Pour contrer la surpopulation du cerf de Virginie

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a récemment fait l’annonce des nouvelles modalités liées au Plan de gestion du cerf de Virginie pour la période 2020-2027. Des mesures qui pourraient contrer la surpopulation de cerfs de Virginie au parc national du Mont-Saint-Bruno.

Après le succès de la première fin de semaine de la relève qui a eu lieu les 31 octobre et 1er novembre derniers, c’est au tour des habitués d’amorcer leur saison de chasse au cerf de Virginie un peu partout sur le territoire du Québec. Toutes ces mesures sont mises en place pour freiner la prolifération du cerf qui est au sommet de la chaîne alimentaire dans plusieurs régions du Québec dont celle du parc national du Mont-Saint-Bruno.

Les permis sont désormais associés à une zone pour la chasse au cerf de Virginie, il y a la possibilité de se procurer deux permis de chasse par année, il est désormais possible d’utiliser le fusil pendant la période de la poudre noire (une chasse à courte portée), un nouveau calendrier pour l’appâtage du cerf a été mis en place ou encore il sera dorénavant possible de partager un permis de cerf sans bois avec les membres de votre famille immédiate.

Nous en avions déjà parlé en juin (https://www.versants.com/abondance-de-cerfs-de-virginie-la-chasse-est-ouverte/), les cerfs de Virginie sont trop nombreux dans les parcs nationaux de la Sépac. À Saint-Bruno-de-Montarville, selon la société d’état, ce sont 16 cerfs par km2 qui sont dénombré en ce moment. Une densité jugée normale est d’environ 5 cerfs par km2.

Un inventaire du parc sur la présence du cerf dans la montagne avait révélé une population de 148 individus. « C’est trois fois la population viable nécessaire pour maintenir un équilibre dans l’écosystème », peut-on lire sur le site de la Sépaq.
Marilou Alarie, conseillère municipale indépendante du district 6, et membre de la Table d’harmonisation pour le parc du Mont-Saint-Bruno (SEPAQ), a indiqué lors de la séance du conseil municipal de Saint-Bruno en octobre, que la société d’état « va faire des représentations auprès du MFFP », afin de trouver une solution à ce problème.

Contacté par le journal, le directeur des parcs nationaux de Boucherville et de Saint-Bruno, Cédric Landuydt, a confirmé la chose en nous expliquant que des discussions avec le gouvernement avaient lieu en ce moment afin de trouver une solution.

« Il est important de travailler avec le ministère afin de rebalancer les équilibres dans la grande région de la Montérégie. » – Cédric Landuydt

La surpopulation de cet herbivore est un danger à la régénération des forêts et perturbe sa flore. Ainsi, les gardiens du parc ont déjà observé le déclin du trille blanc, une plante printanière autrefois très abondante.

Les dégâts causés
Même si le directeur des parcs des Îles-de-Boucherville et du mont Saint-Bruno, Cédric Landuydt, ne constate pas forcément une hausse plus que d’ordinaire de cerfs dans le parc, il constate chaque année ce que leur surpopulation peut causer comme dégâts. « C’est un enjeu écologique au sein du parc. Ils mangent certaines écorces d’arbres qui finissent par mourir. Il est important de travailler avec le ministère afin de rebalancer les équilibres dans la grande région de la

Montérégie. Ici, le cerf de Virginie n’a pas vraiment de prédateur et sa prolifération n’est pas un problème qu’au Québec. On en est au point où il faut réagir », nous avait-il dit en juin.

Catherine Ippersiel, porte-parole du MFFP avait déjà indiqué au journal les nouvelles mesures prises par le ministère. « De manière générale, en 2020, le nombre de permis spéciaux pour le cerf de Virginie est augmenté dans la plupart des régions notamment parce que l’hiver a été moins rigoureux que l’année précédente », nous avait dit Mme Ippersiel.

Ainsi, quelques nouveautés ont été proposées aux chasseurs. Ils peuvent maintenant partager leur permis de chasse au cerf sans bois obtenu par tirage au sort avec tous les membres de leur famille immédiate.

Des permis alloués aux agriculteurs et aux propriétaires fonciers Un certain nombre de permis est réservé spécifiquement aux propriétaires des zones ciblées possédant une propriété de quatre hectares et plus de terrain. Les producteurs agricoles ou forestiers et propriétaires de ces terres peuvent obtenir ce privilège.
Pour se prévaloir de ces permis spéciaux de chasse, il faut s’inscrire en ligne à un tirage au sort effectué par la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) au www.sepaq.com/tirages (permis spéciaux de cerfs sans bois) ou par téléphone au numéro sans frais 1 800 665-6527.
Pour lire le Plan de gestion du cerf de Virginie pour la période 2020-2027 : https://mffp.gouv.qc.ca/la-faune/plans-de-gestion/cerf/

Au parc Michel-Chartrand
Proche de Saint-Bruno, à Longueuil, les cerfs sont tout aussi présent. La Ville, soutenue par le MFFP, interviendra prochainement pour les capturer et les euthanasier afin d’en diminuer le nombre. La viande sera ensuite redistribuée à Moisson Rive-Sud. La municipalité a constaté que la surpopulation de cerfs dans ce parc était à la source de bien des problèmes : très faible régénérescence de la forêt; compromet les plantations à venir pour contrer l’agile du frêne; met en péril la biodiversité animale et végérale; engendre des coûts considérables aux propriétaés riveraines; augmente le risque d‘accidents routiers et de transmission de la maladie de Lyme; est nuisible pour la santé des cerfs eux-même. Les mêmes préoccupations que l’on rencontre partout ailleurs. Cependant la démarche de Longueuil a vite fait réagir quelques citoyens. Une pétition pour relocaliser les cerfs du Parc Michel-Chartrand au lieu de les euthanasier recueillait près de 16 000 signatures ce matin.

Rappelons qu’il est interdit de nourrir les cerfs et les autres animaux sauvages présents sur le territoire. Cette pratique est à proscrire puisqu’elle rend les cerfs dépendants d’une source de nourriture artificielle et modifie leurs comportements naturels. La Ville a prévu déployer, en complément de l’opération, une campagne de sensibilisation citoyenne concernant ces enjeux, notamment par de l’affichage au parc Michel-Chartrand.