Saint-Bruno: le Tribunal administratif du travail intervient

Le Tribunal administratif du travail est intervenu une deuxième fois après que la Ville de Saint-Bruno- de-Montarville a déposé une demande d’intervention urgente concernant des moyens de pression illégaux de la part des cols bleus.

Le 19 décembre dernier, le Tribunal administratif du travail a déclaré que des actions concertées par certains cols bleus ont porté préjudice à des services auxquels le public a droit, soit l’arrosage et l’entretien des patinoires de la ville et les opérations de déneigement.

Le 3 octobre 2025, la Ville avait présenté une demande similaire, demandant l’intervention urgente du Tribunal afin de faire cesser des moyens de pression qualifiés d’illégaux exercés par les cols bleus.

À l’époque, la Ville soutenait que les salariés cols bleus avaient décidé d’arrêter de travailler à midi plutôt qu’à 13 h, avaient mobilisé des camions de la Ville pour les abandonner un peu partout sur le territoire et utilisé ces derniers afin de manifester sur les heures de travail, notamment devant la résidence du maire, et ce, sans autorisation.

Le 8 octobre, le Tribunal entérinait une entente entre les parties par laquelle le Syndicat s’engageait à faire cesser les moyens de pression illégaux. 

Patinoires et déneigement

La section locale concernée du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, s’était ensuite engagée à faire cesser les moyens de pression illégaux.

Depuis la semaine du 8 décembre, la Ville soutient que les cols bleus menaient à nouveau des moyens de pression illégaux, refusant de faire des heures supplémentaires afin d’effectuer l’arrosage et l’entretien des 15 patinoires, ainsi que pour des travaux de voirie, notamment le déneigement.

La Ville compte dans ses rangs 84 cols bleus, permanents et temporaires.

« Par cette action concertée, les salariés cols bleus de la Ville ont porté préjudice à des services auxquels le public a droit, soit l’arrosage et l’entretien des patinoires de la Ville et les opérations de déneigement », a tranché le juge administratif Jean-François Beaumier.

Sans convention depuis un an

Des travailleurs cols bleus et cols blancs de la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville se sont présentés en séance le 9 décembre.

C’était la deuxième fois que des employés municipaux s’entassaient au sous-sol de l’hôtel de ville pendant une séance du conseil. 

Le 18 novembre, l’assemblée régulière avait vu arriver les cols blancs de la Ville alors qu’ils venaient tout juste de s’attribuer un mandat de grève. Ils avaient voté à 97 % en faveur de cette résolution lors d’une assemblée générale de leur unité des Syndicats regroupés des employés municipaux (SREM), section locale 306 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). La Ville est en négociation avec ses travailleurs cols blancs, qui sont sans contrat de travail.

Des membres du Syndicat des employés cols bleus de Saint-Bruno (SCFP, section locale 3696) étaient aussi dans la salle. Chacun arborait un t-shirt orange indiquant « Les bleus répondent présent 24/7, beau temps/mauvais temps et en cas d’urgence ». L’un des cols bleus, assis dans la première rangée, avait ajouté au marqueur noir le message « Ce n’est pas réglé ! », faisant référence au discours du maire, Ludovic Grisé Farand, lors du passage des cols blancs le 18 novembre. Il avait évoqué que la situation avec les cols bleus était « réglée ».

Le Syndicat des employés cols bleus de Saint-Bruno a refusé l’accord de principe conclu avec la Ville le 22 octobre dernier. Les membres l’ont rejeté à 80 % lors de l’assemblée syndicale du 26 novembre. La convention collective est échue depuis le 31 décembre 2024. Les parties sont en négociation depuis le 10 juin 2024.