Un hangar désaffecté saccagé régulièrement

Un hangar désaffecté dans le quartier du Sommet Trinité est saccagé fréquemment par des jeunes qui s’y donnent rendez-vous.
Le quartier du Sommet Trinité, un endroit cossu à Saint-Bruno-de-Montarville, est un quartier niché dans la montagne, caché par une végétation luxuriante.
Et pourtant, sur les flancs du parc national du Mont-Saint-Bruno, aux abords du Collège Trinité, se cache un hangar désaffecté, où les déchets et les gravats font de l’endroit un véritable dépotoir. Pire encore, l’endroit laissé à l’abandon par ses propriétaires sert de repaire, de lieu de rencontre, à des jeunes qui vandalisent le bâtiment. Plusieurs traces de feux volontaires sont visibles, des feux qui seraient fréquents, selon les résidants voisins.
« Cela se passe quasiment tous les soirs. Ils graffitent sur les bâtiments et brûlent des bombes aérosol dans des barils en métal. J’habite à côté, je suis inquiet pour le feu. Un jour, le bâtiment va s’enflammer et avec la végétation, cela ne mettra pas de temps à se propager. Cela fait deux ans que c’est comme ça », explique Luc Bégin, un résidant du quartier exaspéré. Après plusieurs appels à la Ville, on lui a répondu que le hangar avait reçu un permis de démolition.

« C’est dans les mains de la police et dans la main de la justice; alors, que le monsieur nous sacre patience. » – Père Jean-Marc Pelletier

« J’ai averti tout le monde de la dangerosité de cet endroit et la seule chose qu’ont fait les propriétaires, c’est de mettre une petite pancarte sur le bâtiment pour dire que c’est un endroit privé. Bien évidemment, cela n’a rien arrêté. Je suis venu un soir et j’ai dû moi-même éteindre un feu dans un baril. Parce que je coupais un petit arbre qui poussait sur mon terrain et qui se pliait facilement, la Ville m’a donné une contravention de 425 $. Ici, nous avons un endroit dangereux et des herbes hautes qui facilitent la propagation de la maladie de Lyme et rien ne se passe», explique le citoyen.

La police ne vient plus

Le père Jean-Marc Pelletier, porte-parole de l’Ordre de la Très Sainte Trinité à Saint-Bruno, connaît la situation et dit avoir appelé la police à plusieurs reprises. « Cela fait plusieurs fois que la police vient. Elle ne se déplace plus. Elle ne veut plus s’en occuper, même si des jeunes ont déjà été arrêtés à l’intérieur. On a dépensé plusieurs milliers de dollars pour empêcher ces enfants de venir échanger de la drogue dans nos hangars. À deux reprises, on a tout barricadé. Ils ont enlevé les tôles, défoncé les portes. C’est dans les mains de la police et dans la main de la justice ; alors, que le monsieur nous sacre patience (sic) », indique-t-il. Il prétend également que le hangar devrait être bientôt démoli. La Ville aurait donné son autorisation.
La police confirme qu’elle a été appelée à deux reprises lors des trois derniers mois, mais qu’elle n’a pas procédé à des arrestations. Le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) a précisé qu’il se déplacé dès qu’il recevait un appel d’un citoyen. La police a confirmé que le bâtiment visé devrait être démoli.
Marilou Alarie, conseillère municipale, responsable de l’urbanisme, n’a pas été en mesure de confirmer l’information aux Versants et n’avait pas été mise au courant de cette problématique. « Je n’étais pas au fait qu’il y avait une problématique à cet endroit. Il n’y a pas eu de plainte à la Ville qui a été déposée. Aucun citoyen ne m’en a parlé. C’est le mandat de la police de Longueuil de maintenir l’ordre et le respect des règlements municipaux. La dernière fois que j’ai vu ce bâtiment, il était en très bon état, car il était exploité. Je compte sur la bonne foi des pères trinitaires pour faire le nécessaire », explique la conseillère.

Anciennement bien fréquenté

Ce hangar servait à une contractuelle qui s’occupait de l’endroit en préservant les pommiers et en proposant des paniers de légumes hebdomadaires aux citoyens. Un projet de la relève agricole permettant à des jeunes en difficulté de se réinsérer dans la société avait même été mis en place. Un contrat avait été signé avec les propriétaires des lieux pour exploiter le hangar, mais les religieux n’ont pas souhaité poursuivre cette entente, laissant le bâtiment et le verger inutilisés et maintenant inutilisables.
« Le verger n’est pas exploité, car les pommes ne sont pas mangeables. On n’a plus le droit d’arroser avec des produits chimiques. On a des voisins tout le tour. Si on arrose, les voisins se plaignent qu’on utilise des produits chimiques et ils nous disent qu’on n’est pas verts ou des choses comme ça. Il y a en plus des écoles de chaque côté du verger », de conclure le père Pelletier, un peu énervé par la situation.