Un psy s’il-vous-plait

L’augmentation vertigineuse des demandes en psychologie frappe tout le Québec. La Ville de Saint-Bruno et les environs n’en sont pas épargnés.

Les listes d’attente s’allongent ou disparaissent tout simplement. Il est maintenant très difficile de consulter un psychologue. Par exemple, une clinique de Saint-Bruno possède sept psychologues, mais seulement deux d’entre eux offrent une liste d’attente, les autres étant complets. Deux autres bureaux ne prennent pas de nouveaux patients et n’ont pas de liste d’attente.

Un autre ne compte pas réactiver sa liste d’attente avant au moins huit mois, peut-être davantage. « Je peux vous confirmer qu’il est rapide de trouver des clients même avec très peu de publicité.

Il est probable que ma liste d’attente soit fermée avant même que j’aie commencé à pratiquer en privé », explique un psychologue qui commence à peine à faire des consultations au privé. C’est le même scénario qui se répète pour les autres cabinets de la région.

Facteurs

La psychologue et présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, docteure Christine Grou, affirme que plusieurs facteurs sont en cause concernant l’augmentation vertigineuse de demandes de consultations en psychologie. « [Avant la pandémie] La majorité des gens dans les grandes métropoles ne sont pas gênés d’aller consulter en psychologie. De plus, ils sont plus éduqués à prendre soin de leur santé psychologique. Et les gens ne trouvent plus de réponse en première ligne, dans le réseau public. Dans beaucoup de CLSC, il n’y en a pas, de services psychologiques. Les gens se tournent alors vers les cabinets privés. Ensuite, il y a la pandémie. Après moins d’un an, on voyait déjà que les psychologues, autant en cabinets que dans le réseau public, étaient surchargés. Les recherches qui étaient faites sur la santé psychologique documentaient les impacts de la pandémie sur la santé mentale. Les bureaux des psychologues se sont remplis. Plus il y avait de vagues, plus il y avait de gens qui cherchaient à aller consulter. »

En quête de solutions

Dre Grou affirme être en quête de solutions. « Il n’y a pas un matin où je ne me lève pas en me demandant par quel bout on va prendre ça et comment on va faire pour donner des services à la population. Il y a des solutions qui ont été réfléchies au fil du temps qui, pour certaines raisons, n’ont pas fonctionné. Mais on continue d’y réfléchir quotidiennement. Cela dit, je pense que la solution à long terme est de faire de l’éducation psychologique, de la prévention dans les écoles et très tôt dans la vie. Il va falloir regarnir la première ligne et, après ça, il va falloir repenser la façon de donner les services et de les rendre accessibles rapidement. »

Les listes d’attente

Les listes d’attente n’en finissent plus et cela semble difficile pour tout le monde. « Être sur une liste d’attente, ça ne fait pas de bien à personne. Ce que l’on ne soigne pas, malheureusement, va souvent s’aggraver ou dégénérer, explique la psychologue. Ce que les psychologues ont trouvé difficile, c’est d’avoir des personnes qui étaient en détresse et de ne pas être capables de leur donner de place. Quand tu es formé pour soigner, que tu es déjà plein à craquer, que tu es obligé de fermer ta liste d’attente et que tu ne peux pas répondre aux besoins, c’est difficile. »

Réseau public

« Dans le réseau public, actuellement, il y a un problème d’attraction et de rétention des psychologues. Pour les nouveaux diplômés, le privé est plus attrayant. Il y a deux enjeux qui ont été largement adressés dans les derniers mois, et ce sont les conditions d’exercice dans le réseau public et les conditions salariales. Il va falloir s’attarder à ces deux éléments-là », conclut-elle.