Trop d’heures et trop d’élèves

Manifestation des enseignants

Les enseignants et le personnel de soutien scolaire de la Commission scolaire des Patriotes (CSP) ont manifesté jeudi, à l’appel du Syndicat de Champlain (CSQ), sur le pont Jordi-Bonet, entre Beloeil et Mont-Saint-Hilaire. Les contestataires ont dénoncé la volonté du gouvernement de modifier leur convention collective de la mauvaise façon. 

« On change de ministre de l’Éducation et on ne parle plus d’enseignement! Nous sommes là pour montrer que l’éducation est une priorité », explique Éric Gingras, président du Syndicat de Champlain. Ils ont été plus de 300 à défiler pour dénoncer leurs conditions de travail, mais aussi pour rappeler que tous les Québécois sont concernés par les réformes à venir. 

« Dans le cadre de la négociation, non seulement la partie patronale veut augmenter de trois heures le temps de présence physique à l’école (de 32 à 35 heures), mais elle souhaite également mettre fin au temps de travail de nature personnelle des enseignants en repoussant, à l’extérieur, le travail de correction et de préparation de cours qui leur est actuellement reconnu et lui substituer une tâche assignée par la direction », dénonce M. Gingras. 

Le dirigeant syndical, qui représente les 5 200 enseignants et le personnel de soutien de la CSP, désire aussi alerter les parents. « Le gouvernement souhaite augmenter le nombre d’élèves par classe et diminuer le nombre d’heures de services pour les élèves en favorisant ainsi la sous-traitance », précise M. Gingras, qui cherche à obtenir le soutien des parents. 

Prolongation des récréations et journées silencieuses

Depuis l’automne dernier, les membres du syndicat ont exprimé leur colère par diverses actions de visibilité et de sensibilisation: publicités radio, affichage, autocollants, port d’un brassard, rassemblements à l’heure du dîner, etc.

Or, depuis déjà une semaine, les membres du syndicat intensifient leurs actions de mobilisation dans les établissements et augmentent la pression, notamment par le prolongement de dix minutes de certaines récréations. Des journées silencieuses sont aussi tenues par le personnel de soutien scolaire, en réponse à l’indifférence patronale aux tables de négociation quant à leurs demandes.

Le syndicat convoquera l’ensemble de ses 10 000 membres en assemblées générales au cours des prochaines semaines pour les consulter quant à l’adoption d’un deuxième plan d’action, qui devrait inclure des moyens de pression plus perturbateurs.