Un projet modifié pour reformer l’union

Un projet de résolution proposée, mais reportée, sur la protection d’un boisé jouxtant le parc national du Mont-Saint-Bruno, a cette fois été adopté lundi, à la séance du conseil municipal de Saint-Bruno.

L’unité du Parti montarvillois, dont Martin Murray, maire de Saint-Bruno-de-Montarville est le chef, s’était fissurée le 16 janvier lors de la séance du conseil municipal.

Marilou Alarie et trois autres membres élus du parti de M. Murray ont été désavoués par le maire et Jacques Bédard, un conseiller du même bord politique.

Mme Alarie, comme les membres de la majorité, souhaitait voir limiter, ce soir-là, une aire de construction et d’aménagement à proximité du parc national du Mont-Saint-Bruno à 30 % de la superficie du terrain situé sur la rue de Montpellier afin de protéger l’espace boisé. Cette limite était fixée à 40 % dans le texte à modifier.

M. Murray et M. Bédard avaient préféré suivre la contre-proposition faite par Thérèse Hudon, conseillère du district 1 et chef de l’Alliance municipale, parti de l’opposition, pour reporter cette résolution sur laquelle même l’administration montarvilloise était opposée.

M. le maire avait alors expliqué sa décision en indiquant au journal qu’il avait voté contre « par respect avec l’opposition afin que ses élus puissent avoir toute l’information. Ce report nous permettra d’étudier en profondeur la question en nous laissant le temps de procéder à des vérifications supplémentaires. »

« La dernière fois, on parlait de pourcentage, cette fois, ce sont nos services qui ont écrit le règlement aujourd’hui. » – Martin Murray

Lundi dernier, un nouveau projet de règlement a été présenté avec cependant quelques ajustements. Le nouveau texte a supprimé toutes indications de pourcentage et a souligné que le terrain à construire sera « limité en fonction des caractéristiques naturelles du site », et qu’il faudra désormais à toute construction sur ce site une « profondeur des terrains suffisante pour assurer la conservation d’une importante bande boisée ».

« Qui a préparé le projet de résolution cette fois-ci? Est-ce nos services, car ils étaient défavorables à la résolution en janvier? » s’est interrogée Mme Hudon.

« La dernière fois, on parlait de pourcentage, cette fois, ce sont nos services qui ont écrit le règlement aujourd’hui », a alors répondu le maire, se sentant prêt cette fois-ci à appuyer la résolution.

M. Bédard, lui aussi, a décidé d’appuyer le projet pour les mêmes raisons.

Mme Hudon a demandé cependant de reporter de nouveau le projet d’amendement aux motifs « que plusieurs points sont nébuleux, qu’ils peuvent être sujets à interprétation. Rien dans le projet de règlement n’est clair et on nous demande de l’adopter alors qu’il n’a même pas été discuté en assemblée plénière. Je propose donc qu’on reporte ce projet pour qu’on en discute à fond. »

Pour André Besner, conseiller indépendant de l’opposition du district 5, le projet est trop complexe pour ne pas prendre son temps de l’adopter.

« Il y a 113 éléments qui composent le projet. Il suffit qu’il y en ait 1 ou 2 qui ne soient pas conformes pour le propriétaire et on va encore tourner en rond. La proposition de Mme Hudon est très bien fondée », a-t-il expliqué pour mentionner qu’il voterait pour la demande de Mme Hudon de reporter le vote.

C’est au final à la majorité des voix des élus du Parti montarvillois que le projet de règlement a été voté. Rien n’est plus certain cependant quant à la manière dont il sera appliqué.

L’ancien propriétaire abandonne

L’ancien propriétaire des lieux, André Lesage, envisageait de construire plusieurs maisons sur le terrain en question que lui avait concédé la ville en échange du boisé Tailhandier, dont il était l’unique propriétaire. Il attendait depuis 25 ans afin de pouvoir construire sur son terrain, en vain. Finalement, M. Lesage a mis un terme à son aventure immobilière à Saint-Bruno en vendant récemment l’endroit, sur la rue de Montpellier, à COGIR, dont le président est Mathieu Duguay, un citoyen de Saint-Bruno dont le groupe a récemment acquis l’ancien site de Natrel au centre-ville.

Lorsque le journal a contacté le nouveau propriétaire, ce dernier n’avait pas encore lu en détail le récent projet de règlement qu’il venait de recevoir. « Je souhaite pour l’instant prendre connaissance du document et rencontrer l’administration de la Ville avant de me prononcer sur le sujet », a indiqué au journal M. Duguay.