Sovima tente encore sa chance
Un promoteur montarvillois tente de ressusciter un projet immobilier sur le chemin De La Rabastalière Ouest, une initiative qui se bute toutefois à la résistance citoyenne du quartier.
« C’est un secteur unifamilial, ici. Alors, de se retrouver avec un monstre de quatre étages, avec toute la circulation additionnelle que ça viendrait causer, les gens ne veulent pas voir ça », a indiqué en entrevue aux Versants Maurice Mousseau, un résidant du quartier fermement opposé à cet éventuel projet immobilier.
« Se retrouver avec un monstre de quatre étages […], les gens ne veulent pas voir ça. » – Un résidant
Le groupe Sovima Habitations, basé à Saint-Bruno, souhaite construire un complexe d’habitations locatif dans le quadrilatère du chemin De La Rabastalière Ouest et des rues Huet, Lansdowne et De Rigaud. Un projet semblable, présenté par le même entrepreneur, avait pourtant connu une fin abrupte, il y a environ trois ans, à la suite d’une forte mobilisation citoyenne.
Le nouveau projet, qui en est à des balbutiements exploratoires, aurait probablement quatre étages et comporterait plusieurs dizaines de logements.
Havre animalier
« Ça fait 28 ans que je suis ici. J’ai acheté ma maison en raison du terrain. C’est la même chose pour tout le monde sur Lansdowne. C’est un havre animalier. J’ai des canards, des ratons laveurs, des lièvres, des oiseaux. C’est magique», a pour sa part commenté Chantale Servant, qui habite la rue Lansdowne.
Selon M. Mousseau et Mme Servant, une forte majorité de citoyens du quartier serait opposée à toute sorte de développement immobilier en hauteur dans le quadrilatère. Les deux résidants ont appris la renaissance du projet parce qu’un courtier immobilier est venu frapper à leur porte pour évaluer l’acceptabilité d’une éventuelle construction. « Moi, je refuse de rencontrer le courtier, a dit Mme Servant. Ce qu’il fait en ce moment, de solliciter des gens et de leur offrir de l’argent, je trouve ça inacceptable. Je pense que s’il faut construire, il faut faire les démarches de la bonne façon en allant présenter son projet à la Ville. »
Stratégie
Mme Mousseau a renchéri : « Ce n’est pas la façon transparente d’agir. Mais ça faisait partie de leur stratégie. Il ont décidé d’essayer de diviser les gens. »
Pour sa part, le courtier Martin Panneton se défend d’avoir évoqué quelconque montant compensatoire lorsqu’il a effectué son porte-à-porte. « Absolument aucun montant n’a été proposé. Il y aurait des ententes de compensation pour pertes de jouissance temporaires qui pourraient être envisagées. Encore là, aucun montant n’a été nommé, sorti ou proposé. Tout est embryonnaire », a-t-il souligné aux Versants.
Quant à la décision de rencontrer les citoyens individuellement, c’est pour discuter en amont afin de mieux comprendre ce à quoi ils s’opposent, a expliqué le promoteur.
Acceptabilité
« On tente de voir les gens du quartier et d’évaluer l’acceptabilité sociale de tout ça », a résumé Martin Latendresse, président de Sovima Habitations. L’entreprise a fait l’achat d’une résidence unifamiliale du quadrilatère l’automne dernier, dans l’espoir que le projet déboule.
Pour l’heure, M. Latendresse comprend mal pourquoi des citoyens du quartier s’opposent à une construction en hauteur, dans un contexte où la densification près des centres-villes doit maintenant être un réflexe urbanistique.
Densification
« Tout le monde parle du fait qu’il faut être capable de densifier près des commerces. […] Ce que je trouve agréable, c’est quand les gens peuvent aller faire leurs courses à pied », a soutenu celui qui se considère comme un « grand environnementaliste ». Pour que le projet soit acceptable, « est-ce que je dois aller mettre ça dans un champ de blé d’Inde de l’autre côté de la 116? », a-t-il ironisé.
Il se défend par ailleurs de vouloir forcer les citoyens à accepter un projet dont ils ne veulent pas. Il insiste : « On n’est pas un développeur agressif, qui croit avoir tous les droits et aucune responsabilité. On veut faire les choses correctement. »
Avec cette résistance citoyenne, à combien Sovima évalue-t-elle les probabilités que le projet se concrétise? « Je ne pourrais pas chiffrer aujourd’hui. Je dirais simplement que je trouverais ça absurde que ça ne puisse pas se faire à Saint-Bruno », a conclu celui qui habite la ville depuis 25 ans.
Question aux lecteurs : Le projet a-t-il sa place à cet endroit?
