Saint-Bruno : la directrice générale chez Alstom, Marie Couillard, en entrevue

Alstom est à la recherche de candidats afin de combler 150 postes à son siège social de Saint-Bruno-de-Montarville. Entrevue avec sa directrice générale, la Montarvilloise Marie Couillard.  

Les Versants : Comment le siège social d’Alstom a-t-il évolué depuis la transition de 2021 avec Bombardier?

Marie Couillard : « J’ai fait partie de la population d’acquisition. Nous étions deux compétiteurs jusqu’au jour zéro. Après cela, nous sommes devenus une famille. La vocation et la raison d’être des deux entreprises étaient les mêmes. Ce n’était pas une acquisition où nous devions effectuer une refonte. C’est très similaire. Nous sommes allés chercher le meilleur des deux. C’était cohérent pour les équipes et les équipes de gestion. Après, c’était plus dans l’organisation du travail, les façons de faire, l’intention, la culture, la vocation… vraiment inchangées. Au début, nous étudions la situation, on se place. Après un an, nous sommes retombés sur nos pieds pour devenir le leader mondial dans le ferroviaire. Le marché répond bien actuellement. »  

Diriez-vous que le marché nord-américain est un marché florissant pour Alstom? 

« Tout à fait! C’est différent des megatrends. Ce sont des tendances qui se maintiennent. Après ça, il y a des projets d’ordre public, il y a tout le temps des dents de scie. Les charges viennent avec de gros projets. Mais les tendances, c’est vraiment positif à court, moyen et long termes. »

Il y a de gros contrats qu’Alstom a réussi à décrocher? 

« Oui. Il y a le métro de New York, c’est un suburbain. C’est pour le réseau newyorkais. Nous avons énormément d’historique avec le réseau de transport new-yorkais, entre autres plusieurs flottes historiques avec eux. Certaines ont été retirées de service, certaines sont encore en service. Nous avons négocié longtemps avec eux pour ce produit. C’est un produit très spécialisé et spécifique, très prescriptif par le client. Ça cadre encore une fois dans nos forces. Nous sommes capables de faire ce que les clients nous demandent, de bien adapter nos solutions. C’est la force de Saint-Bruno. »

Quels sont les détails de ce contrat avec New-York?

« Un contrat d’environ 2,3 milliards de dollars. Nous développons une flotte de 316 véhicules avec des possibilités d’options supplémentaires. Nous développons du début à la fin un produit spécifiquement pour eux. C’est une nouvelle génération de produits. Ils vont retirer d’anciennes flottes pour remplacer avec les nouveaux véhicules à terme. La première voiture de train entrera en essai dans quatre ans. Donc, le cycle de développement du produit, la fabrication du premier véhicule, du prototypage, c’est un cycle qui est très long. »

Quels sont les autres contrats importants pour Alstom? 

« Nous sommes en préparation pour plusieurs contrats. Ce sont des « à confirmer », ce ne sont pas des acquis. Nous essayons de nous engager sur Québec avec le tramway. Idem pour le nouveau métro de Toronto. Nous sommes en discussions directes avec eux. Donc, Québec, nouveau client. Toronto Transit Commission, c’est une autorité de transport que nous connaissons très bien. Nous avons la flotte de métros existante, la flotte de tramways existante et la flotte de trains de banlieue existante. Donc, énormément d’activités avec eux en continu. Après ça, il y a aussi beaucoup d’appels d’offres! Aux États-Unis aussi, beaucoup sur la gamme tramway, mais pas que. Il y a beaucoup d’action! »   

Vos relations commerciales avec les États-Unis sont-elles compliquées?

« Je ne pense pas que ça nuise à nos discussions avec nos clients. Nos clients, ce sont des autorités de transport et des projets de longue haleine. Ce sont des projets qui vont au-delà des mandats d’administration. Il n’y a pas de difficultés immédiates à traiter avec nos clients américains. Cependant, nous avons la dynamique des tarifs. Notre stratégie où l’on approvisionne nos matériaux est sous étude pour nous assurer que nous gérons bien ces nouvelles réalités du commerce. En fait, il n’y a pas de fabricants de produits ferroviaires américains. Les autres joueurs, d’autres compétiteurs, sont en Asie ou en Europe. Nous avons beaucoup de sites aux États-Unis. Nous mettons l’accent sur notre présence locale et sur l’achat local. Ce n’est pas un obstacle. »

Qui est Marie Couillard, la Montarvilloise? 

« Je viens de la Mauricie, donc petit village. J’ai eu la chance de voyager beaucoup. J’ai habité à l’étranger quand j’étais adolescente. Ça m’a ouvert les yeux sur le monde. Nous sommes chanceux au Québec. J’ai commencé ma carrière en aéronautique à Longueuil. J’ai deux garçons. Je suis une personne de famille. Je suis mère et responsable de développer, d’encadrer, de voir à l’épanouissement de deux super petits humains. C’est la plus grande responsabilité que nous pouvons avoir. L’épicentre de mon existence, c’est ces deux personnes-là. Nous vivons en société, en groupe. Je souhaite avoir un impact positif de mon passage et laisser à mes enfants quelque chose d’utile avec un sens qui cadre avec mes valeurs. »