Saint-Bruno ne renouvellera pas l’expérience
Un champignon contre l’agrile
Dans son plan d’action pour lutter contre l’agrile du frêne, Saint-Bruno-de-Montarville a collaboré aux essais d’efficacité du BioCeres, un champignon pour contrer la progression de l’insecte, développé par l’entreprise Anatis Bioprotection. Un test qui ne sera pas renouvelé dans la municipalité malgré l’efficacité du produit.
La firme de recherche Anatis Bioprotection, située à Saint-Jacques-le-Mineur, produit et distribue des insectes bénéfiques utilisés comme agents de lutte biologique. Un de leurs produits, le BioCeres, est un microchampignon, le Beauveria bassiana, pulvérisé directement sur l’écorce et le feuillage des frênes à haute pression. Un projet-pilote a démontré que ce champignon offre un potentiel intéressant contre la progression de l’agrile du frêne.
« Beauveria bassiana est un entomopathogène généraliste utilisé depuis une centaine d’années en culture serricole et en grandes cultures pour protéger les récoltes contre différents ravageurs. En 2014, Anatis a procédé à un essai exploratoire dans la municipalité de Hampstead, Montréal, où l’on a observé que l’application de BioCeres sur le feuillage et le tronc de frênes permettait de réduire de façon importante la population d’agriles du frêne adulte. En 2015, à Saint-Bruno-de-Montarville, Anatis a sélectionné aléatoirement 9 frênes sur les 38 présents sur la montée Montarville pour ensuite traiter ces arbres à 4 reprises au mois de juillet avec BioCeres », a expliqué au journal Les Versants Ève Boileau, employée d’Anatis Bioprotection, détentrice d’une maîtrise de l’environnement à l’Université de Sherbrooke, d’une maîtrise en neuroscience à l’Université de Colombie-Britannique et d’un baccalauréat en biochimie à l’Université de Montréal.
Efficace
« De façon similaire aux observations faites à Hampstead, Anatis a observé que les applications de BioCeres ont permis de réduire de façon importante la population d’agriles du frêne dans les arbres traités à Saint-Bruno », soutient la scientifique.
Le champignon, appliqué une fois par semaine sur les arbres, pénètre l’insecte par simple contact ou si ce dernier l’ingère. Il va ensuite le tuer de l’intérieur. Toutefois, même si l’on peut lire sur le site de Saint-Bruno que « le projet se terminera en mars 2016 par l’écorçage des frênes, sous une petite surface, qui permettra de quantifier les larves présentes », l’entreprise indique que la Ville n’a pas souhaité poursuivre l’expérience, qui semble pourtant concluante.
Fin du programme
« La Ville de Saint-Bruno a accueilli le projet d’Anatis pour encourager la recherche et le développement. Celle-ci a offert un site de recherche de même que la collaboration de sa division de l’environnement. Les résultats obtenus sur les agriles adultes ont permis de conclure que BioCeres présente un niveau intéressant d’efficacité. À la lumière de ces conclusions, il ne s’est plus avéré nécessaire de poursuivre jusqu’au printemps prochain. Le programme s’est donc terminé à la fin d’un processus normal. La Ville souhaite que d’autres villes s’impliquent à leur tour et accueille de telles expérimentations sur leur territoire », a précisé Suzanne Le Blanc, directrice des communications à Saint-Bruno.
À Dorval, par contre les tests débutés en 2015 se poursuivront jusqu’en novembre 2016. Comme à Saint-Bruno, les traitements sont terminés, mais l’étude se poursuit sous forme d’observation/évaluation de la santé des arbres. Cette étude menée par Santé Canada s’achèvera en novembre 2016 et permettra d’obtenir davantage de résultats par rapport à l’efficacité de BioCeres contre l’agrile du frêne.
Anatis demandera à Santé Canada, en février 2016, l’extension d’homologation de son bioinsecticide BioCeres. « Cette demande permettra, dans un avenir rapproché, aux municipalités et aux citoyens désirant lutter contre l’agrile du frêne de disposer d’une solution efficace, environnementale et durable contre ce ravageur », de conclure Mme Boileau.


