Saint-Bruno : la ligne 192 du RTL va disparaître
Le Réseau de transport de Longueuil annonce le retrait de la ligne 192. Le changement sera effectif dès le 6 avril, un lundi de Pâques.
« La 192, que je prends au coin des rues Garneau et De Chambly, me permet d’avoir un accès rapide vers le Réseau express métropolitain (REM) », exprime au journal Jean-Michel L’Espérance. Il demeure dans le quartier de la Vieille gare à Saint-Bruno.
Le Réseau de transport de Longueuil (RTL) abolit la ligne 192, un trajet apprécié des Montarvillois. L’annonce a été rendue publique le 11 mars. Pour le maire de Saint-Bruno, Ludovic Grisé Farand, « c’est toujours malheureux », le retrait d’un service. Il rappelle que le transport en commun a été malmené au cours des dernières années. « Québec coupe dans les budgets », commente M. Grisé Farand.
De son côté, Jean-Michel L’Espérance soutient qu’en retirant cette ligne, « nous perdons un trajet rapide et direct vers un moyen de transport que l’on veut nous faire prendre ».
Contacté par le journal, le RTL confirme l’abolition de la ligne 192 et explique sa décision. « L’achalandage sur cette ligne est demeuré très faible et c’est pour cette raison qu’elle sera retirée, dans un souci de saine gestion des ressources. Selon nos analyses, chaque départ transportait en moyenne 3,3 usagers », répond la porte-parole du RTL, Laurence Plourde-Mainville.
La 192
La 192 du RTL a été mise en service à la dernière refonte du réseau, à l’été 2023. Elle compte cinq départs le matin et quatre en après-midi. « Je n’utilise pas la 192. Je vois que ça peut être une ligne utile pour relier à l’heure de pointe la population, surtout du nord de Saint-Bruno avec le REM. C’est dommage de la couper, mais je peux comprendre que la clientèle semble restreinte alors que le réflexe du REM n’est pas encore bien enclenché », soutient quant à lui un autre usager montarvillois du transport en commun.
La ligne 192 sera remplacée par le service « RTL à la demande » dans une nouvelle zone bonifiée qui couvrira presque tout le territoire de Saint-Bruno, y compris les 30 arrêts par direction de la 192. « Peut-être que le service RTL à la demande peut être une bonne option, je ne l’ai jamais utilisé. Le fait qu’il ne passe qu’à l’heure de pointe est un désavantage », ajoute le citoyen, qui ne veut pas être nommé.
RTL à la demande
Le service RTL à la demande propose « une solution de transport flexible et pratique » dans Saint-Bruno, indique le RTL sur son site Internet. « Le service RTL à la demande, je l’utilise parfois. C’est très bien aussi. Mais c’est offert seulement aux heures de pointe [du lundi au vendredi, de 5 h 30 à 9 h 30 et de 14 h à 19 h]. Ce n’est pas un service en continu », confie Jean-Michel L’Espérance.
Pour les usagers qui veulent sortir de Saint-Bruno, le RTL à la demande nécessite une correspondance vers d’autres lignes du RTL ou les lignes d’EXO sur la route 116.
Louise Dion
La conseillère municipale du district 1 – Des explorateurs, Louise Dion, commente le dossier. Elle siège au conseil d’administration du RTL. « Globalement, pour l’ensemble des citoyens, c’est une bonne nouvelle. À mon arrivée au RTL, en 2021, 78 % des citoyens avaient accès à un arrêt d’autobus à moins de 500 mètres. Depuis, grâce au travail de collaboration avec le RTL et les autres villes de l’agglomération, ce pourcentage a atteint 85 %. En avril, avec le RTL à la demande sur tout le territoire de Saint-Bruno, ce sont 100 % des citoyens qui auront accès au transport collectif à moins de 500 mètres. C’est, je crois, toute une avancée! »
Pour Jean-Michel L’Espérance, « on peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres ». Il propose de repenser au complet les parcours d’autobus à Saint-Bruno en rendant l’accès rapide et direct au REM, aux Promenades St-Bruno, au métro Longueuil et de faire rouler le RTL à la demande 7/7, de 6 h à 23 h afin que le service soit viable.
« Dans le contexte difficile actuel du financement des transports collectifs, je pense que Saint-Bruno s’en sort bien et aura un service qui pourra mieux répondre à l’ensemble de ses citoyens », estime Louise Dion.
