Saint-Bruno: un nouvel agent au SPAL
Tao, un berger allemand, occupe nouvellement la fonction de chien policier de patrouille généraliste aux côtés de son maître-chien, Alexandre Coulombe.
Ce n’est pas le premier policier poilu qui travaille pour le Service de police de l’agglomération de Longueuil. Il est toutefois la nouvelle recrue et vient tout juste de célébrer son deuxième anniversaire, le 19 janvier dernier.
Sa venue dans l’équipe ne fera pas que motiver ses collègues. Avec son maître, un chien policier peut, à lui seul, accomplir l’équivalent du travail de vingt, voire trente agents, surtout dans le cadre de recherches.
« Un chien policier a un rendement sur le temps-homme qui est excellent », précise l’agent Coulombe. Tao est formé pour être un chien policier généraliste. « Ce n’est pas réducteur, bien au contraire. C’est un chien qui n’est spécialisé dans rien, mais il est bon dans tout », assure Alexandre. Détection de drogue, d’argent, d’armes à feu, recherche de preuves, dépistage, débusquement et appréhension, ce sont les principales tâches où l’on met à profit les attributs de ce chien de travail dans ses fonctions de policier.
Il est aussi un atout pour motiver les troupes lors de recherches et un outil relationnel. « Par la présence d’un chien, le policier a un côté un peu plus approchable et ça permet de nous créer des liens plus rapidement », exprime-t-il.
Plusieurs mois d’entraînement
L’entraînement de Tao, un chien actif et motivé par le travail, a pris plusieurs mois afin de répondre adéquatement aux exigences de la police. Après la rencontre entre l’agent Coulombe et Tao, au mois de mars 2025, l’entraînement a pu débuter, tant pour la bête que pour ce nouveau maître-chien.
Basé sur l’instinct primaire de la race, le berger allemand est reconnu pour être un bon chien de travail. L’entièreté de son entraînement repose sur le conditionnement de l’intérêt que le chien développe à jouer avec sa balle, qu’Alexandre traîne en permanence sur lui. Tao ne lâche pas l’objet des yeux lorsqu’il est à l’extérieur du véhicule de police.
« Pour Tao, dont l’instinct primaire est comme un loup, sa balle est sa proie. Je rends la balle intéressante, je la rends vivante, elle bouge dans sa bouche et ça active son instinct primaire de chasse », mentionne-t-il. Pour réaliser les tâches demandées, le berger allemand est motivé par la récompense du jeu avec son maître-chien.
Une véritable connexion
Ce travail est seulement possible lorsque se crée une véritable connexion entre le maître et le chien. Lorsque le policier a débuté sa formation, trois chiens lui ont été proposés. « C’est vraiment avec Tao que j’ai connecté », raconte-t-il.
Trois races de chiens sont principalement entraînées pour en faire des partenaires de police, soit le malinois, le berger hollandais et le berger allemand. « On a choisi le berger allemand puisqu’il est très bon dans tout, mais expert en rien. C’est un couteau suisse de chien de travail », explique M. Coulombe, qui ajoute que cette race démontre un tempérament plus modéré, ce qui facilite la tâche pour un maître-chien à sa première expérience.
Depuis 2011
L’unité canine au SPAL a été fondée en 2011. Aujourd’hui, le corps policier compte trois maîtres-chiens et Tao est le cinquième animal à prendre le service. Frédéric Ringuet a eu, par le passé, Nitro comme acolyte de travail, puis, aujourd’hui, c’est Storm qui est à ses côtés. Steve Tremblay, lui, a travaillé avec Sako et aujourd’hui avec Ghost. Il a d’ailleurs suivi un cours pour devenir instructeur maître-chien afin de former à l’interne de futurs homologues, plutôt qu’à la Sûreté du Québec, comme ce fut le cas pour Alexandre.
« Dans le meilleur des mondes, on souhaite augmenter et avoir cinq maîtres-chiens pour assurer une couverture totale dans l’agglomération sur les cinq relèves », mentionne-t-il.
De la maison au boulot
Les chiens policiers ont aussi un horaire professionnel qui suit celui de leur maître. À la fin de chaque quart de travail, Tao retourne à sa maison, sur le terrain d’Alexandre, où un enclos avec une niche chauffée lui a été installé. Formé pour appréhender, Tao peut, sur l’ordre de son maître, japper ou mordre afin de contrôler un individu qui pourrait être dangereux pour le public ou les policiers. « Il doit être restreint dans un espace sécuritaire pour le public », explique l’agent Coulombe. Ce périmètre, strictement dédié au compagnon canin, lui permet aussi d’avoir une pause bien méritée du travail pour se reposer et être… un chien. « S’il était avec moi à l’intérieur de ma maison, il serait toujours en alerte et prêt au travail. »
Deux passions réunies
Dans le cas d’Alexandre, son amour pour les animaux et le goût d’être maître-chien remontent à son enfance. « Je sais, depuis que je suis tout petit, que je veux être policier dans la vie et je sais, depuis que j’étudie pour devenir policier, que je souhaitais devenir maître-chien », raconte celui qui a grandi avec deux parents vétérinaires qui lui ont transmis l’amour des animaux.
À l’extérieur de son travail, le policier passait déjà son temps à la maison avec des chiens. « C’est l’apex entre ma passion personnelle et mon métier », mentionne-t-il fièrement à propos du métier. Tous les matins, il raconte avoir la chance de quitter sa maison avec l’un de ses chiens pour aller travailler.
