Saint-Bruno : le Comité citoyens piscine toujours mobilisé
À quelques semaines des élections provinciales, les membres du Comité citoyens piscine interpellent les partis politiques du Québec. Le regroupement veut faire du futur règlement sur la sécurité des piscines résidentielles un enjeu de campagne électorale.
« À deux mois des prochaines élections provinciales, notre regroupement de citoyens, le Comité citoyens piscine (CCP), souhaite connaître officiellement la position des partis concernant le règlement sur la sécurité des piscines résidentielles », exprime le Montarvillois Louis Mercier.
M. Mercier fait partie du CCP, aux côtés, notamment, de deux citoyens de Boucherville. « Le Comité citoyens piscine est un regroupement citoyen indépendant et non partisan. Notre démarche n’a pas pour objet d’appuyer une formation politique, mais de permettre aux électeurs concernés de connaître les engagements des différents partis à l’égard de ce dossier », explique Louis Mercier.
Un questionnaire
Le CCP demande donc aux partis politiques de prendre position en répondant à une série de questions qui leur ont été acheminées par courriel. « Nous souhaitons diffuser les réponses des différentes formations politiques afin que les citoyens intéressés puissent connaître les engagements de chacun avant le scrutin du 5 octobre prochain. Les réponses reçues, de même que les éventuelles absences de réponses, seront compilées et rendues publiques dans un document comparatif qui sera transmis aux cinq partis politiques participants, aux médias, aux organismes intéressés et, bien entendu, aux propriétaires de piscines qui nous ont fait confiance », indique celui qui a été conseiller municipal à Saint-Bruno-de-Montarville pendant un mandat.
Parmi une dizaine de questions, le CCP demande notamment : « Si votre gouvernement crée un comité pour revoir le règlement, celui-ci reconnaîtra-t-il le CCP comme un intervenant incontournable devant être invité à participer à ce comité chargé de réviser le règlement? » ou encore : « Si votre parti forme le prochain gouvernement, vous engagez-vous à évaluer officiellement l’intégration de technologies modernes de prévention, de détection et d’alerte dans le cadre réglementaire applicable aux piscines résidentielles, sous réserve qu’elles démontrent leur fiabilité et leur efficacité? ».
Rappel
Les « piscines pré-2011 » devaient d’abord être conformes aux dispositions applicables du règlement au 1er juillet 2023. Le CCP a fait des représentations auprès des instances compétentes pour faire comprendre que l’échéance qui suivait la pandémie de 2020 n’offrait pas assez de temps aux propriétaires pour se conformer. Le travail des membres du CCP a permis d’aller chercher un report au 30 septembre 2025.
Par la suite, le CCP a découvert que les documents fournis par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) depuis les dernières années, dont le guide d’application de 18 pages destiné aux officiers municipaux, avaient induit des propriétaires de piscines en erreur. « Un constat troublant qui a eu pour effet d’induire plusieurs propriétaires en erreur quant à leurs obligations réglementaires », commente Louis Mercier.
Le CCP a demandé à la ministre Andrée Laforest, le 25 août 2025, un report pour permettre aux propriétaires de se conformer, ce qui a été refusé. « Estimant que les enjeux soulevés méritaient un nouvel examen, nous avons relancé la nouvelle ministre nommée du MAMH, Geneviève Guilbault, le 16 septembre 2025, qui a été réceptive à nos arguments. Il s’en est suivi un report de deux ans, au 30 septembre 2027 », rappelle le Montarvillois.
Mémoire
Après ces deux reports, le CCP a poursuivi ses travaux afin de documenter de façon plus rigoureuse les enjeux soulevés par le règlement sur la sécurité des piscines résidentielles. Il a bonifié ses renseignements auprès de propriétaires de piscines concernés, puis a fait l’analyse de 256 dossiers de noyades survenues dans des piscines résidentielles entre 2000 et 2025. « Nous avons produit un mémoire très étoffé sur les améliorations à apporter à ce règlement.
Il met notamment en évidence plusieurs éléments qui, selon nous, méritent une réévaluation sérieuse du règlement », plaide M. Mercier. Le mémoire a été adressé à la ministre Geneviève Guilbeault en avril dernier.
Le courriel que le CCP a acheminé aux différents partis politiques a aussi été transmis à plusieurs organisations et intervenants concernés, dont l’Union des municipalités du Québec, la Fédération québécoise des municipalités, le Bureau du coroner du Québec, le MAMH ainsi qu’à d’autres organismes intéressés par cette question de sécurité publique.


