Secteur Sabourin à Saint-Bruno : les citoyens se renseignent

La Ville de Saint-Bruno-de-Montarville a organisé une consultation publique, le 12 mars, à propos des orientations de développement du secteur Sabourin. Quelque 90 citoyens ont franchi les portes du Centre Marcel-Dulude pour l’événement.

« Nous allons perdre le milieu boisé, la nature que nous avions choisie lorsque nous nous sommes installés. Je comprends en même temps la densité, les taxes. Nous avons de bons services à Saint-Bruno », souligne le Montarvillois Maurice Archambault. 

Incidence directe

Ce dernier demeure à proximité du secteur Sabourin depuis 42 ans. Son quotidien sera affecté par le nouveau développement. Il s’inquiète entre autres pour le flot de circulation. « Ils sont optimistes plus que moi! La nouvelle entrée pour la route 116, peut-être que ça va servir, surtout pour la portion industrielle. Mais pour le secteur résidentiel, je serais étonné. Avec Sabourin, qui passera de deux à quatre voies, la circulation va augmenter. Ce n’est pas très intéressant pour ça », commente celui qui vit à Saint-Bruno-de-Montarville depuis 60 ans.

Par rapport au développement résidentiel, soit la portion adjacente à la rue Gardenvale, Maurice Archambault déplore l’éventuel départ des animaux qui profitent du boisé à proximité. « Je vois des renards, des cerfs, des opossums, des ratons… Oui, les chevreuils mangent nos arbustes, mais je ne me plains pas. Ces milieux disparaissent, c’est dommage », note ce citoyen.

Lors de cet événement portes ouvertes au public, des stations animées par des employés de la Ville offraient des occasions d’en savoir davantage sur différentes facettes du projet de développement et ses orientations. 

Notons entre autres un projet d’urbanisation de la montée Sabourin. L’élargissement de la montée Sabourin pour obtenir deux voies dans chaque direction est dans les plans. La construction d’un accès supplémentaire à la route 116 aussi.

« Je suis venu voir ce qui était proposé. Je me renseigne, comme tout bon citoyen. Je n’avais aucune idée de ce qu’ils font », commente Jean Robert Fournier. 

Nous l’avons rencontré sur place en début de soirée. Il émet toutefois un certain doute quant à l’échéance des travaux. En effet, l’échéancier préliminaire général prévoit la construction des premiers bâtiments résidentiels de la phase 1 en 2030. « En cinq, six ans, tellement de choses peuvent arriver », estime M. Fournier.

Un plan directeur d’aménagement revu

Le plan directeur d’aménagement Sabourin en cours d’élaboration par la Municipalité vise à revisiter certaines orientations du Plan particulier d’urbanisme (PPU) Sabourin. Ce dernier avait été réalisé en 2016-2017.

Le secteur de la phase 1 est pratiquement déjà ficelé. Il est prévu d’y bâtir 16 maisons unifamiliales de 2 étages (soit 1,8 % des résidences qui y seront construites).

Dans la partie adossée à la rue Gardenvale, quelque 269 maisons de ville de 2 étages devraient sortir de terre (ce qui représente 30,39 % des constructions de la phase 1). Enfin, 600 structures de 2 logements et plus de 4 étages (soit 67,79 % de multifamilial) s’ajouteraient aussi à cette phase. La superficie est de 18,2 hectares (182 658 m²).   

D’après les documents de la Ville, c’est environ 153 994 m2 du secteur de la phase 1 (54,85 % de la superficie du secteur) qui est visé par le développement de logements. Des rues et des infrastructures représentent près de 14,15 % de la superficie du secteur. Plus de 30 % de la phase 1 est occupé par des parcs, des espaces verts et des milieux naturels conservés. Un parc-école est aussi dans les plans.  

« Nous sommes curieux. Nous n’avons aucune idée de ce qui se passe, confie un couple qui demeure sur Grand Boulevard Est. Nous ne sommes pas pour ou contre le projet. Nous venons prendre des renseignements. C’est intéressant. »

Une citoyenne y est allée de ce commentaire. « Il y a beaucoup de bonnes idées, mais c’est le clash esthétique que je trouve épouvantable. Il ne faut pas que ce soit improvisé. » 

Le projet de développement du secteur Sabourin est appelé à évoluer pendant les prochaines années. D’ailleurs, plusieurs autorisations municipales doivent encore être octroyées. Saint-Bruno-de-Montarville veut revisiter les choix d’aménagement établis au préalable afin de mieux s’harmoniser aux besoins actuels de la Ville et de sa population.

Un écoparc pour la phase 2?

Actuellement, la Ville est à réfléchir entre un autre quartier résidentiel ou un écoparc avec des entreprises pour la phase 2 du développement. La superficie totale de cette partie du site est de 564 961m² (56,49 hectares). C’est un changement de direction par rapport à ce qui avait été présenté dans le PPU Sabourin en 2017. Un changement de zonage serait nécessaire.

Certains citoyens ont émis quelques réserves par rapport à cette direction, notamment Louis Mercier. « Je m’étais opposé à cela. Je suis contre le projet. Ils veulent faire de l’industriel pour aller chercher plus d’argent. Tout est attaché pour un écoparc, c’est plus payant », dénonce l’ancien conseiller municipal indépendant, Louis Mercier. 

Un autre citoyen de Saint-Bruno, David Trépanier, avait un point de vue différent. « Je suis à la consultation pour mon travail, puisque je suis aussi développeur/promoteur et constructeur dans les secteurs résidentiel et commercial. Je souhaite rencontrer les propriétaires. Nous serions intéressés à racheter des portions de terrain pour construire du multirésidentiel », dit-il

Selon lui, le projet est bien monté et a été fait « dans les règles de l’art avec gradation des hauteurs par rapport au secteur Gardenvale ». Il souligne que les propriétaires ont cédé beaucoup de terrain pour des espaces protégés et des parcs.  

Pour le sport

« Mais je suis là aussi en tant que président de l’Association du baseball mineur de Saint-Bruno. Je voulais voir ce qu’il en était des terrains voués au parc. Il est dans l’air que nous puissions avoir un nouveau terrain de baseball. Notre sport est en constante augmentation et nos besoins en terrain sont criants. J’étais très heureux de voir qu’il y avait un grand espace réservé à des usages sportifs. Je souhaite que le projet aille de l’avant, entre autres pour cette raison. Il n’y a pas d’installations sportives au sud de la 116. C’est une excellente opportunité de dessiner un nouveau projet à partir de zéro », ajoute David Trépanier.  

La deuxième partie de la soirée était consacrée à une séance de questions-réponses en présence des représentants de la Ville et des élus. Elle a attiré 97 personnes.