Saint-Bruno : la mobilisation se poursuit dans le monde communautaire 

La pluie n’a pas fait reculer les organismes communautaires de Saint-Bruno-de-Montarville qui sont à boutte. Mardi dernier, malgré la météo, ils étaient une cinquantaine à marcher dans les rues, à scander des slogans, pancartes à la main. 

« Beau temps, mauvais temps, on exige du financement! » pouvait-on entendre tout au long de cette grande marche de mobilisation.

Besoin de financement

Rassemblés au centre communautaire de Saint-Bruno, ils ont quitté à 10 h avec pour lieu de rendez-vous le lac du Village. Dans le groupe, on pouvait notamment reconnaître le nouveau directeur général du Centre d’action bénévole Les p’tits bonheurs, Pierre Paquette. « C’est un mouvement [Le communautaire à boutte!] nécessaire. Nous avons besoin de financement. Par rapport à tous les services proposés au CAB, nous sommes sous-financés. Pour offrir davantage de ces services, pour les bonifier, il faut être appuyés », commente Pierre Paquette.

« Le mépris a un prix, la grève en est le prix », est un autre cri du coeur qui pouvait se faire entendre pendant le déplacement des organismes communautaires. Les directrices générales de la Maison de la Famille de Saint-Bruno (CAME) et de la Maison des jeunes de Saint-Bruno, respectivement Aline Desfossés et Caroline Gauthier, faisaient partie de ce groupe, de même que la responsable de concertation – Table de solidarité de Saint-Bruno, Khadija El Bouhali, et bien d’autres aussi. Comme Marie-Ève Lépine et Michaël Garellis, du CAB Les p’tits bonheurs, et Ali Soboh, du conseil d’administration de la MDJ de Saint-Bruno… 

Se faire entendre

« Nous ne sommes pas des médecins spécialistes. Notre seul moyen pour nous faire entendre, c’est de sortir dans la rue et d’avoir le soutien des citoyens et des médias. Ce n’est pas notre job, sortir dans la rue; nous, nous sommes capables de soutenir le filet social, mais c’est le seul moyen que nous avons », déplore Khadija El Bouhali.

Elle se tenait au front de cette grande marche de mobilisation, en compagnie d’Ali Soboh. Ensemble, ils soutenaient la banderole sur laquelle est écrit en grosses lettres colorées le nom du mouvement de grève « Communautaire à boutte! ».  Le communautaire à boutte! est le nom du mouvement national de grève impliquant des revendications du milieu communautaire qui s’est déroulé du 23 mars au 2 avril. L’initiative déplore le manque d’investissement du gouvernement du Québec, un enjeu que des organismes locaux dénoncent aussi. 

Le municipal impliqué

Sur le terrain, le journal a aussi croisé la conseillère municipale du district 2 – Des aviateurs, Michelle Lavergne. Elle est responsable du secteur communautaire et de la jeunesse. La mairesse suppléante pendant le congé parental du maire Ludovic Grisé Farand, la conseillère municipale du district 4 – De l’ancienne gare, Nancy Cormier, était aussi présente sous un énorme parapluie. « Ces organismes-là, ils ont besoin de financement. Pour les gens en difficulté, nos organismes forment le filet social pour une partie de notre communauté. C’est important de se tenir ensemble pour les aider », exprime Nancy Cormier. 

Rappelons qu’en février, lors d’une séance régulière, le conseil municipal de Saint-Bruno donnait son appui au mouvement Le communautaire à boutte! et à ses organismes communautaires locaux. Pour le maire Grisé Farand, les organismes communautaires représentent l’épine dorsale de Saint-Bruno. « Ils soutiennent une bonne partie de la fondation de notre ville. Saint-Bruno est une ville aisée, mais il ne faut jamais oublier ceux qui sont plus dans le besoin. Nous avons plein d’organismes. C’est important pour moi qu’ils puissent avoir les ressources nécessaires pour effectuer leur travail », disait-il en entrevue au journal.

Tout en marchant, Nancy Cormier reprend. « Notre présence ici, à Michelle Lavergne et moi, ça parle beaucoup, je pense. Nous sommes, à la Ville, à l’écoute de nos organismes, à l’écoute de leurs projets, cas par cas, pour pouvoir les aider et les diriger vers les bonnes ressources », confie l’élue.