Saint-Bruno : une rare route non pavée avec le rang des Vingt-Cinq Ouest
Le rang des Vingt-Cinq Ouest, à Saint-Bruno-de-Montarville, n’est pas pavé, et ce, malgré des demandes citoyennes. Une situation que déplore une Montarvilloise qui demeure sur cette route depuis plus de 50 ans.
« J’habite Saint-Bruno depuis longtemps parce que je m’y plais, malgré certains inconvénients », reconnaît Nicole Morin, que le journal a rencontrée.
La citoyenne de Saint-Bruno est amoureuse de sa maison ancestrale du rang des Vingt-Cinq Ouest. Elle demeure à cette adresse depuis 54 ans. Toutefois, elle déplore « l’état lamentable » de la chaussée non pavée.
Cette route est perpendiculaire au boulevard Clairevue Ouest, devient la rue Jean-Talon, qui longe l’autoroute 30. Une voie ferrée traverse aussi ce rang.
« Rien n’a changé en 50 ans »
Il y a 50 ans, un jeune couple avec enfants avait contacté le Journal de Saint-Bruno pour que l’état de la chaussée soit constaté. « La route non pavée était semée de nombreux trous. La maman s’était plainte de ne pas pouvoir y promener son enfant en poussette, se souvient Mme Morin. Aujourd’hui, 50 ans plus tard, rien n’a changé! » Lorsque le journal est allé sur le rang des Vingt-Cinq Ouest, une route parsemée de trous remplis d’eau de pluie a été constatée.
D’après Mme Morin, les Montarvillois de cette artère – il y a moins d’une dizaine de maisons – ont interpellé le Service des travaux publics de la Ville pour l’entretien de la chaussée en gravier.
« Malheureusement, ces travaux ne furent pas toujours réalisés et souvent non durables », témoigne Nicole Morin, qui estime que le rang des Vingt-Cinq Ouest « aurait besoin d’un peu d’amour ».
Pas d’eau courante
Ces quelques riverains font face à un autre problème. En effet, ils ne sont pas raccordés aux infrastructures municipales d’aqueduc et d’égouts. « Nous devons faire confiance à notre puits. »
Ce que dit la Ville
Contactée par le journal, la Municipalité reconnaît que le rang des Vingt-Cinq Ouest est particulier. « Il présente des caractéristiques qui le distinguent du réseau de rues urbaines traditionnel de Saint-Bruno. Il s’agit d’un tronçon qui conserve un caractère semi-rural, avec un nombre limité de résidences desservies et certaines propriétés qui ne sont pas raccordées aux infrastructures municipales d’aqueduc et d’égouts », confirme la porte-parole de la Ville, Manon Lacourse.
Cette situation n’est pas monnaie courante, mais ce n’est pas un cas unique. Sur le territoire, il y a encore des tronçons plus anciens qui présentent des caractéristiques semblables. « Le rang du Canal, et certaines portions de la montée Sabourin, du Grand-Boulevard Ouest et du rang des Vingt-Cinq Est. Il s’agit d’une réalité héritée du développement historique de certains secteurs, que la Ville doit analyser avec une vision d’ensemble et dans un souci d’équité entre les différents milieux », précise Mme Lacourse. Il est important de spécifier que ces rues sont pavées. Toutefois, des maisons demeurent non raccordées aux réseaux d’aqueduc et d’égouts. La rue du Calvados (entre des Cèdres et de Cambrai) a été longtemps non pavée avant sa réfection, en 2008.
Les citoyens du rang des Vingt-Cinq Ouest ont déjà rencontré le maire précédent, Martin Murray, ainsi que le maire actuel, Ludovic Grisé Farand, pour discuter de leur situation. Mme Lacourse confirme cette rencontre avec M. Grisé Farand, avant de rappeler que ce rendez-vous portait sur différents sujets liés au secteur, dont celui de la route non pavée. « La Ville est bien consciente des enjeux que cette situation peut représenter pour les résidents concernés, et elle assure d’ailleurs, année après année, les travaux d’entretien requis afin de maintenir la route praticable et sécuritaire. Des interventions régulières de nivelage, d’abat-poussière et d’entretien ponctuel y sont réalisées, même si la nature même d’une chaussée en gravier limite la durabilité de ces correctifs. »
Une transformation durable de ce tronçon, soit un pavage complet ou l’ajout de services municipaux, entraînerait des investissements de « plusieurs centaines de milliers à plusieurs millions de dollars, selon l’ampleur des travaux ».
Une taxe sectorielle
Manon Lacourse poursuit. « Notre règlement prévoit qu’une taxe sectorielle doit être facturée, où une partie importante des coûts est répartie sur les propriétés concernées et ajoutée aux comptes de taxes sur plusieurs années. Dans le cas présent, le montant à assumer sur une longue période demeurerait beaucoup trop important pour les propriétaires concernés. C’est pourquoi l’asphaltage complet et le branchement des services ne demeurent pas envisagés pour le moment. La Ville privilégie le maintien de la praticabilité du secteur par des interventions d’entretien soutenues, tout en continuant d’évaluer les options possibles à plus long terme. »
Entretien à venir
Une opération de resurfaçage et de recompactage est prévue cette semaine. Puis la Ville procédera à l’épandage d’abat-poussière, et aussi tout au long de la saison pour assurer l’entretien du secteur. Bientôt, Saint-Bruno effectuera l’entretien et le nivellement de la chaussée de gravier afin d’en améliorer l’état. « Nous continuons de déployer tous les efforts nécessaires pour assurer un entretien optimal de cette rue. »

