Un processus qui ne fait pas l’unanimité
Travaux dans le secteur Pont-de-Pruche à Saint-Basile-le-Grand
Une centaine de Grandbasilois ont assisté à l’assemblée publique d’information sur la présentation des travaux et du règlement d’emprunt pour la réfection des infrastructures dans le secteur du Pont-de-Pruche. La rencontre se déroulait mercredi dernier au Centre civique Bernard-Gagnon.
Les citoyens ont grandement répondu à l’invitation reçue par courrier. Environ 80 % de l’ensemble des gens dans la salle résidaient dans le secteur concerné, le « secteur à prioriser » dans l’ensemble du territoire, selon le maire de Saint-Basile-le-Grand, Bernard Gagnon.
Le conseil municipal avait mandaté pour l’occasion la firme Grisvert afin d’assurer l’animation et la présentation de l’ensemble de la situation du secteur Pont-de-Pruche. Pendant cette assemblée de plus de deux heures, il a été question des travaux projetés en différentes phases, des particularités du projet, de l’échéancier, des coûts et des impacts financiers.
Rappelons que des travaux de réfection des infrastructures d’une valeur de 100 millions sont à prévoir sur le territoire de Saint-Basile-le-Grand, et ce, pour les 20 prochaines années.
« Nous ne sommes pas trop d’accord sur ce qui se passe. » – Marc-André Phaneuf
Le directeur général de la municipalité, Jean-Marie Beaupré, a pris la parole pour présenter le projet dans sa globalité. Il a d’abord rappelé que plusieurs infrastructures des secteurs qui seront en construction au cours des années à venir étaient vieillissantes, qu’elles avaient atteint leur durée de vie et qu’il y avait aussi présence de fossés, soulignant par le fait même que des résidences risquaient de plus en plus de perdre de la valeur. « Il y a aussi la question de maintenir les services de base, la voirie, l’aqueduc, les égouts », de souligner M. Beaupré.
Sondage
Un sondage téléphonique conduit en mai 2015 a permis au conseil municipal de mesurer l’opinion publique quant à la répartition des investissements pour la réfection des infrastructures dont les coûts seraient imputés à l’ensemble de la population. En somme, 67,8 % des 400 répondants se sont dits en faveur. Vu l’ampleur des travaux envisagés, le conseil a pris la décision que le financement sera dorénavant imputé à l’ensemble de la population sur tous les règlements d’emprunt relatifs aux travaux d’infrastructures (aqueduc, égouts, chaussée), sauf pour les nouvelles constructions de rues. La taxe à l’ensemble de la population serait de 75 $ par année, pour atteindre, au bout de 20 ans, 1 500 $ annuellement. Ces chiffres sont basés sur une évaluation moyenne de 309 000 $. Certaines personnes dans l’assistance ont d’ailleurs réagi lorsqu’elles ont compris qu’il ne s’agissait pas de débourser 75 $ pendant 20 ans; la taxe de 75 $ s’accumule, passant à 150 $, 225 $, 300 $… jusqu’à 1 500 $ lors de la 20 année.
Le directeur général a ensuite dressé une liste d’avantages de cette nouvelle façon de procéder, soit maintenir la valeur du patrimoine, assurer la pérennité des infrastructures et permettre la répartition des coûts au plus grand nombre de citoyens. « Le seul désavantage que j’ai trouvé, c’est le sentiment, pour certains, de payer pour les autres », d’admettre Jean-Marie-Beaupré. « Mais vivre en communauté, c’est cela aussi », a-t-il ajouté.
Les propriétaires du chemin Saint-Louis
Mais des citoyens du chemin St-Louis se sont alors manifestés afin de décrier ce changement. « Nous ne sommes pas trop d’accord sur ce qui se passe », mentionne Marc-André Phaneuf, demandant au directeur général où étaient la justice et l’équité. Rappelons que les propriétaires du chemin Saint-Louis, dont la réfection a été réalisée en 2010-2011, se partagent aujourd’hui 20 % du coût des travaux de l’époque, soit 4 473 800 $, et ce, pour les 15 prochaines années encore. Ce qui correspond à 700 $ en moyenne par année. « Aujourd’hui, nous modifions parce que ça ne fonctionne pas », a répondu M. Beaupré, qui précise au journal qu’il s’agissait d’un taux fixe pour 20 ans avec aucune clause de refinancement à 4,12 %. « Il s’agit d’une proposition que nous avons eue dans le cadre d’un programme gouvernemental qui garantit le taux d’intérêt pour 20 ans. La dette est payée en fonction d’une taxe spéciale sur l’étendue en front de chacun des terrains. »
Marc-André Phaneuf souhaitait déposer une pétition contenant le nom de plusieurs résidants du chemin Saint-Louis, mécontents de la direction que prenait la municipalité dans le partage des coûts des travaux de réfection des infrastructures, mais M. Beaupré lui a suggéré d’attendre la prochaine séance régulière (6 février), pour un meilleur impact.
Pour sa part, Léo Beaudoin, également du chemin Saint-Louis, a dit que la Ville était en train de « changer les règles du jeu ».
L’ingénieur chargé de projets, Guillaume Grégoire, pour les travaux projetés, ainsi que le trésorier de la Ville, Normand Lalande, pour les coûts et les impacts financiers, ont ensuite pris le relais pour parler de la réfection du secteur Pont-de-Pruche plus en détail. Les premières réfections majeures seraient effectuées de la rue Boileau à la rue Lafrance Est, entre la voie ferrée et la rue Principale. Les travaux prévus consistent notamment en l’aménagement d’un bassin de rétention des eaux pluviales et la construction d’une station de pompage; au remplacement des réseaux d’aqueduc et d’égout sanitaire; à la canalisation des fossés et l’installation d’un réseau d’égout pluvial; au remplacement des entrées de service (aqueduc, sanitaire et pluvial); à la reconstruction des fondations de rue et du pavage; à l’aménagement d’une piste multifonctionnelle, ainsi qu’à l’aménagement paysager et l’installation de lampadaires décoratifs.
Des travaux en trois phases
L’estimation des coûts totalise à ce jour 31 780 000 $. Les travaux seraient effectués en trois phases, s’amorçant plus tard en 2017. La phase 1 consisterait à réparer les rues Boileau, André, Beaudoin, Laporte (entre les rues Boileau et Taillon Est) et Taillon Est (entre les rues Principale et Laporte). La phase 2 serait consacrée aux travaux sur les rues Laporte (entre les rues Taillon Est et Olier), Saint-Jean, Olier et Bourgon. Enfin, la phase 3 se concentrerait sur les rues Taillon Est (entre les rues Laporte et Curé-Marsan), Doucet, Lamarre, Rocheleau, Lafrance Est et Curé-Marsan. Certaines rues seront élargies de deux mètres.
Guillaume Grégoire a aussi annoncé que certains citoyens du secteur seraient rencontrés par la Ville pendant le processus, pour parler d’acquisitions de parcelles de terrains et de servitudes.
Les préoccupations des citoyens du secteur concernaient davantage les travaux que les coûts reliés à ceux-ci. Pendant que certains demandent l’ajout de trottoirs, d’autres se posent beaucoup de questions sur le bassin de rétention d’eau, qui sera clôturé et sécuritaire, assure la Ville, mais situé dans un parc pour enfants. Un citoyen de la rue Taillon Est appréhende l’assèchement de la nappe phréatique qui pourrait entraîner le craquement de son solage, alors que Sophie Bonin, de l’Action pour un environnement sain (APES), aurait aimé en savoir davantage sur le déménagement des jardins communautaires. Ceux-ci seraient relocalisés au parc des Cheminots.
Enfin, le maire Bernard Gagnon a pris la parole, assurant que les membres du conseil municipal allaient discuter ensemble des différents points de vue et commentaires émis au cours de la soirée et qu’ils apporteraient des réponses aux questions des gens, entre autres les propriétaires du chemin Saint-Louis, le plus rapidement possible : « La totalité de vos commentaires a été prise en note. La réunion de ce soir avait pour but de vous entendre, de vous écouter, et à la fin, de bonifier ce projet. » Il était accompagné au cours de cette soirée des conseillers Line Marie Laurin, Jacques Fafard, Normand Dieumegarde, ainsi que Maurice Cantin.


