Des arbres sous surveillance dans le projet Luxeo

Le projet Luxeo Saint-Bruno-sur-le-lac a commencé aux abords de la rue Gaboury à Saint-Bruno-de-Montarville. Après avoir tardé à avertir les riverains pour le début des travaux en février, le promoteur marque sans autorisation les arbres de la Municipalité.

Plus d’une centaine d’arbres ont été marqués à la peinture rouge sur le terrain de la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville par le promoteur du projet Luxeo Saint-Bruno-sur-Le-Lac, sans que la Municipalité ne soit au courant. Les citoyens du secteur, qui voient depuis février un projet de 26 nouveaux logements se construire proche de la piste cyclable et de l’entrée Kérouack de la Sépaq, sont inquiets de voir ces arbres être coupés.

« Encore une fois, je suis déçu du promoteur. On nous a avertis à la dernière minute des travaux qui débutaient en février la dernière fois et aujourd’hui, des arbres sur le terrain de la Ville sont marqués sans que nous soyons consultés. Le promoteur doit prendre conscience qu’il ne fait pas un projet au fond du bois. En marquant des arbres aux abords des maisons, il inquiète les citoyens, qui ont raison d’être inquiets. Je le suis moi-même », d’indiquer au journal le maire de Saint-Bruno-de-Montarville, Ludovic Grisé-Farand.

Les arbres se trouvant sur le terrain de la Ville forment une bande boisée entre le projet immobilier et les résidences existantes. En février, le maire indiquait au journal que « La Ville est propriétaire d’une bande boisée qui ne sera pas affectée ». Aujourd’hui, le promoteur est plus que jamais surveillé de près. « Il ne peut pas intervenir sur le territoire de la Ville sans autorisation. Ces arbres ne seront pas coupés, et même pour couper des arbres sur sa propriété, le promoteur devra avoir un permis. On a avisé le promoteur que l’on surveillerait de près tout cela », de conclure le maire.

 » En marquant des arbres aux abords des maisons, il inquiète les citoyens, qui ont raison d’être inquiets. Je le suis moi-même.  »   – Ludovic Grisé-Farand

Marquage forestier

Léopold Ste-Marie, directeur des ventes et marketing du Groupe Lobato, le promoteur du projet Luxeo, minimise le marquage et explique que c’est l’œuvre « d’un ingénieur forestier pour répertorier les espèces d’arbres sur le site. Il n’y avait pas de ligne claire délimitant le site de la Ville et il a en effet empiété sur le terrain de la Municipalité. Mais les arbres ne seront pas coupés », explique-t-il.

Plusieurs citoyens s’interrogent également sur le ralentissement des travaux, qui ont débuté en février. Même si M. Ste-Marie indique que le chantier suit son cours « comme prévu », la Ville nous confirme que les travaux ont été ralentis en raison de « la fonte rapide de la neige, qui a haussé le niveau de l’eau du lac », précise le maire.

Encore prise de court

C’est pour une deuxième fois en quelques mois que la Ville semble être prise de court par le promoteur, qui n’informe pas en temps et lieu la Municipalité de ses agissements.

Au début des travaux de la phase 6, les riverains n’avaient été avertis qu’à la veille des travaux préparatoires du projet, qui proposera 24 logements dans le projet plus global de Saint-Bruno-sur-le-lac, aux abords de l’ancienne carrière proche de l’école polyvalente. M. Grisé-Farand s’était aussi dit « mécontent ».

Autorisée il y a 20 ans

La phase 6 du projet dont il est question ici, comme les phases 7, 8 et 9, a été autorisée entre 2001 et 2005 par l’administration de l’époque. Les trois dernières phases (7-8-9) seront construites ultérieurement derrière la rue Kérouack. Pour la phase 6, le projet était déjà très avancé et tous les permis de construire ont été délivrés par les fonctionnaires de la Ville. Le début du projet, qui commence par le déboisement de la zone, a donc toutes les autorisations.