Tous contre le projet de loi du ministre de l’Éducation

Plaidoyer des élus scolaires de la Montérégie contre la fin des élections scolaires

Réunis en conférence de presse aujourd’hui à l’ancienne gare de Saint-Bruno-de-Montarville, la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), les présidents et commissaires du Regroupement des commissions scolaires de la Montérégie (RCSM), accompagnés des présidents et commissaires des commissions scolaires anglophones du territoire montérégien, ont livré un plaidoyer en faveur du maintien de la démocratie scolaire. Les élus scolaires souhaitent prévenir la population des risques que représenterait la fin des élections scolaires, comme l’envisage le gouvernement.

Toute la communauté des élus scolaires de la Montérégie est venue défendre, de manière unanime, le maintien d’élections démocratiques dans le milieu de l’éducation. C’est un premier exercice en la matière qui montre toute la détermination des commissions scolaires à faire entendre leurs voix. « Le gouvernement souhaite abolir les élections scolaires et de ce fait, la démocratie scolaire. Le ministre Blais a indiqué aux médias que les commissaires, nommés, proviendraient du monde municipal, des affaires, des parents et du personnel des écoles. On ne doute pas de la bonne foi de ces gens, mais ils représenteront d’abord les intérêts de ceux qui les ont nommés. De la même manière, pourrions-nous imaginer un maire nommé par un ministre? » s’est indigné Richard Flibotte, vice-président de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) et président de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe.

Le regroupement est prêt à défier le ministère de l’Éducation, son employeur, au profit de l’éducation et de ses électeurs. « Cela fait cinq ans qu’on dénonce les coupes du gouvernement en éducation. Aujourd’hui, toutes les voix s’élèvent pour passer de nouveau ce message. Comment assurer nos responsabilités d’élus redevables à la population sans défier l’autorité ministérielle? C’est ça, des élus scolaires, mais on veut nous retirer ce droit de parole. L’éducation n’est plus une priorité pour ce gouvernement. L’éducation manque de ressources financières. Le seul reproche que fait le ministre de l’Éducation, c’est le faible taux de participation aux élections scolaires », a expliqué Andrée Bouchard, présidente du RCSM.

Le RCSM s’inquiète également de l’impact sur l’équité des services qu’entraînerait le remplacement des élus scolaires par des personnes nommées. « Les élus scolaires ont la responsabilité de répartir équitablement les ressources sur leur territoire. Confier cette responsabilité à un conseil d’administration privé fragiliserait à coup sûr les populations plus précaires », précise sa présidente.

Le ministre de l’Éducation précédent, Yves Bolduc, avait ordonné une enquête à l’encontre de la Commission scolaire des Patriotes (CSP), qui avait dû supprimer l’aide aux devoirs. « L’an dernier, nous avons dû couper l’aide aux devoirs pour répondre aux coupes budgétaires. Le rapport d’enquête a indiqué que nous avions fait le bon choix. Cela montre que les élus connaissent leur milieu et peuvent y répondre de la meilleure façon. La gouvernance actuelle fonctionne bien », rappelle Hélène Roberge, présidente de la CSP.

Les élus scolaires laissent la porte ouverte aux négociations avec le gouvernement. « On lance l’invitation à M. Blais pour qu’il vienne s’asseoir avec nous » de conclure David C. D’Aoust, président de la Commission scolaire New Frontiers.

Le regroupement invite « toutes les personnes qui ont à cœur le système public d’éducation » à le manifester, notamment en signant une pétition pour le maintien de la démocratie scolaire au http://petitiondemocratie.fcsq.qc.ca.