Saint-Bruno: retour sur la vie d’Annette Dionne

Annette Dionne, la dernière survivante des célèbres quintuplées franco-ontariennes, est décédée le 24 décembre dernier à l’âge de 91 ans. 

Si elle et ses quatre sœurs étaient bien connues du public en raison du miracle de leur naissance en 1934, peu de gens savent qu’Annette Dionne a été une citoyenne de Saint-Bruno-de-Montarville pendant de nombreuses années.

Nées le 28 mai 1934, à Corbeil, en Ontario, elles sont les seules quintuplées à survivre plus de quelques jours. À cette époque, on ne connaît que deux autres cas semblables. Annette, Émilie, Yvonne, Cécile et Marie, filles d’Oliva et Elzire Dionne, atteindront toutes la majorité. 

Ce n’est qu’en septembre 1987 que sont nés les seuls autres quintuplés canadiens : deux garçons et trois filles.

À l’âge de 18 ans, les cinq jeunes filles sont allées étudier à l’Institut familial de Nicolet, dirigé par les sœurs de l’Assomption de la Sainte-Vierge.

À la bibliothèque municipale

En 1959, Annette Dionne s’est installée à Saint-Bruno-de-Montarville. Elle a eu trois garçons, Jean-François, Charles et Éric, qui ont fréquenté l’école De Montarville. 

Autour des années 1980, elle a occupé un poste de bibliothécaire à la bibliothèque municipale, au comptoir du prêt, dans la section des enfants. Sa sœur, Yvonne Dionne, a été embauchée à la bibliothèque en 1976 à titre de commis jusqu’à sa retraite en 1994, mais du côté des adultes. Au départ, elles y ont travaillé au local initial, au-dessus de la caserne des pompiers, et, plus tard, sur le boulevard Seigneurial Ouest.

Annette Dionne était la dernière des quintuplées en vie. Cécile est décédée dans un hôpital de Montréal quelques mois auparavant, le 28 juillet 2025. Émilie, qui était épileptique, a rendu l’âme au début de sa vingtaine, en août 1954. En 1970, ce fut le tour de Marie. Yvonne, qui résidait aussi à Saint-Bruno, est décédée en 2001.

Un hommage à la vie d’Annette Dionne a eu lieu le 9 janvier à Saint-Hyacinthe.

Une enfance particulière

L’enfance des quintuplées aura été fortement médiatisée. Le gouvernement de l’Ontario, craignant qu’on les exploite, les enlève à leurs parents et les place dans un hôpital construit spécialement à cette fin, sous la surveillance du Dr Allan Roy Dafoe, qui les a mises au monde. Elles deviennent une grande attraction touristique du Canada et rapportent 500 millions de dollars à la province. Trois millions de personnes voyagent jusqu’au « pays des quintuplées » (Quintland) pour voir les fillettes jouer derrière un écran de verre sans tain. Leur mère, Oliva Dionne, s’est battue pendant neuf ans pour les récupérer.