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Depuis la pandémie, la médecine esthétique est en hausse d’au moins 20 % au Québec, estime l’Association des spécialistes en chirurgiens plastique et esthétique du Québec. Est-ce le cas en Montérégie?

La clinique PrimaDerma de Saint-Bruno-de-Montarville remarque une augmentation de la clientèle de 66 % comparativement à la période pré- pandémique. « La clientèle a beaucoup augmenté et la cliente elle-même demande plus de services », explique Audrée Verville, infirmière praticienne et propriétaire de la clinique PrimaDerma. Les patients se présentent en clinique principalement pour rajeunir leur apparence. Il semblerait que le télétravail y est pour quelque chose. « Avec les caméras à haute définition (HD), les gens se voient et prennent connaissance des défauts de leur visage qu’ils ne voyaient pas avant. Mais je leur explique que la HD n’est pas comme l’oeil humain », mentionne l’infirmière praticienne.

Il arrive souvent que des patients ont des attentes irréalistes en ce qui concerne les injections, et ce, en partie à cause des médias sociaux. « Des patientes m’amènent des photos provenant d’internet, mais celles-ci ont souvent des filtres et il y a beaucoup de maquillage. Je leur explique que ce n’est pas possible, que ce n’est pas la réalité. Environ 5 à 10 % des patientes ont des attentes démesurées », mentionne Mme Verville. Lors du premier rendez-vous, l’infirmière praticienne procède toujours à une évaluation psychologique de ses patients afin de mieux comprendre leurs besoins. Il lui est déjà arrivée que des femmes vivant une peine d’amour ou un événement déprimant demandent plusieurs services qui ne résultent pas d’une décision réfléchie. Il arrive régulièrement que Mme Verville refuse de faire certaines injections qui pourrait paraitre exagérer. « Ce n’est pas nécessairement un refus, mais de l’éducation. On travaille ensemble, parfois je vais faire de petits traitements pour commencer. On y va tranquillement. »

« Environ 5 à 10 % des patientes ont des attentes démesurées. » – Audrée Verville

Formations

Les formations pour les produits injectables se déroulent généralement sur trois jours. Mme Verville ne se sentait pas prête à faire des injections après si peu de temps. Elle a suivi diverses formations en Europe et aux États-Unis avant de commencer à offrir ses services d’injectrice. « Tu ne peux pas tout savoir en trois jours. Les complications sont assez rares, mais quand il y en a, il faut savoir quoi faire, il faut être prêt. Même si ça ne m’est jamais arrivée, chaque année, je fais une formation sur les complications », explique l’infirmière. Il existe des effets secondaires liés aux injections tels que des rougeurs, de l’enflure ou de la douleur près du site d’injection. Toutefois, il existe des risques plus sévères, même s’ils sont rarissimes, tels que la nécrose cutanée ou même la cécité.

Lois

Au Québec, les cliniques de médecine esthétique doivent s’affilier avec un médecin notamment pour la prescription des injections. Celles-ci peuvent être administrées que par un médecin ou une infirmière. « Le médecin qui a rédigé une ordonnance d’injections à des fins esthétiques (toxine botulinique, agent de comblement ou autre) doit être accessible et disponible dans les délais requis (dans les 15 minutes suivant l’injection) pour assurer la prise en charge d’une réaction adverse », peut-on lire dans le guide de l’exercice de la médecine esthétique par le Collège des médecins du Québec. 

Soins

Les cliniques de nature esthétique offrent divers soins dont le plasma riche en plaquettes. Ce soin est utilisé pour des traitements capillaires, réduction des rides, atténuation des cernes creux, des vergetures et des cicatrices. Il y a également les agents de comblement comme l’acide hyaluronique qui remplit les espaces intercellulaires (entre les cellules) ce qui contribue à augmenter la densité et la fermeté de la peau, à favoriser son hydratation et la cohésion des tissus, ce qui donne une apparence plus jeune. Et la populaire toxine botulique, connu sous le nom de Botox®, est un neuromodulateur, agissant sur la force du muscle.