S’ouvrir les yeux sur le suicide
Contact Richelieu-Yamaska
La Semaine nationale de prévention du suicide se déroule présentement jusqu’au 9 février sous le thème « Créer un bouquet d’entraide, faites une fleur à quelqu’un ». Plusieurs activités sont organisées sur le territoire desservi par Contact Richelieu-Yamaska afin de conscientiser autant les jeunes, la communauté d’affaires, les intervenants que le grand public. La prévention du suicide, c’est l’affaire de tous, selon la présidente d’honneur pour la Semaine de prévention du suicide, Louise Soly.
Contact Richelieu-Yamaska, le centre d’intervention de crise, procède à l’inauguration de sa page Facebook en lançant un concours intitulé C’est bon pour le moral. Les gens sont invités à devenir fans de la page de Contact et à y partager leur chanson qui leur fait du bien. Des prix de participation seront attribués. « On travaille à la prévention du suicide à l’année, mais lors de la Semaine nationale de prévention, on mobilise alors un plus grand nombre d’acteurs qui peuvent jouer un rôle important pour sensibiliser davantage d’individus. Pendant cette occasion spéciale, notre objectif demeure de faire connaître nos ressources », mentionne au journal le directeur de Contact Richelieu-Yamaska, Louis Lemay.
La polyvalente Hyacinthe-Delorme recevra Solidaires pour la vie, un programme de sensibilisation qui vise, d’une part, à apprendre aux adolescents de 14 ans et plus, aux parents, aux enseignants et aux professionnels de la santé à reconnaître les signes et les symptômes de la dépression et, d’autre part, à amener ces individus à référer une personne en détresse aux ressources compétentes. « Il s’agit d’activités et de messages positifs qui vont, au bout du compte, aider à sauver des vies. Des fois, ça vient faire toute la différence », de poursuivre monsieur Lemay.
Le message porté par l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) est : T’es important pour nous. Le suicide n’est pas une option. « Ce message signifie qu’il faut favoriser tous les liens sociaux possibles, renforcer son tissu social. Plus j’ai de personnes sur qui je peux compter, moins je suis à risque de devenir suicidaire. »
De nouvelles statistiques
Selon les nouvelles statistiques fournies par l’Institut national de santé publique du Québec et rendues publiques pour la première fois en janvier dernier, 171 personnes se sont enlevé la vie pour un taux de 11,9 pour 100 000 en Montérégie en 2010. C’est le nombre de décès le plus bas depuis 2005. « La Montérégie est l’une des régions les moins touchées par le suicide en taux, mais l’une des plus touchées en nombre absolu de victimes », explique Louis Lemay.
En 2010, 1 089 Québécois se sont enlevé la vie, c’est-à-dire un taux de 13,7 pour 100 000. Les données provisoires de 2011 laissent présager sensiblement le même nombre. Le Québec continue donc à perdre plus de 1 000 de ses citoyens chaque année. Malgré la légère baisse du taux constatée ces dernières années, encore trois personnes posent le geste de s’enlever la vie chaque jour, ce qui demeure alarmant. « Si on ne met pas les bouchées doubles, on sait déjà ce qui nous attend l’année prochaine : à nouveau plus de mille suicides, plus de mille vies humaines gaspillées, plus de mille décès de personnes dont notre société aurait eu besoin, anticipe Bruno Marchand, directeur général de l’AQPS. Si nous n’avons pu éviter les précédents, il faut tout mettre en œuvre pour empêcher les prochains. » Entre 1981-1983 et 2007-2009, des changements importants sont survenus au chapitre des principaux moyens utilisés. Les suicides par armes à feu ont considérablement diminué, tandis que les suicides par pendaison, strangulation ou suffocation ont augmenté, tant chez les hommes que chez les femmes. Par ailleurs les noyades ont diminué comme moyen utilisé chez les femmes entre ces périodes, alors que la part des suicides par intoxication augmentait.

