Sainte-Julie : le projet de recrutement de travailleurs français avorté

À l’automne 2023, la Ville de Sainte-Julie et une agglomération française avaient conclu une entente visant à recruter de la main-d’œuvre étrangère pour des entreprises locales confrontées à une pénurie de personnel. Le projet ne s’est toutefois jamais concrétisé.

L’entente a été signée en octobre 2024 lors de la visite de représentants de la Ville de Sainte-Julie à la Communauté d’agglomération de Béthune-Bruay, Artois Lys Romane. Elle prévoyait le recrutement de jeunes travailleurs français âgés de 18 à 35 ans pour une période de deux ans. Les candidats n’avaient pas besoin d’être qualifiés et devaient principalement occuper des emplois dans les secteurs de la restauration, du commerce de détail et de la fabrication.

L’initiative avait suscité l’intérêt d’une vingtaine de jeunes Français et visait à favoriser les échanges économiques et culturels entre les communautés françaises et québécoises. Une présélection des candidats a été effectuée par la commune française avant le déplacement de la délégation de la Ville chargés de finaliser le processus d’embauche.

Trois entreprises locales avaient manifesté leur intérêt à participer au projet, soit McDonald’s, le fabricant de portes Novatech et l’entreprise de vente, location et entretien de camions lourds Excellence Peterbilt.

Fin du programme gouvernemental

Le projet a cependant été abandonné à la suite de la fin du programme gouvernemental qui soutenait cette initiative, a appris le journal qui désirait obtenir un bilan du projet auprès du service des communications de la Ville de Sainte-Julie.

Rappelons que l’entente bénéficiait de l’appui du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec (MRIQ) ainsi que du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères de la République française, dans le cadre du Fonds franco-québécois pour la coopération décentralisée.

« À notre connaissance, aucun jeune n’est finalement venu au Québec dans le cadre de cette entente. Nous n’avons actuellement aucun projet de nouvelle cohorte » a indiqué par courriel Camille Richard, conseillère en communication à la Ville de Sainte-Julie.

Au moment de mettre sous presse, le journal était en attente d’une réponse du MRIQ concernant les raisons ayant mené à la fin de son programme qui appuyait cette initiative.

Projet jugé positif

La directrice des opérations chez Excellence Peterbilt à Sainte-Julie, Valérie Tremblay, a participé au processus d’embauche et aux entrevues en France dans le cadre du projet. « L’expérience a été positive dans l’ensemble. La ville partenaire était bien organisée et la démarche bien structurée. Nous avons rencontré de bons candidats qui démontraient beaucoup d’intérêt et d’enthousiasme envers cette opportunité », souligne-t-elle par courriel. Au final, elle souligne toutefois que certains postulants semblaient moins préparés que prévu, tandis que plusieurs se sont désistés au fil du processus.

À son avis, ce type de recrutement convient davantage à des besoins de main-d’œuvre à moyen ou long terme. « Comme il s’agit d’une démarche relativement longue, les besoins et les conditions économiques peuvent évoluer pendant le recrutement », explique Mme Tremblay, ajoutant que le profil des candidats ne correspondait pas toujours aux besoins spécifiques de l’entreprise.

 Partenariat France-Sainte-Julie

L’idée du projet a émergé lors d’une mission en France menée en 2019 par Suzanne Roy, alors mairesse de Sainte-Julie, accompagnée d’une délégation. L’actuelle députée de Verchères y avait rencontré le maire de Béthune-Bruay, qui souhaitait offrir davantage d’opportunités professionnelles aux jeunes de sa région.

De son côté, la Ville de Sainte-Julie cherchait alors à soutenir ses entreprises aux prises avec une pénurie de main-d’œuvre, une situation accentuée à l’époque par la pandémie de COVID-19.