Sainte-Julie heureuse, Saint-Bruno en colère

Sainte-Julie a communiqué ses résultats du dernier profil financer présenté le 4 novembre par le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT). Saint-Bruno s’indigne contre l’agglomération.
Dans sa catégorie des villes entre 25 000 et 99 999 habitants, Sainte-Julie est avantageusement positionnée par rapport au reste du Québec en ce qui concerne son taux général de taxation et ses dépenses (charges nettes). Son taux d’endettement total net à long terme est également largement inférieur aux autres municipalités de la MRC, de la Montérégie et de l’ensemble du Québec.
« Le conseil municipal adopte une gestion rigoureuse et responsable, combinée à une approche créative et novatrice, tout en respectant la capacité de payer des citoyens. Encore cette année, les résultats du profil financier du MAMOT nous prouvent que nous pouvons offrir la meilleure qualité de vie possible aux citoyens, tout en figurant parmi les villes de notre catégorie de population qui affichent les taux de taxation les plus compétitifs », a précisé Suzanne Roy, dans un communiqué, mairesse de Sainte-Julie.
Pour Saint-Bruno-de-Montarville, pas de communication officielle sur ces chiffres. « Si nous ne sommes pas aussi performants que Sainte-Julie, c’est du fait qu’on est dans l’agglomération de Longueuil. Notre richesse foncière sert à des fins redistributives et c’est la Ville de Longueuil qui en bénéficie. Alors, quand on se compare à Sainte-Julie, on se désole. »
Alors que la charge fiscale moyenne des résidences d’un logement est de 2 621$ à Sainte-Julie, elle atteint 3 190 $ à Saint-Bruno-de-Montarville, dépassant de 400 $ la moyenne des 35 villes avec une population semblable au Québec, et dépassant même de 500 $ la moyenne de l’ensemble des villes du Québec.
Le constat est similaire lorsqu’on parle d’endettement total net à long terme par unité d’évaluation. Sainte-Julie se trouve en très bonne position avec 3 834 $ de dette par unité d’habitation, alors que Saint-Bruno peut évaluer sa dette à 8 098 $ par unité. Pour l’ensemble du Québec, la moyenne est à 5 800 $.
La charge fiscale est tellement associée à la charge de l’agglomération de Longueuil, que Saint-Bruno-de-Montarville, Saint-Lambert et Brossard se sont lancées dans une campagne d’affichage publicitaire un peu partout dans les trois municipalités.

« Si nous ne sommes pas aussi performants que Sainte-Julie, c’est du fait qu’on est dans l’agglomération de Longueuil. » – Martin Murray

Sous le slogan « On paie trop pour Longueuil! », les maires veulent dénoncer une mauvaise répartition des coûts au sein des villes liées à l’agglomération de Longueuil. « Des coûts qui font qu’on finance Longueuil », précise le maire.
Dans une lettre ouverte à la population, Caroline St-Hilaire, mairesse de Longueuil, dément la chose.

DES SERVICES DE QUALITÉ AU JUSTE PRIX

Dans une lettre sous le titre « Des services de qualité au juste prix », la mairesse écrit :
« Récemment, trois maires ont lancé une campagne de publicité qui nous ramène malheureusement à l’époque des vieilles chicanes inutiles. Il leur est facile de dire « on paie trop » et de financer avec vos taxes une coûteuse campagne de relations publiques. Mais lorsqu’on regarde les faits et qu’on se compare, on arrive toujours à la même conclusion : notre agglomération fournit des services à moindres coûts que la majorité de ceux offerts dans les autres agglomérations comparables au Québec comme à Montréal, à Laval et à Gatineau et qui ont des responsabilités similaires aux nôtres comme les services de police, de sécurité incendie, l’eau potable, la gestion des matières résiduelles, le recyclage, le transport collectif et j’en passe. C’est d’ailleurs ce que confirme la plus récente analyse de la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT), commandée par la Commission du budget, des finances et de l’administration de l’agglomération, qui conclut que « l’agglomération de Longueuil a des ratios de coûts des services inférieurs à la moyenne ». Personne ne peut nier que nous sommes plus forts ensemble que séparément. Par ce regroupement, nous avons les moyens de nous offrir des services essentiels de meilleure qualité qui font l’envie de plusieurs autres villes et municipalités. »
Une étude que le maire de Saint-Bruno ne qualifie pas d’indépendante.