Saint-Bruno : vaincre la dépendance : le combat d’une vie
La Montarvilloise Véronique Tomasino Larivière a souligné, en avril, ses six années de sobriété. Ce virage entier demeure son combat, une journée à la fois.
Le 4 avril 2020 marque la date de sobriété de Véronique Tomasino Larivière. À travers le soutien d’une association, la Montarvilloise a métamorphosé sa vie du tout au tout, tant sur le plan psychologique que physique.
L’image d’une souffrance
La femme de 41 ans pose un regard sur la version d’elle, six ans plus tôt. « Elle souffrait beaucoup », confie la femme au journal. Festive de nature, elle cible de 2019 à 2020 comme étant sa « descente aux enfers ».
La COVID-19 aura été salutaire pour elle. Si, pour certains, la période d’isolement a accentué leur propension à consommer, ce passage a eu l’effet inverse chez elle. « On n’avait plus de vie sociale, on ne travaillait pas. Le temps s’était arrêté. J’ai pris le temps de prendre soin de moi », se souvient Mme Tomasino Larivière. Elle est devenue mère en 2018. « J’ai voulu être toute là pour ma fille. C’est comme si la vie me donnait un deuxième congé de maternité, lucide », compare-t-elle. La prise de conscience a été nette. « Peut-être que je ne suis pas si fonctionnelle, qu’il est temps que je ralentisse, que j’arrête, que je reprenne le contrôle de ma vie », a-t-elle alors mis en perspective.
Café gris de sous-sol d’église
Au fil de ce processus de reprise de santé en main, les longues marches dans Saint-Bruno ont occupé une place importante dans sa routine. Elle a été initiée aux Narcotiques anonymes. « Je suis allée boire du café gris dans un sous-sol d’église », identifie-t-elle, avec assez de justesse. Elle s’est ainsi développé un réseau social de gens « comme elle ».
L’entraînement s’est ajouté à la démarche. Avant les rencontres de groupe, les séances sportives se sont imbriquées. « Je me suis dépensée autrement que dans la consommation », situe Véronique Tomasino Larivière.
Une minute à la fois
Ce rétablissement, elle le mène en vivant le moment présent. « Le bout qui est tough, ce n’est pas d’arrêter de consommer. C’est plutôt de travailler ses comportements de dépendante », nuance-t-elle. La quadragénaire mentionne que le défi reste quotidien. « C’est d’accepter que tu vas vivre tes émotions, tous les jours, à frette, que tu vas passer à travers et que ça va être correct », cadre-t-elle. Les années s’écoulent et le temps fait son œuvre. « C’est plus doux, mais c’est quand même présent. On n’est jamais à l’abri. Des fois, c’est une minute à la fois… »
Un regard qui change
Six ans plus tard, elle lève son verre (sans alcool) à celle qu’elle est devenue. « Je me pince encore. J’ai de la misère à croire que j’ai fait tout ce chemin », reconnaît la femme de Saint-Bruno.
Dans la foulée, elle a réorienté sa vie professionnelle. Elle est retournée sur les bancs d’école et s’est appropriée une nouvelle carrière, à la Régie de l’énergie. « J’ai viré ma vie de bord. Je suis fière de mon cheminement, de ma force, de ma résilience, de ma détermination et de mes imperfections », affirme-t-elle.
Pour la suite, elle envisage de ne jamais absorber une goutte d’alcool à nouveau. « Pour moi, un verre, c’est trop, et douze, ce n’est pas assez. L’acquis de me lever tous les matins en forme, pas fatiguée de lendemain de veille, je ne reviendrais pas en arrière », estime la mère de famille.
Aujourd’hui, elle offre à son tour son aide pour certaines personnes qui, comme elle il y a six ans, ont eu envie d’entamer le combat de leur vie.
