Saint-Bruno : un projet de maison supervisée qui tient à coeur

Une citoyenne de Saint-Bruno-de-Montarville a mis sur pied un projet de maison supervisée pour son fils déficient intellectuel léger. Elle souhaite maintenant faire de ce lieu une petite communauté. 

« C’est un projet qui me tient à coeur », confie Nancy Leveillé.

Maison supervisée

Elle et son mari ont fait l’acquisition, il y a plus d’une année, d’une propriété qui était disponible sur le marché. Ils l’ont ensuite convertie en maison supervisée afin d’accueillir quatre jeunes adultes autistes légers ou vivant avec une déficience légère.  

Le premier à occuper les lieux est le fils de 24 ans de Nancy Leveillé. Celui-ci est déficient intellectuel léger. Il habite la maison depuis juin dernier. « Il a trois frères et soeur plus âgés que lui. Il voulait son appartement. Il voulait être seul, mais il ne peut pas vivre seul sans encadrement. Des endroits existent pour des cas plus lourds que le sien. Mais pour lui, il n’y a rien. Si nous les laissons aller, ils vont se perdre dans notre société. La maison supervisée permet d’avoir un cadre. Elle permet cette possibilité », mentionne la mère de famille. 

En août, une autre personne vivant avec des conditions semblables a fait son entrée dans la résidence supervisée. L’homme a 30 ans. Il est venu rejoindre le fils de Mme Leveillé.

« Cette demeure a été créée dans le but de leur permettre d’avoir le sentiment de vivre dans leur propre appartement. C’est une façon pour eux de développer leur autonomie dans un contexte encadré, sécuritaire et structuré, et de tisser des liens d’amitié sincères et authentiques », raconte Nancy Leveillé.

Un esprit de communauté

Le bâtiment propose quatre studios pour accueillir des jeunes comme son fils et son colocataire. Deux pièces à l’étage, deux autres au rez-de-chaussée. Il y a aussi une aire commune et centrale, afin de se réunir dans la journée pour manger, lire, faire des activités. La nuit, chacun rejoint son studio pour dormir seul. « Il y a toujours quelqu’un qui vient sur place pour cuisiner le repas la semaine, préparer des recettes, jouer à des jeux. Ça prend des parents impliqués et engagés. Mon mari et mes autres enfants sont aussi impliqués », exprime Nancy Leveillé.

Dans la maison, ils vivent comme en famille, mais ils ont aussi un coin privé. En entrevue avec le journal, elle soutient que ce logis leur permet d’amener les jeunes vers une plus grande autonomie. Ils vivent avec certaines difficultés. Toutefois, ils sont en mesure de développer leur autonomie. Ils sont capables d’effectuer un travail, mais ont besoin d’encadrement. Elle précise. « L’endroit n’est pas équipé pour des cas très lourds. Ce n’est pas bon pour un jeune nécessitant des soins plus spécifiques. C’est vraiment pour quelqu’un avec des difficultés, mais capable d’autonomie. Mais ces jeunes-là, ils passent parfois dans la craque du système. »

La propriété est équipée d’un système domotique. Il y a également un système pour l’entretien, le ménage, un service psychologique. « La nuit, il y a des consignes, mais ils sont seuls. C’est un système de sécurité encadré. J’habite à cinq minutes de là », poursuit-elle. 

Projet privé

La Montarvilloise n’a pas demandé de cotisations externes pour faire aboutir son initiative de maison supervisée. Le projet est 100 % privé.

Comme ailleurs, les « colocataires » de la maison paient un loyer. Le montant inclut la télévision, l’accès à Internet, un repas chaque soir, la piscine extérieure… « C’est un coût raisonnable. Ils travaillent, mais ils ne gagnent pas 30 $/h. Chaque studio est meublé, prêt à accueillir. »

À la recherche de colocataires

Aujourd’hui, Mme Leveillé souhaite combler les deux autres studios de la maison supervisée. Mais elle ne sait pas où trouver des jeunes qui ont des difficultés semblables à celles de son fils. « Ça existe, mais il faut les trouver. » 

Elle veut « communiquer » ce projet à la communauté. Par contre, elle insiste sur le fait que ça prend des parents impliqués dans l’aventure, engagés dans la maison. « C’est très important. Ce n’est pas un endroit pour placer son jeune et ne pas s’en occuper. Les parents doivent participer à créer cet esprit de communauté et d’entraide. J’ai 57 ans. Je ne serai pas toujours là. Mes trois autres enfants auront leur propre famille un jour. Ce sera plus facile pour eux de s’en occuper. C’est un cadre pour leur créer une belle communauté qui fonctionne avec l’aide des autres familles, parce que nos jeunes vont devenir des  »colocs » heureux et responsables », soutient la maman.

Pour communiquer avec Nancy Leveillé, écrivez à styleambi@gmail.com.