« Trois ans et demi pour voir un dermatologue »

La Coalition avenir Québec (CAQ) dénonce le manque de dermatologues en Montérégie.

« Plus de 1500 patients attendent pendant des mois en Montérégie pour consulter un dermatologue, certains peuvent attendre plus de trois ans et demi. Gaétan Barrette doit commander un portrait de la situation et réduire les délais d’attente pour ces milliers de patients », a dénoncé le 3 avril François Paradis, député de Lévis et porte-parole de la CAQ en matière de santé.

La formation politique a dénombré, dans l’est de la région de la Montérégie, que 1571 patients étaient en attente pour consulter un dermatologue. En vertu de données obtenues par la Loi sur l’accès à l’information, la CAQ dénonce que le ministère de la Santé ne détient aucune donnée sur le nombre de patients en Montérégie-Ouest qui attendent pour une consultation. En Montérégie-Centre, la CAQ prétend même qu’il n’y a tout simplement aucun dermatologue en poste.

Au Québec, il s’agirait de 36 000 patients qui attendent pour obtenir une consultation avec un dermatologue.

« Plus de 1500 patients attendent pendant des mois en Montérégie pour consulter un dermatologue, certains peuvent attendre plus de trois ans et demi. » – François Paradis

« Inacceptable! »

« C’est inacceptable! Les dermatologues offrent des services essentiels et traitent de problèmes sérieux. On ne peut pas jouer ainsi avec la santé des patients qui vivent en Montérégie. Nos familles méritent d’avoir accès à un dermatologue dans des délais raisonnables, où qu’elles se trouvent. Le ministre doit immédiatement se saisir du dossier et fournir un portrait régional pour la Montérégie », a soutenu M. Paradis.

Nathalie Roy, députée caquiste de Montarville, joint sa voix à celle de son collègue. « Nous avons ici un autre exemple éloquent du sous-financement chronique de la Montérégie en santé, affirme-t-elle. En 2014-2015, ce déficit était de 137 millions de dollars; malgré de légers réinvestissements, ce manque à gagner reste trop important et a une foule d’impacts négatifs », explique la députée.

« Nous avons ici un autre exemple éloquent du sous-financement chronique de la Montérégie en santé », affirme Nathalie Roy. « En 2014-2015, ce déficit était de 137 millions de dollars; malgré de légers réinvestissements, ce manque à gagner reste trop important et a une foule d’impacts négatifs », explique la députée.

Constat différent du ministère

Le constat fait par le ministère de la Santé est cependant différent. En s’appuyant sur le Plan d’effectifs médicaux (PEM) 2017, en vigueur du 1 décembre 2016 au 30 novembre 2017, il y a actuellement en Montérégie-Centre 4 postes de dermatologues effectifs et deux vacants, soit plus qu’en Montérégie-Ouest et en Montérégie-Est.

« Il est donc faux de dire qu’il n’y a pas de dermatologues en place en Montérégie-Centre. Ce sont les établissements qui sont responsables du recrutement de leurs médecins spécialistes et qui gèrent les listes d’attente », de préciser Caroline Gingras, porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Le ministère semble cependant confirmer le manque de spécialistes en région. « Nous estimons que de 2016 à 2020, 43 nouveaux dermatologues s’installeront au Québec. L’ajout brut de dermatologues par année sera de 9, et ce, jusqu’en 2020. Actuellement, il y a 23 postes vacants au Québec », indique Mme Gingras.

Pour remédier à cette problématique, le ministère précise que pour ce qui est de la formation, « le nombre de postes offerts en résidence en dermatologie correspond au maximum des capacités d’accueil des milieux cliniques. Le nombre de postes de résidence offerts dans les programmes de formation postdoctorale en dermatologie varie annuellement et a plus que doublé au cours des 10 dernières années, passant de 5 postes offerts en 2006-2007 à 11 postes offerts en 2015-2016. Tous les postes de résidence en dermatologie sont habituellement pourvus. » De plus, la dermatologie « est une discipline ciblée pour un recrutement prioritaire, ce qui permet à des Québécois de se former dans cette discipline aux États-Unis, et également aux centres hospitaliers du Québec de recruter des médecins diplômés hors du Canada et des États-Unis sous permis restrictif ». Quant aux postes de dermatologues en région, qui se font plus rares encore, le ministère indique que « ce sont les établissements qui sont responsables de la dotation en personnel. Il existe tout de même des mesures pour inviter les médecins à s’installer en région, comme les primes d’éloignement. »