Témoignage d’un ex-fumeur

Semaine pour un Québec sans tabac

Dans le cadre de la Semaine pour un Québec sans tabac et du Défi J’arrête, j’y gagne!, le journal Les Versants s’est entretenu avec un ancien fumeur, Roger Lacoste, qui a décidé d’écraser il y a maintenant huit ans, un 5 janvier. Témoignage.

En 2019, 17 % de la population québécoise de 12 ans et plus fumait, ce qui représente plus de 1,2 million de fumeurs. Plus d’une personne sur six.

D’ailleurs, la province se situe au-dessus de la moyenne canadienne, établie à 15,8 % de fumeurs.

« Le tabagisme et la fumée secondaire peuvent contribuer jusqu’à 44 % au développement des cancers digestifs, qu’il s’agisse du cancer du foie, colorectal, du pancréas, de l’estomac ou de l’œsophage », indiquait, la semaine dernière, le Conseil québécois sur le tabac et la santé (CQTS). Cette année, la campagne de sensibilisation met en lumière les conséquences méconnues des cinq types de cancers digestifs causés par le tabac sur la vie des fumeurs et celle de chacun de leurs proches. Une campagne choc, avec images à l’appui : « Un cancer du foie, c’est pas beau à voir. Imaginez l’avoir » en est un exemple.

Témoignage d’un ancien fumeur

En entrevue, Roger Lacoste revient sur la raison pour laquelle il a cessé de fumer il y a plusieurs années déjà. « J’ai arrêté de fumer dans de drôles de circonstances », se rappelle-t-il. Pour souligner sa préretraite, le Montarvillois avait planifié un safari en Afrique en compagnie de trois amis, tous des non-fumeurs. « Je me voyais mal leur demander d’aller fumer toutes les heures. Ma motivation, c’était d’arrêter la cigarette à court terme pour le voyage. En revenant, si ça me manquait trop, j’allais recommencer », poursuit M. Lacoste, qui aura finalement arrêté sur le long terme. Aujourd’hui, il ne retoucherait pas à la cigarette.

« Le 5 janvier, j’ai quitté la maison en laissant le paquet de cigarettes sur la table. C’était fini. » -Roger Lacoste

Sa décision a été prise lorsque les billets ont été acquis, en octobre. Muni de tout l’assortiment de solutions du fumeur qui tente d’arrêter, il était prêt à écraser, mais repoussait constamment la fameuse date… à son anniversaire en novembre, à Noël, et enfin, le 5 janvier de l’année suivante, quelques semaines avant le périple africain. « Ce matin-là, le 5 janvier, j’ai quitté la maison en laissant le paquet de cigarettes sur la table. C’était fini », dira-t-il au journal.

Amorcée à l’âge de 13 ans, son habitude s’est poursuivie pendant plus de 40 ans. « J’étais dans une gang… et tout le monde fumait à cette époque. » Au moment où il cesse de fumer, il en grillait « un gros paquet par jour ». Il précise : « Je travaillais souvent à l’ordinateur; il y avait continuellement une cigarette dans le cendrier. »

Bénéfique pour la santé

Fumeur, Roger Lacoste traînait au quotidien la toux qui vient avec. « Je ne m’en rendais même plus compte. » Mais moins d’une semaine après avoir écrasé, sa toux avait disparu. Sur le long terme, il en a aussi ressenti des bienfaits sur sa santé. Notamment celui d’avoir un meilleur souffle. « Je faisais du sport et je fumais. C’était un peu malsain », poursuit-il.

Quand on lui demande s’il est fier du geste qu’il a posé il y a près de 10 ans, l’ex-fumeur n’hésite pas à approuver. « D’autant plus qu’aujourd’hui, avec toutes les restrictions entourant la cigarette, comme le neuf mètres de distance… c’est un cadeau que je me suis fait ce jour-là. »

Renaissance

Le chanteur Rick Hughes en est un autre qui est fier de ne plus toucher à la cigarette. En mai dernier, en plein confinement, il déposait un message sur les réseaux sociaux : « Je fête aujourd’hui ma renaissance. Le 20 mai 2003, j’ai commencé ma nouvelle vie sans alcool, tout le reste a pris le bord… cigarettes, problèmes d’argent et de comportement, abus de drogues dures, de la malbouffe, du manque de sommeil… je ne désire pas tous les énumérer, mais j’ai laissé derrière moi, il y a aujourd’hui 6209 jours, une vie de souffrance… alors, ce qui suit s’adresse à quiconque souffre en silence d’une dépendance. »

S’ensuivait un long message à l’intention de ceux qui souffrent. « Comme bien des imbéciles, j’ai commencé à fumer à 12-13 ans », racontait-il au journal. Ses amis de l’époque se réveillaient le matin en toussant parce que la première chose qu’ils faisaient, c’était d’allumer la cigarette. « Dans les années 80-90, ça mourrait comme des mouches du cancer du poumon. Tu fumais, tu toussais. » Aujourd’hui, Rick Hughes adopte un mode de vie de sobriété.

Jamais trop tard pour arrêter

En écrasant pour de bon, le fumeur diminue les risques de développer un cancer digestif. C’est notamment le cas des cancers colorectal, de l’œsophage, de l’estomac et du foie, qui voient leurs risques diminuer après 10 ans de cessation tabagique. À partir de 20 ans d’arrêt, les risques de développer un cancer du pancréas avoisinent ceux d’une personne qui ne fume pas. « Dans le contexte actuel, il est plus important que jamais de faire attention à sa santé, rappelle la directrice générale du Conseil québécois sur le tabac et la santé, Annie Papageorgiou. Outre les cancers digestifs, le tabagisme affecte l’appareil respiratoire et les fumeurs risquent davantage de développer une forme sévère de la COVID-19 que les non-fumeurs. »

Par ailleurs, la nouvelle année sonne le retour du Défi J’arrête, j’y gagne! avec sa formule positive et motivante qui accompagne les fumeurs québécois souhaitant écraser. En s’inscrivant, les participants s’engagent à ne pas fumer pendant six semaines, du 8 février au 21 mars 2021, un premier objectif réaliste qui procure de nombreux avantages. Les inscriptions sont en cours à defitabac.ca.

QUESTION AUX LECTEURS :

Ex-fumeurs, pourquoi avez-vous arrêté?