Sainte-Julie : une institution dans la ville

Il y a 30 ans, Patrick Claveau devenait copropriétaire du Complexe Julie-Quilles, à Sainte-Julie. Le lieu rassemble hebdomadairement des milliers de joueurs.

À 14 h, un mardi, le stationnement du Complexe Julie-Quilles est bondé lors de la visite du journal. Les allées sont toutes occupées et les diverses ligues sont en action. Le bruit des boules qui percutent les quilles impuissantes est le son recherché par les joueurs. « C’est plein de plaisir », résume Patrick claveau, copropriétaire des lieux.

Il y a 30 ans, il devenait propriétaire du salon de quilles julievillois, avec son frère. Il n’avait que 21 ans lors de la transaction. Auparavant, l’entreprise appartenait à son père et d’autres actionnaires. « On devenait une entreprise familiale. Mon père m’a vu travailler avant et m’a fait confiance pour mener la barque », se souvient Patrick Claveau.

Il a commencé à travailler au salon dès l’âge de 13 ans. « J’étais le p’tit gars d’entretien. Je ne jouais même pas aux quilles, je travaillais, moi », raconte-t-il. 

Du temps plein

« Une business qui roule 7 jours sur 7, souvent de 18 à 20 heures par jour, pas besoin de vous dire que c’est pas toujours reposant. C’est assez rock’n’roll. Eh oui… c’est ça, ma vie », reconnaît M. Claveau. Il remercie au passage sa conjointe et ses enfants. « Ce n’est pas l’idéal. Ça a été dur de concilier le travail et la famille. Ils ont été très ou trop conciliants afin que je puisse donner un bon service », convient l’homme. En vient-on à être excédé d’entendre parler d’abats et de dalots? « Oui, mais ça ne dure pas longtemps. On ne travaille pas dans un hôpital, quand même. C’est le manque de sommeil qui peut faire ça », met-il en contexte. 

Beaucoup d’histoires humaines 

Le copropriétaire soutient que la clientèle arrive de loin pour venir jouer. « Il y en a que c’est la seule activité qu’ils font. Ça t’oblige à sortir de chez vous et à faire un peu d’exercice. Surtout, c’est l’aspect social, les gens se rencontrent et jasent », dépeint-il. 

En trois décennies, il a côtoyé beaucoup d’humains. De nombreux récits se sont écrits sous ses yeux. « Il y a des histoires croustillantes que l’on ne peut pas dire », avertit-il en riant. Des couples se sont notamment formés. D’autres ont pris fin. Des légendes discrètes sont nées. Des visages familiers ne sont jamais revenus. « On a perdu de bonnes personnes », regrette-t-il. Des familles, éparpillées géographiquement, y tiennent annuellement leur unique rencontre de groupe. Dans certains cas, des jeunes qui gravitaient autour du salon sont devenus le parent qui fréquente désormais le lieu avec sa descendance.

« Faire la police »

Lors de la COVID-19, le salon a été fermé pendant 16 mois. Il a survécu. « Ça a été vraiment dur. On a été les premiers fermés et les derniers rouverts, mais on a passé à travers », rappelle-t-il. Parmi les difficultés, « faire la police » avec la clientèle ressort du lot. « On a perdu du bon staff à cause de ça. Ça ne leur tentait pas de jouer ce rôle », se résigne-t-il.

Évolution technologique

Au fil du temps, la technologie a évolué. Tout joueur a connu les quilles qui s’entremêlent dans le filage lors du repositionnement. « En termes de planteur, on a ce qu’il y a de plus sophistiqué. Il s’agit de la deuxième génération.

C’est ce qu’il y a de meilleur sur le marché », décrit M. Claveau. Les deux terrains de minigolf, la cage de frappeur, les structures gonflables et le bar enrobent l’offre de services de l’espace, qui en est à sa 39saison. Patrick Claveau parle de près de 3 000 joueurs par semaine qui franchissent les guichets. « Les quilles, ça touche tout le monde. Enfants, parents, grands-parents, tous peuvent jouer et avoir du plaisir en même temps », termine-t-il.