Saint-Bruno : une fermeture préventive de l’hôtel de ville

À la demande de la Direction de santé publique de la Montérégie-Centre, Saint-Bruno a fermé de façon préventive son hôtel de ville le lundi 9 février. La présence de matériaux contenant de l’amiante et la qualité de l’air sont en cause.

« La protection de la santé des employés et des citoyens demeure une priorité », mentionne la porte-parole de Saint-Bruno, Manon Lacourse.

Demande de la santé publique

La décision de fermer la mairie de façon préventive fait suite à une démarche d’évaluation qu’a effectuée l’administration municipale à la suite de préoccupations exprimées par des employés en lien avec la qualité de l’air. À la lumière des informations recueillies et après une visite des bureaux en compagnie d’experts de la Direction de la santé publique de la Montérégie-Centre, la Ville a été avisée, le 6 février, de la nécessité de procéder à une fermeture préventive du bâtiment. Le 9 février, Saint-Bruno fermait sa mairie et relocalisait des employés. Pour la Ville, cette « décision est basée sur une évaluation du risque potentiel, non sur un constat de danger immédiat ou avéré. Il s’agit d’agir avant qu’un risque ne se matérialise ».

Selon la santé publique, la CNESST a été informée de la situation et de la demande de relocalisation. « Il n’est pas attendu que les citoyens qui ont fréquenté les locaux précédemment pour obtenir des services présentent des effets à la santé en lien avec l’amiante dans le bâtiment. Pour l’instant, la santé publique de la Montérégie ne peut pas se prononcer sur les risques auxquels les travailleurs ont pu être exposés », affirme la porte-parole du CISSS de la Montérégie-Centre, Chantal Vallée.  

Amiante et dégât d’eau

L’immeuble de la mairie, bâti en 1940 et acquis par la Ville en 1957, fait l’objet d’un suivi depuis plusieurs années. Une inspection réalisée en avril 2024 avait notamment permis d’identifier la présence de matériaux contenant de l’amiante, « sans risque pour la santé dans les conditions alors observées », peut-on lire dans le communiqué de la Municipalité. Cette inspection mentionnait aussi des dommages causés par l’eau dans certaines zones, « sans présence visible de moisissures ni odeurs à ce moment ».

« Pour nos employés, cette fermeture vise à éviter toute exposition potentielle. À ce jour, aucune situation nécessitant une intervention de santé auprès d’employés n’a été identifiée », répond Manon Lacourse lorsque le journal lui demande si des effets sur la santé des employés ont été diagnostiqués.

Toutefois, l’évolution de l’état de dégradation observée de certaines surfaces, qui pourrait représenter un risque potentiel de volatilité des fibres d’amiante dans le système de ventilation, a été identifiée comme un facteur aggravant, apprend-on dans le communiqué municipal. Dès que la Ville a été informée des recommandations de la santé publique, la procédure de fermeture préventive a été amorcée.

« Les matériaux qui contiennent de l’amiante sont sans danger lorsqu’ils sont en bon état et qu’ils ne sont pas manipulés. Ils peuvent présenter un risque pour la santé lorsque des fibres d’amiante se détachent et se dispersent dans l’air. Cela peut se produire lorsqu’un matériau se détériore ou lors de travaux. La relocalisation permet d’éviter une exposition à l’amiante jusqu’à ce que tous les matériaux endommagés soient retirés ou réparés », explique Mme Vallée. 

À la suite de ces travaux, les locaux de la mairie et le système de ventilation devront être nettoyés en profondeur par une firme spécialisée dans le domaine de l’amiante. Un test d’air pour l’amiante devra être effectué ensuite. La santé publique a fait des recommandations à la Ville sur les règles à suivre si des employés doivent entrer dans le bâtiment, en plus de rappeler l’importance de respecter le Code de sécurité pour les travaux de construction afin d’éviter l’émission de poussières d’amiante. 

Des employés relocalisés

Depuis l’annonce de la fermeture, les employés à l’accueil ont été relocalisés au 630, Clairevue Ouest. La perception des comptes de taxes sera assurée au comptoir des permis, au rez-de-chaussée du 630, Clairevue Ouest. Les services municipaux demeurent accessibles. La majorité des employés, dont le maire, Ludovic Grisé Farand, poursuivent leurs tâches en télétravail. La Municipalité s’apprête aussi à louer des locaux supplémentaires à compter du 1er mars. Une quinzaine de travailleurs sont concernés par ces relocalisations. La séance du conseil de ce mardi 17 février est au Centre Marcel-Dulude.

La Ville va octroyer un contrat afin de réaliser les travaux requis. La réouverture sera annoncée lorsque les conditions auront été jugées sécuritaires par les autorités compétentes. Des vérifications seront aussi réalisées dans d’autres bâtiments municipaux ciblés.