Saint-Bruno : une objection attendue
Jean-François Roberge, député de Chambly et ministre de l’Immigration, n’a pas été surpris de voir des parents s’objecter à l’idée d’envoyer une cohorte à l’école secondaire du Mont-Bruno lors de la dernière rentrée scolaire.
Quand il est devenu concret que tous les élèves ne pourraient être accueillis à l’école secondaire de Chambly (ESC) pour la rentrée 2025-2026, le Centre de services scolaire des Patriotes (CSSP) a proposé des solutions temporaires pour pallier la situation. Celle d’envoyer une cohorte de cinquième secondaire à l’école secondaire du Mont-Bruno, comme c’était le cas depuis plusieurs décennies, a été vigoureusement rejetée par plusieurs parents. Jean-François Roberge n’a pas été surpris de cette levée de boucliers. « Y envoyer des enfants, alors que l’on avait notre nouvelle école, c’était perçu comme un recul. Pas que c’est une mauvais école, mais c’est loin, géographiquement, pour les gens d’ici. Ils se disaient que ce n’était pas vrai que l’on allait renvoyer nos enfants à l’autre bout », rapporte-t-il. Les élèves de première secondaire ont finalement occupé l’école du Boisé, à Carignan, lors de la dernière année scolaire. « À court terme, je pense que c’était la meilleure option », estime l’ancien ministre de l’Éducation.
Une décennie s’écoule
Le ministre de l’Immigration reconnaît les longueurs entourant le projet d’agrandissement de l’ESC, qui viendra à terme dans les mois à venir. Entre la pétition déposée à l’Assemblée nationale par Jean-François Roberge, fin 2016, et l’accueil de tous les cycles à l’ESC, rentrée scolaire 2026, il est question d’une décennie. « Oui, c’est long, absolument, trop long, convient Jean-François Roberge. Il y a eu des années de perdues. Une fois que l’on a enclenché le projet, je pense que ça a quand même été dans les temps, considérant la complexité à la fois de construction et la rénovation de l’ancien pavillon. »
« Fier » du bilan en éducation
En deux mandats de la Coalition avenir Québec (CAQ), beaucoup d’actions ont eu lieu au bureau de circonscription de Jean-François Roberge, sur l’avenue Bourgogne. Enseignants, services de garde, secteur adulte et transporteurs scolaires y ont notamment manifesté. Votre gouvernement a-t-il pris soin du milieu de l’éducation? « Oui, absolument », répond Jean-François Roberge, convaincu. Il se dit « très fier » du bilan en éducation sous l’ère de la CAQ. Il met en contexte qu’il s’agit d’un sujet sensible. « On parle des enfants avec des parents. Donc, des gens qui sont émotivement engagés et c’est très bien comme ça », juge-t-il. Il rappelle la présence « extrêmement puissante » des syndicats. « Donc, quand on a un sujet prioritaire, des parents touchés au premier chef, puis des groupes de pression puissants, ça ne peut pas être facile, mais c’est correct. Peu importe le parti au pouvoir, sur huit ans, dans la mesure où l’on essaie de faire des changements, c’est certain qu’il y aura un peu de manifestation, d’agitation. »
Redevenir enseignant
Les élections générales provinciales sont prévues le 5 octobre prochain au Québec. Hypothétiquement, Jean-François Roberge nomme être ouvert à regagner son poste de professeur. « C’est une option pour moi. Que ce soit en 2026 ou, plus tard en 2030, ça se peut très bien que je retourne enseigner. Je n’ai jamais perdu le désir d’être enseignant. Chaque fois que je mets le pied dans une école, je me sens bien », conclut-il.
