Un jeune de 16 ans témoigne du débordement

Fête nationale à Saint-Basile-le-Grand

Un jeune homme de 16 ans, qui s’est retrouvé dans l’action à la suite de la fête nationale à Saint-Basile-le-Grand, a répondu aux questions du journal afin d’expliquer, d’après son point de vue, ce qui s’était déroulé dans la nuit du 23 au 24 juin.
Cet adolescent, dont nous allons préserver l’anonymat, a entamé la soirée du 23 juin installé sur la butte, derrière l’aréna Jean-Rougeau, avec ses amis, afin d’avoir une meilleure vue sur les feux d’artifice. À la fin de ceux-ci, les organisateurs ont fermé le site afin que tous quittent les lieux. Selon lui, tout le monde s’amusait. « À minuit, les policiers nous ont demandé de quitter la butte. Les jeunes sont descendus dans les rues et c’est à ce moment qu’il y a eu un peu plus d’énergie. La police commençait à sortir les jeunes plus agressivement », raconte-t-il.

« À minuit, les policiers nous ont demandé de quitter la butte. Les jeunes sont descendus dans les rues et c’est à ce moment qu’il y a eu un peu plus d’énergie. La police commençait à sortir les jeunes plus agressivement. » – Un jeune de 16 ans

Pendant ce temps, dans la foule, des rumeurs d’open-house dans les environs se faisaient entendre. « Tout le monde voulait s’y rendre. À ce moment-là, il devait y avoir 1 500 personnes. Une escouade de policiers à vélo est arrivée et les agents ont aspergé certains jeunes de poivre de cayenne. Plusieurs ont alors considéré de partir. J’ai un ami qui a reçu du poivre dans les yeux », se souvient l’adolescent, qui a vu cinq de ses amis être arrêtés cette nuit-là. « Ils ont été arrêtés alors qu’ils essayaient seulement d’aller récupérer leurs vélos. »
Selon lui, il y a eu de l’action pendant longtemps. Il a été témoin de jeunes qui se sont battus entre eux dans les rues. Toujours d’après lui, la plupart des contrevenants étaient âgés de 14 à 19 ans. Plusieurs provenaient de Saint-Basile-le-Grand, mais apparemment, il y en avait aussi beaucoup de Montréal. « Ce n’était pas des p’tits jeunes. Ça va peut-être sembler bizarre ce que je dis, mais ils sonnaient comme du monde de Montréal. Ils n’agissaient pas comme s’ils restaient dans les environs. »
Il a vu aussi des jeunes qui étaient sous l’influence de l’alcool, ce qu’il a de la difficulté à s’expliquer. « Les policiers sur place contrôlaient l’alcool. Je me suis fait fouiller mon sac avant de me rendre sur la butte », de poursuivre celui qui demeure à Saint-Bruno-de-Montarville. Rappelons que les jeunes ont lancé des canettes et des bouteilles de bière aux policiers durant cette nuit de confrontations. D’où venaient-elles si les policiers fouillaient les sacs?
« Qu’est-ce qui a attiré ce mouvement de masse à Saint-Basile? Je sais que chaque année, les adolescents discutent entre eux afin de savoir à quel endroit ils finiront la soirée tous ensemble. Ils choisissent une place en particulier. C’est souvent ce qui arrive. L’année dernière, c’était à Beloeil. Et je sais que cette année, les lois ont été resserrées et la présence policière accrue dans cette ville. Mes amis et moi avons donc décidé de ne pas nous y rendre, de crainte de ne pas pouvoir nous amuser. Je pense qu’à Saint-Basile, la police est intervenue beaucoup trop fortement. Plusieurs n’ont pas aimé et ont décidé de répondre par de la mauvaise conduite. Ils avaient du plaisir à défier les agents de police. »