Un processus qui fait jaser
Budget participatif
Le processus de budget participatif n’a pas fini de faire couler l’encre à Saint-Basile-le-Grand. En effet, le sujet a été au cœur des discussions lors de la dernière Parole aux Grandbasilois, tenue à l’assemblée du conseil municipal du 3 avril.
Si la décision du conseil municipal de ne pas aller de l’avant avec le projet de salle communautaire à l’église a été un choc pour les membres de la fabrique, dont la présidente, Josée LaForest, qui avait proposé le projet appuyé par la Société d’histoire de Saint-Basile-le-Grand, elle a aussi fait réagir la population, à qui s’adresse le budget participatif.
À la suite de l’article paru dans Les Versants du 29 mars dernier (« Le projet le plus populaire ne passe pas au conseil », page 3), quelques citoyens se sont présentés à l’assemblée du conseil municipal pour s’interroger sur le sérieux du processus de budget participatif, dont Claude Poliquin, Claudio Polonia et Robert Lapierre.
Devant le conseil municipal, M. Poliquin a demandé : « Sur quoi le groupe, le comité du budget participatif, se base-t-il pour évaluer les projets? » Lors du plus récent budget participatif, il y a un an, Claude Poliquin avait proposé le rajeunissement des terrains de soccer (coût estimé à 180 000 $). Mais son idée, d’après ses calculs, ne dépasse pas 40 000 $.
Comité de travail
Le comité de travail du budget participatif est formé de deux membres du conseil municipal, de quatre membres du personnel municipal et de quatre Grandbasilois bénévoles : le maire Bernard Gagnon, le conseiller municipal Normand Dieumegarde, le directeur général Jean-Marie Beaupré, le trésorier et directeur général adjoint Normand Lalande, le directeur du Service des loisirs, de la culture et de la vie communautaire Martin Latulippe, la coordonnatrice aux communications Hélène Pichette, la conseillère au MAMOT Claudine Beaudoin, la technologue en architecture Mélodie Desmarais, le président de la Société d’histoire, bénévole impliqué aux comités consultatifs de développement culturel (Ville et MRCVR), d’urbanisme et à ce comité de travail (1, 2 et 3 processus) Richard Pelletier, ainsi que le bénévole impliqué au comité de développement culturel, au comité organisateur du Marché champêtre de Noël et à ce comité de travail (2 et 3 processus) Louis Ricard.
Fait à noter, le projet présenté par Claudine Beaudoin (membre du comité de travail), Jean-Paul Léonard et Margot Loiselle, soit des bancs reposants et des lutrins inspirants à l’intersection de la rue Principale et de la rue Jasmin, ainsi qu’à l’intersection de la montée Robert et de la rue du Curé-Marsan, s’est retrouvé parmi ceux qui ont été retenus en octobre 2016.
« Il n’y avait aucune règle stipulant qu’un membre du comité ne pouvait pas présenter de projet. » -Jean-Marie Beaupré
Tout comme trois projets présentés par Louis Ricard : la création de vitraux à l’aréna Jean-Rougeau, la sécurisation d’un passage piétonnier sur la montée des Trinitaires, ainsi que la construction d’un pavillon sanitaire aux abords de la rivière Richelieu. Cette dernière idée, proposée par les membres du comité de travail Mélodie Desmarais et Louis Ricard, ainsi que Francine Ménard et Norman Perreault, sera réalisée en remplacement de la salle communautaire en haut de la sacristie.
Une autre suggestion de Mélodie Desmarais, soit la mise en place de bornes de réparation et d’entretien de vélos aux parcs du Ruisseau, des Trinitaires et Prudent-Robert, apparaît également parmi les 17 projets retenus du 3 budget participatif. La Municipalité, quant à elle, avait reçu 33 projets pour l’ensemble de la population.
En 2015, lors du 2processus de budget participatif, Louis Ricard, Carmen Lacombe et Normand Perreault avaient recommandé l’aménagement d’une aire de détente avec installations sanitaires familiales et accessibles, arbres, supports à vélo, jeux et fontaine à boire au stationnement municipal du parc Prudent-Robert. Une idée qui s’était placée au troisième rang des projets les plus populaires, derrière l’acquisition d’un projecteur, d’un écran et d’autres accessoires dans le but d’en faire un projet de ciné au grand air au cœur du Village, ainsi que l’amélioration des terrains de soccer du parc de la Seigneurie.
En 2014, lors de la 1 tentative de budget participatif, Josée LaForest et Richard Pelletier imaginent la création d’une place publique pour un lieu de repos, de rencontres, d’activités culturelles et de visites patrimoniales mettant en valeur le noyau villageois. Ce projet sera sélectionné parmi les plus populaires et verra le jour sous le nom de place des Générations.
Lors du 3 budget participatif, Richard Pelletier proposait l’implantation d’une zone d’accès à un réseau sans fil au cœur villageois de la place des Générations.
Mentionnons toutefois que ces projets, bien qu’ils soient retenus en vue du vote de la population, n’ont pas tous été réalisés.
Questionné sur le dossier de ces projets présentés par des membres du comité, le directeur général de Saint-Basile-le-Grand, Jean-Marie Beaupré, répond : « D’une part, il n’y avait aucune règle stipulant qu’un membre du comité ne pouvait pas présenter de projet. Si ces gens en présentent autant, cela est probablement signe de leur implication pour faire de ce mode de participation citoyenne un succès. Ceci étant, c’est une des choses que nous entendons discuter pour le prochain cycle. Je ne sais pas si nous autoriserons ou pas, mais cela va faire partie des discussions. »
Claudio Polonia se questionnait lors de la Parole aux Grandbasilois : « Pourquoi le projet d’aménagement de la salle communautaire se retrouve-t-il dans la liste des projets acceptés, mais qu’ensuite la Ville décide de le retirer en raison d’un des critères principaux? Je me questionne sur le sérieux du processus; je pense qu’il y a du ménage à faire dans la structure du processus. »
Jean-Marie Beaupré ajoute : « Les projets sont analysés en fonction d’une grille de critères relativement objectifs. Lorsque nous discutons d’un projet soumis par un membre, nous demandons à celui-ci de ne pas y participer. Encore là, le tout fera l’objet de révision. Les projets n’ayant pas été retenus ne répondaient pas aux critères de base simplement, aucun lien avec la présence de personnes ayant soumis des projets. »
Lors de l’assemblée du 3 avril dernier, le conseil municipal a d’ailleurs rappelé que ce sont les citoyens qui votent en faveur des projets les plus populaires. Ç’a été le cas pour la place publique (2014), le ciné grand air et l’amélioration des terrains de soccer du parc de la Seigneurie (2015). La configuration de passages sécurisés sur la route 116 (2014), l’installation d’un module d’escalade (2015), l’aménagement d’un circuit pour voitures téléguidées (2016) et la construction d’un pavillon sanitaire aux abords de la rivière Richelieu (2016) restent à être réalisés.
Un éventuel 4e budget participatif a été reporté pour l’année 2017 afin, notamment, que le groupe de travail puisse s’asseoir et en revoir les règles. L’idée est d’« améliorer le processus, prendre un temps mort et le réviser », expliquait le directeur général, Jean-Marie Beaupré.


