Saint-Bruno : mandat de grève des cols blancs

Le début de la séance du conseil municipal à Saint-Bruno-de-Montarville, le 18 novembre, une première depuis les élections municipales, a été marqué par la présence des cols blancs de la Ville. 

« Bonjour à nos cols blancs qui sont ici. On vous salue. Merci pour votre beau travail », exprime le maire, Ludovic Grisé Farand. 

Après s’être entendue sur un accord de principe avec le Syndicat des employés cols bleus, la Ville est en négociation avec ses travailleurs cols blancs. Ces derniers sont sans contrat de travail.

Mandat de grève

Or, le journal Les Versants a appris que ce mardi soir, les employés cols blancs de Saint-Bruno se sont munis d’un mandat de grève. Ils ont voté à 97 % en faveur de cette résolution lors d’une assemblée générale de leur unité des Syndicats regroupés des employés municipaux (SREM), section locale 306 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

La Municipalité a aussi confirmé que ses employés cols blancs ont tenu un vote de grève mardi dernier.

« Manifestation silencieuse »

C’est à la suite de ce vote que les cols blancs ont choisi d’aller assister, le temps de quelques minutes, à la séance du conseil municipal. Selon le SCFP FTQ, « ils ont ainsi manifesté de façon silencieuse et respectueuse, mais bien visible ».

« Chaque négociation a sa dynamique propre. Si le Syndicat juge approprié de recourir à des moyens de pression à ce stade-ci, cela relève de son droit. Pour notre part, nous demeurons engagés à poursuivre les discussions de bonne foi dans le cadre approprié », commente la porte-parole de Saint-Bruno-de-Montarville, Manon Lacourse. 

Par ailleurs, la partie patronale aurait quitté la table des négociations à la suite de six demi-journées de discussions, lit-on dans un communiqué du Syndicat canadien de la fonction publique (FTQ). 

La Ville précise

Contactée par Les Versants, la Ville a tenu à commenter. « Nous souhaitons rectifier une affirmation véhiculée dans le communiqué syndical, selon laquelle la partie patronale aurait  » quitté la table hâtivement, après seulement six demi-journées de pourparlers  ». Cette interprétation ne reflète pas fidèlement la démarche de la Ville. La proposition de médiation ne constitue pas un abandon du processus, mais plutôt une volonté claire de créer les conditions nécessaires pour avancer de manière efficace et respectueuse », répond Manon Lacourse. 

Pour le Syndicat, l’objectif est de régler cette négociation sans conflit de travail et sans inconvénient pour la population. « Mais pour que l’on puisse y arriver, il faudra que l’employeur repense son approche. Par exemple, on nous demande des reculs majeurs et inacceptables sur les modalités de l’assurance salaire. Il y aura aussi beaucoup de pain sur la planche au sujet des salaires, de la sous-traitance, des horaires de travail et du télétravail. Nos membres sont très motivés et très unis, alors nous n’excluons pas des moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève en 2026 », explique la présidente des SREM-SCFP 306, Karine Laprise.

Intervention du ministre du Travail

À sa demande, le ministre du Travail a nommé un conciliateur pour le dossier. Une rencontre de négociations est à venir en décembre, et deux autres se dérouleront en janvier. 

Manon Lacourse, au Service des communications de la Municipalité, poursuit. « Concernant l’état des négociations, il est important de préciser que la Ville a proposé de recourir à la médiation. Il s’agit, à notre avis, d’un mécanisme constructif et collaboratif pour favoriser un dialogue encadré. Après quelques rencontres, il est apparu que les discussions spontanées seraient plus ardues, ce qui confirmait la nécessité d’un soutien externe pour faire progresser le échanges », dit-elle avant de rappeler que la Ville a la responsabilité de déboucher sur une entente satisfaisante pour les deux clans. « Il faut y parvenir le plus rapidement possible. C’est dans cet état d’esprit que la médiation a été mise sur la table. »  

Questionné par Les Versants à propos de ce dossier, le maire, Ludovic Grisé Farand, a bon espoir que la Ville règlera rapidement avec ses cols blancs. « J’ai confiance en l’administration. »

De 2017 à 2024

La convention collective des cols blancs de Saint-Bruno est échue. Le dernier accord, scellé en avril 2019 à la suite d’une entente de principe, avait été signé pour une durée de huit ans, soit du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2024. Les négociations s’étaient échelonnées sur deux années. Une majorité de 98 % des membres avaient approuvé l’offre de contrat de travail.