Saint-Bruno : objectif atteint pour le 30e Tour Charles-Bruneau 

Le 30e Tour CIBC Charles-Bruneau a fait escale au Club de curling de Saint-Bruno-de-Montarville, le 10 juillet, alors que des centaines de cyclistes effectuaient les derniers kilomètres de leur défi au profit des enfants atteints d’un cancer.

Répartis sur huit parcours d’une à quatre journées, plus de 1 000 participants, dont près de 750 cyclistes, ont roulé du 4 au 10 juillet afin de ramasser des fonds pour la recherche sur les cancers pédiatriques. Tous convergeaient vers Boucherville, où le Tour se terminait pour annoncer le montant amassé qui est de 4 050 000 $, dépassant ainsi l’objectif initial de 3,8 M$.

Une équipe solidaire

Parmi les cyclistes rencontrés lors de l’arrêt à Saint-Bruno se trouvaient plusieurs employés de Cascades. L’entreprise s’est distinguée cette année en réalisant la plus importante collecte de fonds du Tour, avec 619 411,38 $ amassés grâce à la mobilisation d’une centaine d’employés venant de différentes installations de l’entreprise, tant au Québec qu’aux États-Unis.

Originaire de Thetford Mines, Hugo Gouin participe au Tour CIBC Charles-Bruneau depuis quatre ans. Père de trois enfants et employé de Cascades depuis 25 ans, il raconte que l’engagement de son employeur envers la cause l’a notamment convaincu de se lancer dans l’aventure. 

« Cette année, on est une centaine de participants qui travaillons pour Cascades. Il y a même deux Américains de l’usine du Wisconsin qui roulent avec nous. C’est une grosse levée de fonds, on se rassemble tous pour la cause. On participe à des activités pour solliciter les gens », explique-t-il.

Depuis deux ans, il relève le défi du plus long parcours, qui représentait une distance de 550 km répartie sur quatre jours. Le circuit partait de Lévis pour se terminer à Boucherville. « Je ne suis pas un cycliste dans la vie. Je fais autant de kilomètres pendant le Tour que pour me préparer durant toute mon année », lance-t-il en souriant. Pour y arriver, il débute son entraînement dès le mois de février sur un vélo stationnaire avant de prendre la route dès que les conditions le permettent.

Sa collègue Roxanne Savaria, employée de l’usine Cascades d’Eau Claire au Wisconsin, en était, quant à elle, à une deuxième participation. Après avoir parcouru 270 km en deux jours entre Victoriaville, Saint-Hyacinthe et Boucherville, elle affirme que ce n’est pas la passion du vélo qui la motive. « Je ne suis pas une cycliste, pas du tout! J’ai mes collègues qui me poussent et me motivent, mais on le fait pour la cause, bien évidemment. »

Mère de deux filles, elle dit mesurer sa chance de les voir grandir en santé. « Je suis hyper-privilégiée d’avoir des enfants en santé. Si ça nous arrivait, on serait contents d’avoir ce support-là. C’est autant pour ça que je participe à cette cause. »

Des enfants héros

Au-delà du défi sportif, les cyclistes rappellent que ce sont les enfants qui donnent un sens à chacun des kilomètres parcourus.

L’équipe de M. Gouin et Mme Savaria était jumelée à Samy, un garçon de quatre ans originaire de Thetford Mines. Ayant reçu un diagnostic de lymphome lymphoblastique de type B en janvier 2025, il est l’un des cinq enfants héros de cette 30e édition du Tour CIBC Charles-Bruneau.

« On l’a rencontré au départ et il nous a suivis tout au long du parcours en voiture pour nous encourager. On les voit le matin et on soupe avec eux le soir. On ne peut pas avoir mal ni se plaindre lors de notre expédition quand on les voit se battre contre la maladie avec autant de courage et de persévérance », confie M. Gouin.

Une autre équipe de Cascades, dont plusieurs employés travaillent au siège social de Saint-Hubert, participait au parcours d’une journée de 115 kilomètres. Les cyclistes étaient jumelés à Liam, un autre petit garçon qui a combattu le cancer et qui est en rémission.

Annabelle Leclair en était à sa sixième participation. « Je me suis inscrite avec des collègues pour les activités de levée de fonds et depuis ce temps, je participe chaque année. Nous, c’était une journée qui représente 115 km. C’est un beau défi. Je le fais pour la cause et pour le plaisir de rouler avec mes collègues. »

Lorsque la fatigue se fait sentir, elle dit immédiatement penser aux enfants. « Quand tu arrives vers la fin, que tu as mal au dos et que tes jambes brûlent, on se dit que c’est ça seulement le temps d’une journée. Mais il y a des enfants qui subissent au quotidien des injections, des traitements, de la chimiothérapie et qui luttent contre la maladie. C’est ce qui motive à participer et à continuer de pédaler. »

Une grande famille

Au fil des années, le Tour est aussi devenu une véritable communauté où l’entraide occupe une place centrale. « C’est bien agréable, on est une super belle gang. Parmi les participants, il y a de bons cyclistes, alors on apprend des meilleurs. J’aurais jamais roulé en peloton si ce n’était pas de cet événement. Ils nous expliquent comment bien faire et on aide ceux qui débutent », raconte M. Gouin.

Même constat pour Mme Leclair. « J’aime aussi l’esprit d’équipe qui y règne. Hier, on a soupé tout le monde ensemble à l’hôtel. Ce matin, au départ, on s’encourageait. C’est une ambiance très positive et agréable. »

Cette solidarité s’étend aussi aux nombreux bénévoles qui accompagnent les cyclistes tout au long du parcours. Cette année, ils étaient plus de 200 à contribuer au succès de l’événement. Bénévole depuis cinq ans pour le Tour, Karina Provost faisait partie de l’équipe de soutien lors du circuit entre Saint-Hyacinthe et Boucherville.

Sa filleule, Charlie, aujourd’hui âgée de 17 ans, est une survivante de la leucémie qu’elle a combattue à l’âge de cinq ans. « Nous recevons des macarons avec les portraits de nos héros. Ces enfants nous ont suivis toute la semaine avec leur famille. Il y en a qui montent même sur les motos du personnel de sécurité sur les routes. Ça leur fait passer une belle semaine et ils peuvent rencontrer les participants », raconte-t-elle.

Événement majeur

Depuis sa création en 1996, le Tour a permis d’amasser plus de 55 M$ afin de financer la recherche sur les cancers pédiatriques. Les sommes recueillies contribuent au développement de traitements plus efficaces, à la réduction des séquelles liées aux traitements et à l’amélioration des chances de guérison des jeunes patients. Presque chaque jour, un enfant reçoit un diagnostic de cancer au Québec.