Saint-Bruno s’engage, pas ses voisines
Campagne de solidarité pour la ville de Ristigouche
Saint-Bruno-de-Montarville a adopté une résolution d’appui à la démarche de solidarité à Ristigouche Sud-Est. Une initiative que n’ont pas suivie les villes de Saint-Basile-le-Grand et Sainte-Julie.
La petite ville de Ristigouche Sud-Est compte 165 habitants. Elle se voit poursuivie par la compagnie pétrolière Gastem pour un montant de 1,5 million de dollars. Le village a voté un règlement sur la protection de l’eau potable qui a eu pour effet de bloquer les projets d’exploration de Gastem.
Une campagne de solidarité à la municipalité a vu le jour. Sous le nom de « Solidarité Ristigouche », le mouvement vise à amasser 225 000 $ pour financer la défense du plus petit dans cette affaire.
Le 28 mai, 150 000 $ avait été amassé, provenant de plusieurs dizaines d’organismes et de municipalités, dont celle de Saint-Bruno-de-Montarville, qui versera 1000 $ en guise de participation à cette collecte de fonds.
Controverse
« Comment une Ville peut-elle prendre position dans un conflit juridique entre un demandeur et un défenseur? La Cour supérieure a rendu un jugement en mars 2014 en disant que la demande de Ristigouche était irrecevable et qu’il fallait aller en cour. On parle d’une aide d’environ 225 000 $, pourquoi pas 500 000 $ ? » s’est interrogé André Besner, conseiller municipal de l’opposition, lors de la dernière assemblée publique.
L’élu indique qu’aucune des Villes voisines principales en Gaspésie n’avait appuyé Ristigouche. « De très bonnes causes à défendre existent et elles sont nombreuses. Ce n’est pas avec l’argent des contribuables qu’on doit soutenir une cause juridique.»
Martin Murray, maire de Saint-Bruno, et l’ensemble des conseillers de la majorité n’ont pas hésité à appuyer la résolution, ce que n’ont pas fait les trois membres de l’opposition. « Le montant est symbolique. Il permettra à la municipalité de lutter à armes égales contre les compagnies pétrolières. C’est comme ça qu’on fait évoluer les dossiers. On a une volonté très ferme de récupérer la pleine gestion de notre territoire. C’est une cause intéressante qui peut avoir des retombées très intéressantes pour l’ensemble des municipalités. Le premier contributeur pour cette cause est d’ailleurs l’Union des municipalités du Québec (UMQ) », a-t-il précisé.
Visions différentes
Pour Saint-Basile-le-Grand, la question n’est pas prioritaire. « J’ai lu un courrier sur le sujet. Nous verrons si nous le soumettrons au conseil municipal. Aucune décision pour le moment n’a été prise », rapporte au journal Les Versants Jean-Marie Beaupré, directeur général de la Ville.
À Sainte-Julie, dont la mairesse est présidente de l’UMQ, il n’est pas prévu d’imiter Saint-Bruno-de-Montarville. « Aucune résolution n’a été votée en ce sens par le conseil. Il existe un mécanisme à l’UMQ pour aider les municipalités dans ce genre de situation », a fait savoir la Ville au journal.
Renseignements : http://solidariteristigouche.ca
