Saint-Bruno: un sixième roman pour Caroline Auger

Caroline Auger a publié son sixième bouquin, Pendant que les arbres brûlent, aux éditions Leméac jeunesse. Le lancement a eu lieu plus tôt cette année au collège Durocher, à Saint-Lambert.

« C’est mon roman le plus engagé personnellement », commente Caroline Auger, que le journal a questionnée. 

Entre un voyage mémorable en Islande et un séjour au parc national du Bic, l’auteure de Saint-Bruno-de-Montarville s’est arrêtée dans une halte routière pour son entrevue téléphonique avec Les Versants. « Il reste encore deux bonnes heures de route à faire avant d’arriver », dit-elle alors que le passage des camions lourds se fait entendre à travers notre conversation. 

Le roman

Syrah est âgée de 16 ans lorsqu’elle fuit l’Alberta avec ses parents et leur motorisé – sa seule maison depuis qu’elle est toute petite. Elle s’installe à Port Renfrew, une petite ville côtière de l’île de Vancouver, espérant pouvoir s’y reconstruire. Pour s’éloigner un peu de sa mère journaliste, avec qui les relations sont de plus en plus orageuses, elle se trouve un emploi à temps partiel dans un café, où elle rencontre Abi, vibrante et troublante. Elle fait également la connaissance de Rudy, de la première nation Pacheedaht, grâce à qui elle découvre la nature grandiose de la région et dont la présence bienveillante l’apaise.

Mais ce qui devait être une renaissance se voit rapidement assombri lorsque Syrah réalise qu’elle est enceinte de James, son ex. Alors que des feux se déclarent sur l’île, menaçant sa famille, l’adolescente devra faire face à un choix douloureux.

Sur le terrain dans l’ouest

Caroline Auger s’inspire de ses rencontres et de ses voyages pour coucher ses idées sur le papier et en créer des histoires. L’action de Pendant que les arbres brûlent se déroule dans l’Ouest canadien, plus précisément à Port Renfrew, une petite ville côtière de l’île de Vancouver. « J’ai commencé mon roman là-bas, à Port Renfrew. Les lieux que je décris ont été visités. Le terrain de camping, le marché de poissons, la forêt… Le chien dans l’histoire, c’est notre chien. Le véhicule récréatif dans lequel voyagent les personnages, c’est notre VR. La femme dans l’arbre sur sa plateforme, j’ai lu son histoire pendant que j’étais sur place », relate Caroline Auger, qui précise qu’elle s’est « fortement inspirée » de sa vie, mais que ce n’est pas d’elle dont il est question. Ni de ses enfants.  

En entrevue, elle confie que l’idée du livre était déjà là, dans sa tête. Toutefois, c’est rendue sur place, dans l’Ouest canadien, que la voyageuse a décidé de camper l’histoire de Syrah dans ces lieux. Elle parle d’un décor symbolique, d’un endroit qui l’a nourrie et inspirée. « Il n’y a pas que les feux de forêt. La déforestation m’a aussi marquée. Je sentais l’odeur des cèdres rouges coupés le long des chemins », illustre-t-elle. 

Des thèmes profonds

Avec Pendant que les arbres brûlent, celle qui enseigne le français en 5e secondaire traite de feux de forêt, d’avortement, d’éco-anxiété, de relations de confiance entre parents et adolescents, de militantisme et de convictions.  « J’aborde des sujets chauds, des thématiques qui me préoccupent, mentionne Caroline Auger, qui vise un lectorat jeune adulte avec son livre. J’évoque des thèmes profonds, plus émotifs. Pendant notre séjour sur l’île de Vancouver, il y avait des feux de forêt, et les États-Unis parlaient de décrets anti-avortement. »

Quand on lui demande pourquoi avoir écrit sur ces sujets, Mme Auger répond que ce sont des thèmes qui habitent ses enfants et ses étudiants. « Pour moi, l’écriture est un exutoire. Certains courent, moi j’écris. J’avais besoin de parler de certaines choses, de les sortir, comme le droit à l’avortement. Surtout pour celles qui n’ont pas le choix. C’est très dur comme choix, ce n’est pas banal. Nous devrions tous être propriétaires de notre corps. Pour s’appartenir », commente la maman de deux enfants.

On doit à Caroline Auger cinq autres titres, dont Les sacrifiées de Lomé (2018) et Une courtepointe pour Chehab (2020). C’est la première fois qu’elle rédige un roman pour les adolescents et jeunes adultes, et une première parution chez Leméac. 

Comme pour d’autres titres provenant de cet éditeur (on pense entre autres aux romans De son oeil et Rap pour violoncelle seul, de la Montarvilloise Maryse Pagé), la lecture de la courte histoire de 125 pages de Mme Auger s’effectue rapidement grâce à son écriture fluide. « Tout va très vite dans ma tête quand j’écris. Le récit est rapide afin que les lecteurs s’en imprègnent tout aussi vite », résume-t-elle.  

Se distinguer

L’oeuvre littéraire de l’auteure n’est pas passée inaperçue. Plus tôt ce printemps, Pendant que les arbres brûlent faisait partie des incontournables de la revue littéraire Communication jeunesse du mois de mai. Le roman a aussi été mentionné dans les choix de La Presse par Véronique Larocque.   

Avec son premier roman policier, Les hyènes rôdent toujours, Caroline Auger a été finaliste pour le prix Cécile-Gagnon et le prix Bernadette-Renaud. Avec son deuxième polar, Les sacrifiées de Lomé, elle a remporté le prix des enseignants de français pour l’année 2019, catégorie 13-18 ans.