Saint-Bruno : une fermeture prolongée de l’hôtel de ville

La fermeture préventive de l’hôtel de ville de Saint-Bruno-de-Montarville se prolongera. Sa réouverture pourrait attendre des mois. 

« Nous ne retournerons pas à la mairie de sitôt. Des travaux devront être faits avec le temps. Il y aura aussi une réflexion qui va en découler pour savoir quoi faire avec ça », exprime le maire, Ludovic Grisé Farand.

Fermeture préventive

Rappelons qu’à la demande de la Direction de santé publique de la Montérégie-Centre, Saint-Bruno a fermé de façon préventive son hôtel de ville le 9 février. Une inspection, réalisée en avril 2024, avait notamment permis d’identifier la présence de matériaux contenant de l’amiante, « sans risque pour la santé dans les conditions alors observées ». Cette inspection mentionnait aussi des dommages causés par l’eau dans certaines zones, « sans présence visible de moisissures ni odeurs à ce moment ».

« Nous l’avions tous constaté. C’est un vieux bâtiment qui date de 1940. Ça commence à être vieux. Au fil des années, les politiciens ont souvent une réticence à investir dans les hôtels de ville. Ça peut être mal vu par moments. Je pense que c’est un hôtel de ville qui a manqué d’amour avec le temps », confie au journal Ludovic Grisé Farand, qui évoque des infiltrations qui avaient été constatées, mais qui étaient contrôlées. 

Des analyses négatives

Les tests effectués depuis la fermeture préventive ont permis de réaliser qu’il n’y avait pas d’amiante dans l’air. Ceux-ci sont négatifs. « C’est rassurant », dit le chef du parti Citoyens d’abord.

Mais la santé publique, que nous avons contactée, estime que puisque « les locaux étaient fermés depuis cinq jours au moment du test, les conditions d’échantillonnage ne sont pas représentatives des conditions habituelles pour de tels locaux ». La porte-parole du CISSS de la Montérégie-Centre, Chantal Vallée, précise. « En absence d’activité des travailleurs, il est très peu probable que des fibres, si elles étaient présentes, soient remises en suspension dans l’air. »

Aussi, des analyses de moisissures seront réalisées plus tard. « Nous devons attendre pour la moisissure, parce que ces tests-là ne peuvent pas être faits en hiver, mais plutôt au printemps pour détecter s’il y a des champignons dans l’air. Le délai, c’est pour une question de température », ajoute le maire.

À la suite de ces tests, des rénovations devront être apportées dans le bâtiment du 1585, rue Montarville afin de corriger les problèmes qui ont mené à ces infiltrations. En entrevue, M. Grisé Farand reconnaît que l’ouverture de la mairie n’est pas pour tout de suite. « Je n’entrevois pas une réouverture à moyen terme de l’hôtel de ville.  » De son côté, la santé publique recommande un « nettoyage en profondeur après les travaux, suivi d’un test d’échantillonnage d’air pour l’amiante ».

Une certaine valeur patrimoniale

Les travaux correctifs qui seront effectués permettront aussi de s’assurer que la mairie ne se dégrade pas. La Ville ne souhaite pas démolir l’édifice. « C’est un bâtiment que nous voulons conserver. Je parle de son enveloppe extérieure, qui a une certaine valeur patrimoniale. Il est identifié dans notre liste des bâtiments d’intérêt. Mais l’intérieur n’a aucune valeur patrimoniale. Nous pourrions faire ce que nous voulons de l’intérieur », soutient M. Grisé Farand. 

Dans sa réflexion, Saint-Bruno-de-Montarville se demande ce qu’elle fera avec l’édifice et l’utilité de l’hôtel de ville dans l’avenir. En entrevue, il a aussi été question de la bibliothèque. 

Le projet de la bibliothèque

En effet, en juin dernier, la Ville dévoilait les grandes lignes de son îlot central, premier jalon des futurs pôles civique et culturel. Dans ce projet, une nouvelle bibliothèque, bâtie sur le site de la caserne de pompiers, est dans les plans. 

Il avait été mentionné que la construction de la nouvelle bibliothèque ne se ferait pas avant 2030, soit dans un éventuel troisième mandat du maire et de son équipe. Or, la situation actuelle avec la mairie pourrait faire devancer le déménagement de la bibliothèque. Du moins, cette option fera partie de la réflexion à venir, avance le maire Grisé Farand. 

Un calendrier revu

Ainsi, le conseil municipal a révisé le calendrier de ses séances pour l’année 2026. Celles-ci se déroulent normalement un mardi par mois dans le salle du sous-sol de la mairie. En raison des circonstances avec la fermeture préventive du bâtiment, la Ville a décidé de déplacer ces rencontres mensuelles. Les réunions des séances du conseil se déroulent à 19 h au Centre Marcel-Dulude (530, boulevard Clairevue Ouest). Les dates déjà prévues au calendrier 2026 sont maintenues, sauf pour quatre rendez-vous. Celui du 28 avril est déplacé au 29 avril, celui du 26 mai est repoussé au 27 mai, celui du 17 novembre est devancé au 16 novembre et la rencontre du 8 décembre est décalée au 7 décembre.