Tous les regards tournés vers le lac du Village

Une citoyenne de Saint-Bruno a relancé le débat autour de l’entretien du lac du Village qui se meurt en déposant la semaine dernière une pétition au conseil municipal de Saint-Bruno. Après plusieurs années d’inaction, les élus semblent vouloir désormais agir.

Depuis au moins 2006, Saint-Bruno-de-Montarville voit les algues vertes envahir progressivement ses plans d’eau comme les lacs du Ruisseau et du Village.
Il y a deux semaines, comme nous l’indiquions dans notre édition du 10 juin, Ève Poirier, une citoyenne de Saint-Bruno a poussé un cri du cœur en disant que la situation avait assez duré et qu’il fallait agir.

À près d’une année des élections municipal, et devant la mobilisation citoyenne qu’a suscité la pétition lancée par Mme Poirier, le message semble avoir été entendu par l’ensemble des élus.
Lors de la dernière séance du conseil municipal, tous ont été en accord pour dévoiler dès que possible, toutes les études et les documents en rapports avec le lac du Village que la Ville a en sa possession et qu’elle n’avait jamais voulu rendre public.

Tous les élus ont salué l’engagement de Mme Poirier dans son initiative. Le conseiller indépendant du district 4, Ludovic Grisé Farand a été le premier a demandé d’ajouter un point à l’ordre du jour pour rendre public une étude faite en 2017 par le groupe Hémisphère concernant le lac du Village.  Une proposition bonifiée par Isabelle Bérubé, conseillère du Parti montarvillois dans le district 5, qui a proposé d’élargir la chose à l’ensemble des documents se rapportant au lac du village « pour un plus grande  transparence. » C’est à la quasi unanimité que le vote a été favorable à cette mesure. Seul Jacques Bédard, conseiller indépendant du district 7, s’y est opposé souhaitant ne pas faire d’exception à cette situation en diffusant des documents qui normalement ne sont pas publics. Il a également montré son inquiétude face à une récupération politique de la situation.

Un point de vue partagé par M. Grisé Farand. « Espérons que le mouvement de Mme Poirier restera citoyens. » D’autres conseillers ont demandé cependant de faire attention à la divulgation des documents qui peuvent être parfois complexe à lire. « Il faudra être accompagné dans le lecture d’un tel document qui fait 90 pages », a préconisé Marilou Alarie, conseillère indépendante du district 6. Un argument appuyé par Caroline Cossette, conseillère indépendante du district 3 qui prévoit suite à la diffusion des études « beaucoup de questions. Il faudra être patient. »

Un plan versus une action immédiate
Le maire de Saint-Bruno, Martin Murray souhaitait qu’une action se mette en place immédiatement. Un règlement à cet effet a été proposé pour donner le mandat à la firme BioService au coût de 24 000 $. « On peut marcher et manger de la gomme en même temps. Il faut avoir une vision résonné des choses. Enlever ces algues, ce sont des centaines de kilos en moins qui se retrouveront au fond du lac. On peut faire une première intervention avant qu’un plan ne soit adopter. Mais nous avons des élus qui se croient experts en environnement. »

La majorité des élus a préféré, plutôt que d’agir sans véritable plan d’action, ne pas voter pour ce ramassage d’algue afin de respecter les études déjà faite et trouver la meilleure alternative afin de trouver des solutions à long terme pour le lac du Village.

Un sujet complexe
Une partie du réseau d’égout pluvial de la Ville se déverse directement dans plusieurs lac de la ville. Dans ces cours d’eau circulent trop souvent pesticides, engrais, savons et autres produits qui ne se marient pas forcément avec la faune et la flore des lacs et rivières et favorisent l’apparition des algues vertes envahissante. Ce phénomène est accéléré pour le lac du Village par le fait qu’il s’agisse d’un lac urbain, entouré d’habitations.

C’est ainsi que le paysage bucolique de l’endroit s’est transformé au fil du temps, en marécage où, dès les premières chaleurs, des odeurs nauséabondes remontent aux narines des résidants habitant à proximité ou des promeneurs.  Depuis 2013, la Ville a diminué l’entretien autour des lacs du Village et du Ruisseau et revitalisé le sentier de gravier au lac du Village (côté du Vieux Presbytère), dans l’objectif d’améliorer la bonde riveraine et ses fonctions filtrantes.

Une étude a été réalisée en 2017 par une firme privée de tout le bassin versant du ruisseau du Moulin pour tenter de dégager des pistes de causes et de solutions. De plus, la Ville est à mettre sur pied un comité de travail interne. En 2018, le Comité consultatif en environnement devait étudier ce dossier dans le but de cibler les actions à prioriser.
Aujourd’hui, le résultat se fait toujours attendre et les citoyens commencent à s’impatienter.