le maire au journal Les Versants. Cependant, l’APES, l’organisatrice des deux précédents marchés publics, a indiqué au journal que c’était elle qui s’était retirée du projet. «  À cause du site. Cela aurait été vraiment difficile pour nous de l’opérer comme on nous l’a présenté. On nous a demandé de barrer la moitié d’une rue sur Montarville, cela va impliquer de la circulation derrière des tentes. Il y aura aussi des tentes devant certains commerces et on ne pouvait pas se permettre de jouer aux médiateurs au milieu de cette organisation. Sur le plan de la sécurité de la rue, on n’a pas non plus les mêmes ressources qu’une ville. La Ville portera le projet complètement cette année. Nos rapports restent très bons, mais c’est vraiment pour une raison de logistique qu’on a décliné l’offre », expliquait au journal Caroline Rodrigue, présidente de l’APES. Du côté des commerçants, le projet ne fait pas non plus l’unanimité.

« Nous n’avons contacté ni le RGA ni la Chambre de commerce, on est passés directement par les commerçants, car cet événement est organisé par la Ville. » -Martin Murray

Un projet de la Ville

« Nous avons organisé une rencontre avec les commerçants pour parler du marché public. Neuf commerces étaient représentés », explique M. Murray. Ni la Chambre de commerce de Saint-Bruno ni le Regroupement des gens d’affaires (RGA) n’avaient été invités à la rencontre. « Nous n’avons contacté ni le RGA ni la Chambre de commerce, on est passés directement par les commerçants, car cet événement est organisé par la Ville. La Chambre de commerce ne veut plus s’embarquer dans ce genre d’événements et avec le RGA, on a d’autres projets. Réunir tous les commerçants, ça a toujours été problématique. La seule fois où on a eu un gros succès, c’est aux Jeux du Québec. Comme l’obstacle de la fermeture des rues est levé, les commerçants n’ont pas de crainte par rapport au marché public », précise le maire tout en rappelant qu’il ne veut pas « laisser tomber nos commerçants, bien au contraire, on veut les épauler. Le marché public est un élément intéressant, car ça amène beaucoup de monde. »
Opposition des commerçants
« Le marché public est un projet du maire et de son groupe d’élus. On n’est pas surpris de ne pas avoir été invités à la rencontre. On a déjà soumis une pétition l’an dernier en disant que ça nuisait aux commerces de Saint-Bruno. Les commerçants ont clairement mentionné à M. le maire qu’on voyait plus l’utilité d’un marché comme celui-là en périphérie. Pourquoi il n’a pas communiqué avec le RGA? On a 70 membres commerçants et gens impliqués dans le milieu du commerce. Et si en plus la Chambre de commerce n’a pas été conviée, à nous deux, on couvre l’ensemble des commerces de Saint-Bruno. C’était la voie la plus facile pour nous contacter », explique Bertrand Lalancette, vice-président du RGA.
Cela ne semble pas choquer outre mesure Denis Lamothe, directeur général de la Chambre de commerce de Saint-Bruno-de-Montarville, de ne pas avoir été consulté. « La Chambre n’a pas la capacité de s’impliquer dans ce genre d’organisation. Nous sommes plus une structure qui favorise le réseautage. C’est sûr qu’on souhaite toujours être consultés, mais nous ne sommes pas choqués. L’emplacement autour de la fontaine semble être un bon endroit », explique-t-il. Une idée que ne partage pas M. Lalancette. « Autour de la fontaine, là encore ça va nuire aux commerces. Le rôle d’une Ville, c’est de favoriser le commerce, pas de provoquer une sorte de commerce. Un marché, c’est bienvenu une fois, mais pas tout un été. Je suis pour un marché public, mais il faut qu’il soit fait avec les gens qui sont concernés. »